De vraies journées internationales laïques cibleraient prioritairement l'offensive islamiste

Nous avons reçu une information : les deuxièmes journées internationales laïques se dérouleront à Saint-Denis, les 4 et 5 avril prochains (1). Nous sommes d’autant plus intéressés par cet événement que quelques membres de notre rédaction faisaient partie des organisateurs des premières journées internationales laïques, qui se tenaient à Montreuil, les 10 et 11 février 2007. Ainsi, Simon Blumental, président d’Algérie Ensemble, était-il à l’initiative de ces journées, en compagnie, entre autres, d’Halim Akli, militant laïque algérien, tandis que Pierre Cassen avait animé plusieurs débats. Pour les premiers initiateurs, dont beaucoup avaient subi, dans leur chair, la violence du FIS en Algérie, il s’agissait d’organiser ces journées essentiellement autour du danger islamiste. Mais la direction de l’Ufal, sous l’influence du président de l’époque (notre photo), édulcorera le texte original de l’appel, minorant l’importance de l’offensive islamiste.
Plus de deux années après, le bilan est maigre, par rapport aux objectifs annoncés le 11 février 2007. Il n’y a toujours aucun bureau international laïque, l’Ufal dirige seule. Plus ennuyeux, les organisateurs paraissent avoir une conception étrange de l’unité, et une rancœur pathologique vis-à-vis de notre journal.
Ainsi, nous avons reçu un texte d’Halim Akli, qui fait part de sa surprise d’avoir été évincé de l’organisation.
Je suis étonné que je ne sois informé qu’aujourd’hui d’autant plus qu’ayant eu vent de la tenue des ces 2èmes rencontres, j’avais déjà effectué mon inscription en soulevant l’étonnante question relative au fait de ne pas avoir associé à ce deuxième rendez-vous certains des initiateurs du 1er rendez-vous de Montreuil 2007 dont moi-même. Entre temps, j’avais, quand même entrepris la diffusion de cette info (2èmes RLI) en la publiant dans un journal algérien ainsi que sur un site très fréquenté dont voici le lien:
http://www.kabyles.net/spip.php?article4161
Suite à cette première inscription donc et à mon commentaire que j’y avais inclu, j’ai eu la surprise de recevoir la réponse de Monique Vézinet de l’UFAL en date du 25 février m’apprenant que j’ai été « mis à l’écart » en sanction d’un entretien que j’avais accordé à « Riposte Laïque » qui, semble-t-il, est en désaccord avec l’UFAL, ce qui, à la limite je le déplore mais qui ne regarde en aucun cas le laïque nord-africain que je suis au même titre que tous les autres laïques non français qui, j’en suis convaincu, s’il ne se sentent pas concernés pas les différents internes aux laïques français, souhaitent plus que tout leur rassemblement autour de l’essentiel laïque.
Voici la réponse de Monique Vézinet :

Bonsoir Ali Haklim,
Je fais suite à votre récent message.
Je n’avais pas personnellement noté votre participation en tant que partenaire de la manifestation de Montreuil mais j’ai bien noté votre entrevue à « Riposte laïque » depuis lors. Il se trouve que les positions de l’UFAL et celles de ce média ont divergé sensiblement depuis 2007.
C’est aussi pourquoi l’UFAL a diversifié son réseau de partenaires et n’a pas fait appel à AlgeriEnsemble.
Je vous dis ceci sans esprit d’exclusion. Si vous souhaitez débattre avec nous sur place ou à distance, cela reste possible.
Cordialement
Monique VÉZINET
Présidente
Union des familles laïques
NB: Contrairement aux insinuations de Monique VÉZINET; je n’ai jamais eu l’honneur de faire partie non plus de « AlgérieEnsemble ».
La laïcité a besoin de toutes ses énergies pour faire face à l’intégrisme dont la force nodale reste son infaillible solidarité .
Halim AKLI
Membre du collectif Laïcity
(1ère Rencontre Laïque Internationale -Montreuil 2007)

Donc, si on comprend bien ce que répond la nouvelle présidente de l’Ufal (qui aurait pu respecter son interlocuteur en n’écorchant pas son nom), Halim est évincé de l’organisation parce qu’il a eu le malheur de répondre à une interview de Riposte Laïque. Simon Blumental, membre de la rédaction, subit le même sort. On ne sait s’il faut rire ou pleurer d’un tel sectarisme, et le propos de l’article n’est pas de rajouter de la division à la division.
En effet, tout justifie une telle initiative. Jamais la laïcité n’a été autant attaquée en France. Jamais un Président de la République n’a donné autant de gages aux Eglises. L’offensive des islamistes s’accroît, il suffit de lire chaque semaine Riposte Laïque. Ils veulent transformer le sommet de Durban en procès contre le seul pays jugé raciste, Israël, et entendent réintroduire le délit de blasphème, partout où le rapport de forces le leur permet.
Alors que nos ennemis sont unis et offensifs, certains laïques en sont encore à de mesquines divisions et à de médiocres rancoeurs. Une association rassembleuse chercherait à dépasser les divisions, et à unir toute la famille laïque et féministe. Elle n’utiliserait pas la question sociale pour diviser le mouvement républicain et laïque ; au contraire, elle ferait tout pour que, le temps d’un week-end, chacun travaille ensemble.
A une époque où, dans le monde entier, en Europe, en France, les islamistes veulent imposer la charia, l’heure serait, comme le dit sagement Halim Akli, à l’unité pour impulser une vraie résistance laïque, face aux menaces des fous d’Allah.
Plutôt que de calomnier certains militants laïques, elle ferait tout pour que les divergences s’expriment dans la clarté, mais surtout dans le respect, sachant que ce qui rassemble est bien plus important que ce qui divise.
Elle proposerait une grande table, où tous les ouvrages, sans exception (y compris donc « Les dessous du voile ») seraient à la disposition des participants. Elle donnerait du souffle à une telle initiative.
Mais pour cela, il faut avoir l’audace de dire que le problème numéro un, aujourd’hui, en France et en Europe, est l’offensive islamiste contre la laïcité. Or, ce n’est pas la ligne des organisateurs, qui préfèrent, au nom du tout se vaut, noyer un ensemble d’attaques contre la laïcité, dont celles du Vatican et celle du turbocapitalisme, pour mieux minorer la gravité de l’attaque de ceux qui veulent imposer la charia. On est donc bien loin des objectifs des précurseurs des premières journées internationales laïques, dont Simon Blumental et Halim Akli.
Mais il est vrai qu’on ne sera plus à Montreuil, chez le laïque Jean-Pierre Brard, mais à Saint-Denis où, sous l’impulsion de l’ancien maire, Patrick Braouezec, les pires pratiques communautaristes, souvent au service de l’islam et du clientèlisme municipal, ont vu le jour.
Ceci explique peut-être cela.
Martine Chapouton
http://www.laicity.info/

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