De la gloire de Bordeaux à la honte de Bordeaux

Une équipe bordelaise vient de publier « Un guide du Bordeaux colonial ». Pas du tout pour rendre justice au grand port tourné vers le monde. Au contraire.

Il s’agit de dénoncer 200 grandes figures bordelaises qui ont participé à l’aventure coloniale et/ou à la traite négrière. À une autre époque, qui n’est pas si lointaine, l’épopée coloniale était un motif de fierté pour les Bordelais. En témoigne la fresque de Jean Dupas, peintre bordelais des années 30, commandée par Adrien Marquet, maire socialiste de Bordeaux pour la grande salle de la Bourse du travail (classée monument historique). Cette fresque, dans le style des années trente, illustre à la fois le travail et l’industrie des Bordelais et les activités coloniales : cultures de la vigne, mais aussi de la banane, du café, du cacao…

Bordeaux et l’épopée coloniale

L’entreprise coloniale, à laquelle Bordeaux a participé, a été une œuvre extraordinaire, de talents, de courage et de sacrifice, pour les marins et les soldats (leur vie était très dure et souvent bien courte), pour les entrepreneurs, les aventuriers, les explorateurs et scientifiques. Pour ceux, aussi, qui ont organisé les expéditions, les négociants et armateurs. Ils ont organisé de grandes opérations financières autour des équipages qui partaient à l’aventure. Les familles bourgeoises s’associaient et engageaient leur biens, leur propre argent. En témoigne le beau bâtiment de la Bourse maritime.

 Il reste de ces siècles une œuvre énorme d’exploration, d’étude, de construction, de développement économique et scientifique. Pour s’en convaincre, il faut imaginer comment ces hommes ont trouvé les continents et les pays qu’ils ont colonisés. Ces pionniers ont civilisé des territoires immenses, et des populations qui, souvent, était encore au néolithique, ou au tout début de l’âge des métaux. Une œuvre collective qui, d’ailleurs, n’aurait pas été possible sans l’adhésion et la participation des « colonisés » eux-mêmes. Je pense à des hommes illustres comme Felix Eboué qui fut élève au lycée Montaigne à Bordeaux, et qui repose au Panthéon.

Salir pour démoraliser

Le journal gauchiste « Rue89 Bordeaux », ne voit pas du tout l’épopée bordelaise comme un motif de fierté, au contraire. Pour ces extrémistes, l’œuvre coloniale est un motif de honte. La partie la plus honteuse étant, bien sûr, la traite négrière. À Bordeaux, de nombreux négociants ont armé des bateaux pour le commerce « triangulaire ». Les navires négriers partaient vers l’Afrique, chargés de marchandises : vaisselle, meubles, vêtements, bijoux, outillage, armes, alcools et vins, qui étaient vendus aux marchands d’esclaves africains, ils repartaient chargés d’esclaves, traversaient l’Atlantique vers les Antilles et l’Amérique pour revendre ces esclaves. Ils revenaient ensuite à Bordeaux avec coton, café, cacao, indigo, vanille, sucre, rhum… Un business lucratif qui a duré jusqu’à l’abolition de l’esclavage. Effectivement quelques familles bordelaises ont bâti leur fortune, en partie, sur cette activité. Et Bordeaux porte dans ses pierres, dans son histoire, dans le nom de ses rues, le souvenir de cette époque où Bordeaux a profité de l’esclavage des Africains. Ce qui est aujourd’hui considéré comme un crime était subventionné par l’État qui cherchait à peupler les colonies, et qui n’hésitait pas à y déporter également des Européens, mais avec un statut d’homme libre. Les Bordelais qui ont pris part au commerce des esclaves, à l’époque, étaient très peu nombreux. Les Bordelais d’aujourd’hui n’ont aucune espèce de responsabilité de ce passé, il n’y a pas de culpabilité héréditaire. Pourtant la mémoire de l’esclavage des Africains est un prétexte de propagande, relayé par des agitateurs gauchistes et soutenu par les politiques et la majorité du conseil municipal, maire en tête. Dans l’esprit de la loi Taubira, il s’agit d’une entreprise de culpabilisation. Il s’agit de salir pour démoraliser. De déconstruire.

