Débat Hollande-Sarkozy : mon choix est fait je voterai François Hollande

Publié le 4 mai 2012 - par - 1 969 vues
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Jeudi 3 mai, enfin le débat tant attendu vint. Comme 17,7 millions de Français je l’ai regardé jusqu’au bout mais dès le milieu de la soirée mon opinion était faite : Hollande vainqueur.

Je ne parlerai que très peu du fond du débat mais je m’attacherai plutôt à la forme.

Sur les différents thèmes abordés comme l’Europe ou l’économie car nous avons pu voir qu’en fait les deux opposants ont pratiquement les mêmes solutions à des nuances près. Chaque électeur fera son choix en connaissance de cause.

Le seul élément surprenant est de voir l’évolution du candidat PS par rapport à l’immigration ; c’est la première fois que je vois le PS sortir de sa position angélique vis-à-vis de ce problème, le pourcentage obtenu par le Marine Le Pen y serait pour quelque chose ?

Sur la laïcité, François Hollande a affirmé « que les Français n’aient aucune inquiétude, sous ma présidence , il n’y aura aucune dérogation à quelque règle que ce soit en matière de laïcité .La loi sur la burqa , si je deviens président de la République, sera strictement appliquée.Aucun horaire de piscine ne sera toléré s’il fait la distinction entre les hommes et les femmes. rien ne sera toléré en terme de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles.

Il gardera fort heureusement la loi sur la burqa même si, à mon grand dam, les socialistes ne l’avaient pas voté.

Quant au droit de vote des étrangers, je me suis aperçue que François Hollande avait bougé ; il proposera une loi qui par sa nature (modification de la Constitution) devra passer devant le Congrès et obtenir les trois cinquième des voix et des députés ce qui sera difficile. En cas d’échec de cette procédure, François Hollande recourra à un référendum dont le résultat déterminera ce droit de vote des étrangers ou non. François Hollande s’est donc ménagé une porte de sortie honorable.

Tout le reste était sans importance, nous avons retrouvé tous les thèmes évoqués durant cette campagne ….

Maintenant parlons plutôt de la forme .Tout était arrangé au millimètre près : température de la salle, distance entre les deux débateurs, pas de profil pour Sarkozy, pas de plan de haut pour Hollande. Le profil pour Sarkozy à cause probablement de son appendice nasal, les plans de haut pour Hollande sûrement à cause d’une calvitie naissante … Même l’homus politicus fait preuve de coquetterie ….

La seule chose que je regrette c’est qu’au cours de ce débat, on ne pouvait pas voir la réaction  de l’un quand l’autre portait une attaque ou une pique gênante, cela est bien dommage.

Grâce ou à cause du tirage au sort, à chaque thème abordé, le candidat socialiste exposait en premier ses idées et ses propositions.

La tactique de Sarkozy était de prendre le contrepied des déclarations de Hollande, il perdait ainsi son temps de parole et nous n’avons jamais entendu ses propres propositions. Il faut dire que ces dernières sont quasi inexistantes et j’ai beau chercher, je ne trouve pas l’ombre d’un projet construit. En fin de compte, cette tactique machiavélique était bel et bien choisie, pendant que je parle de l’autre, je ne parle pas de moi.

Au cours de cette soirée, les téléspectateurs ont découvert François Hollande sous un jour beaucoup favorable que celui que l’on nous avait décrit pendant des mois. Ce candidat s’est présenté avec une stature présidentielle beaucoup plus palpable que son adversaire, il était bien loin de l’image de flanby que certains lui accordaient. Sur ITélé, après le débat un éditorialiste, Joseph Macé-Scaron  a dit avec humour : « C’est bien la première fois que je vois quelqu’un se casse les dents sur un flanby »…

François Hollande est apparu comme étant un homme nourri de convictions, bien décidé à se battre et en aucun cas prêt à ne céder aucun pouce de terrain. Nous avons eu droit à quelques phrases acides :

« Quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, vous êtes content » ce à quoi répond Nicolas Sarkozy :

– C’est un mensonge.

– Ah ? Alors je vous présente mes excuses : vous êtes très mécontent de vous. ».  Oups dommage de pas voir la tête de Sarkozy…

Puis vint une tirade grandiloquente sur sa conception du rôle présidentiel

« Moi, président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Élysée.

Moi, président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.

Moi, président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fond pour mon propre parti dans un hôtel parisien.

Moi, président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante […]

Moi, président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les présidents des chaînes publiques […]

Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire.

