De l'arrogance à l'humilité d'un amateur démissionnaire


Après l’affaire de la sextape du footballeur Mathieu Valbuena en 2015, voilà une nouvelle affaire de vidéo à caractère sexuel. Cette fois-ci le scénario se déroule dans une zone ombrageuse de la vie politique. Cela concerne un député, ex-membre du gouvernement et postulant au siège de maire de Paris. Reconnaissons que c’est d’une tout autre ampleur.
Avouons que la deuxième affaire, celle qui touche l’homme d’État,  interpelle de manière plus probante et plus largement que la première car elle dépasse l’enceinte du stade de sport et déborde sur l’arène où se déroule la vie de tous les Parisiens et concerne même tous les Français.
Si pour le joueur de l’équipe de France, il fut question d’une entreprise de chantage avec demande de rançon à la clé, donc une escroquerie manifeste, pour Benjamin Griveaux, il n’y a pas eu de menace mais un passage à l’acte direct, c’est-à-dire diffusion à l’antenne par la voie des réseaux sociaux d’un petit film supposément compromettant. Se pose donc, naturellement, la question : « à qui profite le crime ? Pourrait-il tout simplement s’agir d’une vengeance personnelle ? »

Pour l’heure, nous n’en sommes encore qu’à la découverte de cette information choquante. Il faut donc savoir raison garder et ne point s’enflammer avant de connaître les tenants et les aboutissants, si seulement nous les connaissons vraiment un jour.
Alors, bien sûr, il y a la loi qui interdit ces pratiques, lesquelles sont l’activité de malfaiteurs plus ou moins patentés. Alors bien entendu, la protection du domaine privé de chacun exige que ces actes soient punis sévèrement. Alors oui, le respect de la démocratie impose de rejeter sans la moindre indulgence ces intrusions dans le domaine strictement réservé de la vie privée de chacun.
Mais cela étant dit, peut-on empêcher les jugements sur le contenu de l’histoire qui révèle, qu’on le veuille ou non, des aspects troublants sur la personnalité du protagoniste essentiel de l’histoire qui se projetait dans la peau du premier édile de la capitale et, disait-il, comme le premier défenseur de la FAMILLE et de son pré carré.
Dès lors, n’a t-on pas le droit de s’interroger ? Ces scabreuses révélations et leur mode de diffusion sont-elles plus choquantes que celles qui ont pourri la vie de quelques hommes publics en fonction ou aspirant à le devenir ? On pense naturellement à Strauss-Khan, à Sarkozy, à Fillon ou beaucoup d’autres que le mauvais usage des médias, par certains, a conduits aux avanies que l’on sait. Les réseaux sociaux ont été informés ici et là par la malveillance d’adversaires politiques… mais pas que. On peut croire sans peine à l’existence de taupes dans les hautes sphères du pouvoir ou même dans les arcanes de la justice et ce n’est pas plus joli-joli.
Pourtant, dans les nombreux cas précédents, la vox populi a condamné sans état d’âme les supposés fauteurs, doublement condamné même, moralement d’abord puis électoralement ensuite.
Donc, pourquoi aujourd’hui devrait-on être plus incommodés par ces informations que par celles du passé ?
Ce que subit Benjamin Griveaux aujourd’hui n’efface pas, loin s’en faut, tout ce qui a pu lui être reproché avant. Et si les blessures personnelles qu’il ressent sont réelles, elles n’excusent nullement celles qu’il a infligées à d’autres par ses petites phrases assassines envoyées aux plus modestes, ceux « qui fument des clopes et roulent au diesel par exemple ».
Par ailleurs, Benjamin Griveaux quitte la scène électorale sur un coup de théâtre impromptu ; c’est sans doute regrettable, surtout pour la démocratie qui mérite meilleur image et meilleur acteur. Mais gageons toutefois qu’intérieurement, il doit bien quelque part se sentir soulagé car il ne peut pas n’avoir pas senti le boulet de la débâcle  dans une consultation qui s’annonçait comme la chronique d’une défaite proclamée par avance.
Jean-Jacques FIFRE

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7 Commentaires

  1. Ce n’est pas plus mal de quitter sa vie politique qui est passablement ternie car s’il avait conforté sa position il risquait fort d’avoir affaire à un chantage à la révélation, et là… cela risquait d’être pire encore : obligé de vendre son âme. A l’origine ce qu’il a fait est c…, lourd de conséquences immédiates mais au moins il n’a plus prise par des maitres chanteurs, à moins qu’il n’y ait encore d’autres vidéos… dans ce cas il est foutu. Jouer les professeurs de morale et de respectabilité comme homme public à des obligations : être droit et respectable avant tout, même si l’on a des petits travers en parrallèle, les électeurs sont des gaulois avant tout et les « gauloiseries » les amusent plutôt qu’elles les choquent mais à condition que l’on ne se f… pas d’eux, primordial !!

  2. C’est marrant, sur la photo au premier abord j’ai crut voir Michel Lebb

  3. A qui profite le crime ?
    question sans réponse , vraiment ?
    A qui profite le crime ?
    Mais au peuple bien sûr !!!
    un sio-salaud de plus de viré du gouvernement « moral » de marcon, j’en redemande…

  4. On ne va pas revoir tout de suite cette enflure, et qui pourrait s’en plaindre (à part macron ?)

  5. « Quand les Chambranles de la Mairie ne tiennent plus, faut-il les Chantourner » ?
    Mouni est là pour ça !
    (Pour sexologues avertis..)

  6. les gilets jaunes populistes lepreux , il s en branlait le petit griveaux . et bien nous , aujourdhui , on s en branle de sa chute a ce petit branleur macronien ! pleonasme !

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