 

Porter haut le drapeau

Si, au Puy du Fou, l’homme politique Philippe de Villiers met en lumière l’histoire héroïque des ancêtres des Vendéens, la magnifie, l’utilise comme un drapeau pour rassembler les forces du département, pour mobiliser les énergies, le maire de Bordeaux fait l’inverse. Il ne cherche pas à glorifier l’histoire exceptionnelle de la ville d’Ausone, de Montaigne (opposant à l’esclavage), de La Boétie (opposant à l’esclavage), de Montesquieu (opposant à l’esclavage), non il veut « renforcer la visibilité de la traite négrière »… Pourquoi tant de haine ? Les Bordelais méritent-ils qu’on utilise leurs impôts pour les culpabiliser ? Cette action va exactement dans le même sens que les campagnes ridicules initiées par Alain Juppé contre les discriminations ou le harcèlement de rue. Des affiches payées par la mairie montraient des Bordelais trentenaires qui importunaient une pauvre jeune fille, place de la Victoire. Le message laissait entendre que les Bordelais seraient machistes, ou racistes… C’est d’autant plus détestable que c’est faux. Les Bordelais ne sont ni racistes, ni antisémites, ni machistes, ils sont bien au contraire très accueillants et ouverts au monde.

Des mesures ont été prises par la mairie pour renforcer la visibilité de la traite négrière à Bordeaux. Parmi ces mesures, l’érection d’une statue en souvenir de l’esclave affranchie : Modeste Tartas, une victime, une femme achetée en Afrique, et libérée par ses maîtresses, bordelaises, bref un anti-héros. Mais pourquoi n’avoir pas choisi un combattant de la liberté et de la dignité humaine ? Pourquoi ne pas rappeler la mémoire des héros, esclaves, qui ont combattu pour leur émancipation, comme la mulâtresse, Solitude, guadeloupéenne, pendue à 30 ans ? Les militants de l’émancipation des esclaves ne manquent pas. Comme Toussaint-Louverture, général de la Révolution, ou comme Julien Raymond, homme politique français puis haïtien, ou Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède, député girondin (guillotiné), ou Lafont de Ladebat, bordelais, fils d’une famille d’armateurs négriers, qui a combattu le commerce triangulaire… 

Encore une fois nous sommes dans la culpabilisation et la victimisation… Et nous voyons à la manœuvre toujours les mêmes organisations et journaux gauchistes avec, en remorque, le maire de Bordeaux, et son équipe…

Il y a une fâcheuse tendance à toujours rabaisser notre pays, ses réalisations, ses élites. On a vu récemment le lynchage du professeur Raoult dont le crime est d’être brillant et accessoirement d’être écouté par Trump et Bolsonaro. Comment ne pas voir dans cette façon d’insister sur la traite négrière et de passer sous silence l’extraordinaire œuvre civilisatrice de la France coloniale, surtout poussée à l’époque par les politiques de gauche comme Jules Ferry, une facette de la propagande antiraciste dont nous sommes assommés. Ce matraquage n’existe que pour faire taire à la fois les élites et le peuple qui pourraient contester l’immigration africaine de masse.

Bordeaux, grand port historique, grande ville, mérite que sa mémoire ne soit pas escamotée.

François Jay

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11 Commentaires

  1. L’affiche sur le harcèlement de rue à Bordeaux, c’est une insulte à l’intelligence des femmes. Ils les prennent pour des débiles complètement demeurées ou quoi ? Quelle femme peut dire aujourd’hui qu’elle est harcelée dans la rue (ou dans les transports publics) par des blancs comme sur la photo (et en plus ah ah ah ! les méchants blancs qu’ils ont pris comme modèles ont l’air particulièrement sympas (plus con que ceux qui ont fait l’affiche, tu meurs) et pas par des …. je ne veux même plus les citer. Faut-il se rouler par terre de rire ou vomir ?