Moi, président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir de statut pénal du chef de l’Etat, je le ferai réformer. […]

Moi, président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire. […]

Moi, président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres […]

Moi, président de la République, les ministres ne pourraient pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local. […]

Moi, président de la République, je ferai un acte de décentralisation. […]

Moi, président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés. […]

Moi, président de la République, j’engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l’énergie. […]

Moi, président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives. […]

Moi, président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue »

Cette anaphore  a repris point par point tous les errements du président sortant. Devant la description aussi éloquente de ses défauts la seule réponse de Sarkozy fut « Vous venez de nous faire un beau discours, on en avait la larme à l’œil », piètre réplique.

A une attaque de Sarkozy sur la moralité de Dominique Strauss-Kahn, Hollande lui a rappelé que c’était lui qui l’avait fait nommer au FMI …

Face à un François Hollande, nous avons eu droit à un avocat qui se montrait bien agressif, qui essayait de coincer absolument son adversaire, de le pousser dans ses retranchements, mais il n’y est pas arrivé. Où est passé l’explosion qu’il nous avait promise ? Une promesse de plus non tenue…

Durant ces trois heures de débat le matamore locataire actuel de l’Élysée a montré son véritable caractère, beaucoup de paroles et rien derrière. Il n’a pas pu échapper à son bilan calamiteux malgré ses tentatives de diversion .On se demande aujourd’hui où était l’anguille hier?

Lui qui se voulait responsable de tout, nous a fait presque pleurer en se dédouanant de presque tout ; rien n’était de sa faute. Le chômage  c’est la faute de la crise, le manque de formation des chômeurs c’est la faute des Régions  etc…

Ce vendredi matin, sur les antennes nous avons appris que la plupart des chiffres dits par Nicolas Sarkozy étaient erronés, étonnant pour quelqu’un qui se targuait de vouloir faire la leçon  à François Hollande…

Les mots favoris de Sarkozy, durant le débat, furent menteur et mensonge « C’est terrible d’avoir toujours dans votre esprit le mot “mensonge” a fini par glisser Hollande. Il même osé traiter François Hollande de « petit calomniateur ». Quand on perd pied face à un adversaire l’ultime recours est l’insulte.

Le comportement de Nicolas Sarkozy dans ce débat fut identique à celui dans sa campagne électorale, toujours des invectives, toujours des clivages, toujours opposer les Français entre eux : travailleurs, chômeurs, syndicalistes, étrangers… Pour quelqu’un qui appelait au rassemblement du peuple français, je trouve qu’il s’y est bien mal pris.

Je ne suis pas la seule à avoir jugé Nicolas Sarkozy très mauvais hier au soir, même Marine Le Pen a estimé qu’« en termes de posture, François Hollande a rempli son rôle »et a rajouté «François Hollande a donné de lui une image différente de celle qu’attendaient les observateurs.»

A contrario, Marine Le Pen n’a pas été tendre avec le candidat de la droite. Interrogée sur la prestation de Nicolas Sarkozy, elle a estimé qu’il n’avait «pas été clair sur sa stratégie» et qu’il était «battu depuis longtemps».

A la fin de ses meetings de campagne, il hurlait « Aidez-moi, aidez-moi », dimanche prochain je vais l’aider avec plusieurs millions de Français à quitter le rôle qu’il occupe et permettre à François Hollande de prendre possession de l’Élysée.

En tant que rédactrice à Riposte Laïque, je tiens à préciser mon engagement. Je n’ai rien contre les étrangers vivant en France qui respectent les valeurs de la République et nous us et coutumes. Ce que je combats c’est l’islamisme radical et l’instrumentalisation du vote communautariste par la gauche et la droite à des fins électoralistes. Ce que je combats c’est l’islamisme radical et non les musulmans .Ce que je combats ce sont toutes les églises que je considère par définition comme étant obscurantistes. Ce que je défends c’est la laïcité, que la gauche et la droite ont dévoyé. Ce que je défends c’est l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce que je défends c’est une République une et indivisible.

Aujourd’hui la seule façon de retrouver un climat apaisé en France est de sortir de cinq ans de crispation, de tension, de stigmatisation, de division, de recherche de boucs émissaires, tout cela orchestré par un pitoyable patin manipulé par un mauvais génie Patrick Buisson, ancien journaliste de Minute.

Pour toutes ses raisons, sans état d’âme ni illusion je voterai François Hollande.

Marie-José LETAILLEUR

Voir son blog :

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com

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