De la rue Myrha à la rue Mihrab

J’ai appris le 15 juin à la radio que notre apéritif « saucisson et pinard » était interdit par la préfecture de police de Paris, avec, bien entendu, la complicité active du maire de Paris (1), plus soucieux de cultiver sa popularité auprès des milieux communautaristes que de valoriser la
République et la laïcité.
La nouvelle m’a bien abattu. Je revenais, dans l’enthousiasme, d’une belle manifestation sur les retraites (je précise que je suis aussi syndicaliste), et je fus douché à froid. J’ai pris connaissance par la suite de toutes ces interventions médiatiques où des plumitifs, des associatifs, des politiques, des idéologues, etc. se déchaînaient contre notre appel à la Résistance du
18 juin 2010. Je salue par ailleurs le courage et la détermination de ma collègue Christine Tasin, professeur de Lettres, qui a réussi à répondre sans s’énerver, comme également Pierre Cassen et Sylvie François, au déluge de propos calomnieux et calamiteux de nos adversaires. Moi qui ai le
sang un peu chaud, un peu méridional, je ne suis pas sûr que j’arriverais à me contrôler aussi bien dans un débat radiodiffusé ou télévisé !
Un blogueur mondialiste n’hésite pas entre temps à nous présenter comme « les 22 salopards » de l’islamophobie (2). Cet ahuri, ce faisant, ne réussit qu’à nous faire une extraordinaire publicité ; on ne pouvait espérer mieux pour valoriser devant les internautes notre esprit de rassemblement sur des valeurs communes. Les collabos qui présentent les résistants au pire comme des ordures terroristes au mieux comme de doux rêveurs poursuivant des chimères, c’est l’hôpital qui se fout de la charité…, mais on nous a déjà fait le coup en 39-45, et nous avons des arguments.
Professeur de philosophie, viscéralement républicain de gauche, et grand laïcard devant l’éternel, je vois dans ce qui nous arrive actuellement la plus grave dérive interne à la démocratie, telle que Platon la décrivait dans la République, pour en stigmatiser les errances, et notamment sa complicité
avec la tyrannie. Je précise que le titre République est une erreur de traduction institutionnalisée (« république » n’existant pas en Grec), mais qu’il s’agit d’une « erreur » juste, comme il y en a parfois, erreur à laquelle l’Histoire donne en définitive raison : la valorisation d’une démocratie
sans valeurs républicaines accouche à l’évidence des horreurs que nous connaissons aujourd’hui. Je précise aussi que Platon n’était pas du tout (ou pas vraiment ?) démocrate, qu’il vivait dans une démocratie ploutocrate et pourrissante, polluée par les richards, les crétins, les faux-témoins, les
incompétents et les démagogues, laquelle avait condamné le vieux Socrate à mort, un peu comme les « démocrates » d’aujourd’hui revendiquent la disparition de ces Socrate collectifs (capables de dialogue non seulement avec l’adversaire mais aussi en interne) que sont les médias non-alignés sur
les souverains poncifs du bien-pensé (médias non-alignés dont Riposte Laïque et quelques blogs sont les modèles).
Bref, aujourd’hui, j’aime encore la démocratie mais avec bien des angoisses… C’est encore et toujours au nom des valeurs démocratiques que nos adversaires cherchent à nous adresser pas moins qu’un message de mort. C’est encore et toujours au nom de la démocratie que nos élites corrompues nous ont balancé dans les pattes le communautarisme, le puérocentrisme, l’exaltation de la jeunesse, la culture de l’excuse, la voyoucratie d’en-haut, la racaille d’en-bas… et, cerise sanglante sur le
gâteau vert, l’islamofascisme triomphant sur nos terres – et pas que dans les « banlieues ».
A cet égard, l’homme de gauche, que je suis, que je reste, constate avec dépit, avec effroi, que c’est toujours à gauche que ces tyrannies nouvelles ont trouvé leurs plus chauds partisans, leurs plus fervents complices. A la limite, la gauche d’aujourd’hui, c’est la politique économique et sociale de
la droite, avec, en plus, le tapis rouge déroulé en permanence devant l’inacceptable. Le Pen déclarait en 2002 : « Chirac, c’est Jospin en pire » (3).
En ce qui me concerne, et alors même que j’ai voté Royal aux dernières présidentielles par une sorte de réflexe pavlovien (que je déplore
presque), j’irais jusqu’à dire « Royal, c’est Sarkozy en pire ». Si le PS et ses alliés gauchistes étaient au pouvoir aujourd’hui, il est hautement probable que Riposte Laïque et Résistance Républicaine feraient les frais de représailles infiniment plus graves. Il est surtout certain que nous aurions droit à une valorisation inouïe de l’islamofascisme sous couvert de tolérance et d’ouverture d’esprit, sans aucune commune mesure en tout cas avec la situation actuelle, qui n’est pourtant déjà pas rassurante.
En tout état de cause, aujourd’hui, en 2010, en France, en République, la rue Myrha est devenue, de fait, la Rue Mihrab. Le mihrab est une niche (4) marquant l’orientation de La Mecque dans les mosquées ; si quelque idéologue soucieux de popularité, en s’emparant de ce jeu de mot bien
innocent, décidait de créer un lobby pour faire débaptiser la rue Myrha (nom d’origine grecque de la fille d’un maire de Montmartre) en « rue Mirhab », nul doute que tout ce que la France défigurée compte comme gauchistes-communautaristes et libéraux-libertaires feraient entendre un concert d’applaudissements à faire s’effondrer la patrie, la patrie en danger qui attend une direction de salut public – et je n’ose écrire la nation…
Jacques Philarcheïn, membre de Résistance Républicaine
(1) http://bertranddelanoe.net/actus/%C2%AB-apero-geant-saucisson-et-pinard-%C2%BB/
(2) http://www.mondialisme.org/spip.php?article1507
(3) http://www.liberation.fr/evenement/0101403849-tous-les-personnages-sont-en-place-la-piecepeut-
commencer

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Myrha

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