  2. Ils ont choisi des Juppé puis les mêmes encoe.. qu’ils se demerdent !

  3. Reste à savoir combien de personnes adhèrent à ce mouvement de contrition qui consiste à cracher sur son pays, son histoire et ses valeurs.
    On donne beaucoup de visibilité à ces gens haineux et accusateurs, mais quel pourcentage représentent-ils?
    Nous ne sommes pas les seuls à nous indigner sur RL et je me demande comment prendre le contre-pouvoir de ce mouvement.
    Peut-être que Onfray avec son nouveau journal y arrivera?
    Mais tant qu’on accordera plus de temps de parole à Mélenchon et sa clique « d’indigenistes », ce sera compliqué.

  4. Tout ça me fatigue.
    Tant que nous accepterons toute la misère du monde et que les Français voterons pour des salopards qui n’ont d’intérêt que leurs petites personnes, la France, la grande France disparaîtra.
    Peut être faudrait-il rappeler à tous les maghrebo-afro-gauchos la traite des chretiens par les musulmans, l’esclavage en Afrique… Pire, semble-t-il, que que ce dont ils se plaignent.

  5. L’héautontimorouménos (le bourreau de soi-même)
    Bordel ! C’est pas possible que les zozos qui pondent ce genre de réflexions glissent dans les escaliers (avec une poignée d’élan)?
    Urgence n°1: virer le maire et son équipe qui baissent leur culotte avec autant de complaisance.

  6. Une étude complète reste à faire sur la condition de vie des hommes, femmes, enfants européens envoyés dans les colonies par les Anglais pour y servir de main-d’oeuvre entre le XVIème siècle et le XVIII ème siècle. Dans les textes juridiques américains, leur statut était exactement le même que celui des Africains ; ils étaient serviables et corvéables à merci, vendus à des maîtres planteurs ou industriels sur des marchés d’esclaves. Pendant deux ans, ils devaient rembourser leur traversée, mais beaucoup d’entre eux mouraient avant, beaucoup d’autres se sauvaient et en reprenaient alors pour d’autres années. Des milices africaines étaient constituées pour rattraper les fuyards. Bien entendu, les indentured servants, comme on les appelait, ne pouvaient pas se marier pendant ce laps de temps.

    • Et que dire de la condition de misérabilité des Irlandais vis à vis des Anglais… sur leur propre territoire ; et de « l’exportation » forcée » des délinquants, même primaire, pour peuplement en Australie qui a durée jusqu’à la fin de la dernière guerre mondiale. Les européens ont tellement souffert de la misère qu’ils ont émmigré massivement aux Amériques, Italiens, Irlandais, Suèdois, Allemands, Espagnols, des Juifs aussi mais peu de Français par contre. Alors que les Africains arrêtent de nous faire ch… avec leur lamentations de gonzesses, nos ancêtres (pas nous) ont souffert certainement plus qu’eux.

  7. On a bien compris que ces opérations racialistes ne sont pas là pour une raison de vérité historique mais pour convenir à une clientèle électorale . Il nous ont menti sur tous les chiffres de l’immigration pour la relativiser et on se rend compte que ceux qui étaient les plus pessimistes étaient en deçà de la réalité . Et c’est la réalité de cette immigration de masse africaine qui est maintenant utilisée de façon cynique contre nous . Il faut les virer ces pourris du système comme la fait Trump dans son pays malgré le rouleau compresseur médiatique et politique mis en place contre lui !

    https://www.youtube.com/watch?v=hnkk9eO5UPs

  8. On passe sous silence le nom des armateurs des bateaux négriers . Je ne metterais pas la liste ici ne voulant pas jeter d’huile sur le feu . Il serait bon que toutes ces manifestations rancunieres cessent . Le vivrensemble en prend un coup et le mot dictature commence a apparaitre accompagné « d’autodafé »
    https://twitter.com/gillesverdez/status/1270654270954786816

    • Exact, vous avez raison mais dans ce cas il serait équitable de mentionner aussi QUI faisait les razzias dans les tribus voisines pour capturer des futurs esclaves et en faire commerce. Pourquoi d’après vous au moment de l’ndépendance de l’AOF il a été délimité des petits bouts de territoires pour en faire des nations ? Réponse : parce que ce sont des anciens territoires ethniques dont les tribues étaient chasseurs d’homme et d’autres le gibier à revendre.
      On n’abrite pas dans la même bergerie les loups et les moutons.

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