Débat sur l’identité nationale sur France 2 : Monsieur Besson méprise les Français

Publié le 18 janvier 2010 - par
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Monsieur Besson fait décidément beaucoup parler de lui depuis quelques semaines, hélas en des termes qui auraient parfois de quoi faire pâlir de honte tout gouvernement de la République française :

Acte 1 – Décembre 2009, Monsieur Besson expulse une dizaine d’Afghans, le tout au plus grand mépris du droit d’asile pourtant reconnu par le Préambule de la Constitution française de 1946 dans son alinéa 4 ainsi que par la Constitution de 1958 (article 53.1). L’acharnement que Monsieur Besson a témoigné dans ce dossier en préférant renvoyer quelques Afghans vers une mort certaine dans un pays, l’Afghanistan, où règne le chaos, conduit d’ailleurs à se demander s’il ne fait pas du dossier afghan une affaire personnelle.

Acte 2 – Début janvier 2009, Monsieur Besson déclare à l’occasion d’un déplacement à la Cité des 4000 à la Courneuve : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui vivent ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. ». Le tout en violation complète des articles 1, 2 et 3 de la Constitution française du 04 octobre 1958 comme l’a récemment remarquablement démontré notre collaboratrice Christine Tasin (n°117 de Riposte Laïque, « Eric Besson insulte la France et son histoire. Faut le virer ! »)

Acte 3 – Il y a quelques jours, Monsieur Besson affirme : « Nous devons aller à terme vers le vote des étrangers aux élections municipales. ». Il fut de ce point de vue aisément secondé par Madame Aubry qui, à son tour, a eu l’outrecuidance d’affirmer voici quelques jours « Sortons des discours sur l’intégration des étrangers, maintenant çà suffit, il faut agir », le Parti Socialiste allant jusqu’à déposer une proposition de loi en ce sens ! Hélas, Monsieur Besson comme le Parti Socialiste oublient simplement que le droit de vote est intrinsèquement lié à l’acquisition de la citoyenneté française et non au simple fait de payer des impôts.

Acte 4 – Le « débat » entre Eric Besson, Vincent Peillon et Marine Le Pen, devenu en fin de compte un pseudo-débat entre Eric Besson et Marine Le Pen, organisé par France 2 sur l’identité nationale, le jeudi 14 janvier 2009.
Nous aurions pu logiquement penser qu’après avoir tenu à la Courneuve des propos contraires tant aux dispositions qu’à l’esprit de la Constitution française, Monsieur Besson allait se ressaisir. Au lieu de cela, Monsieur Besson a persisté et signé, méprisant les Français à un point, il faut tout de même le dire, rarement égalé. Ainsi, entre autres sottises, les nombreux téléspectateurs présents hier soir devant leur poste de télévision, ont pu entendre Monsieur Besson affirmer :

a) La France n’est pas « un peuple originel » :

J’invite Monsieur Besson à relire très attentivement les travaux menés en la matière par Fernand Braudel et Hervé Le Bras. Ses auteurs mettent en évidence, chacun de manière différente certes, que c’est probablement au cours de la révolution néolithique, entre 4000 et 2500 ans avant Jésus-Christ, que s’est formée « l’identité biologique » de la future population française. Le peuple français est donc un très vieux peuple en réalité. Et quand je dis « vieux », que personne n’y voit là quelque connotation péjorative, bien au contraire !

Alors, évidemment, des apports démographiques ont ensuite été constitués par l’arrivée des Celtes, des Romains, les Francs, les Huns, les Maures, les Normands et tant d’autres peuples au cours des siècles de la longue Histoire de France.

Pour clore ce débat, que Monsieur Besson dise dans ce cas que la France s’est nourrie de l’arrivée et l’installation de nombreux peuples, tout comme d’ailleurs tous les pays d’Europe, mais qu’il ne dise pas pour autant que la France n’est pas un « peuple originel » ! C’est en effet historiquement faux : plusieurs auteurs ont démontré que le territoire français a été peuplé bien avant l’arrivée des Celtes, des Romains et des Francs.

b) « Les Français confondent Islam, islamisme, terrorisme. ».

Comprenez bien le message adressé hier soir aux Français : « Les Français voient en chaque musulman un terroriste. »

De tels propos sont parfaitement scandaleux venant d’un ministre d’Etat pour la simple raison qu’ils conduisent à considérer qu’un très grand nombre de Français seraient en vérité incapables d’intelligence en amalgamant systématiquement chaque musulman à un terroriste potentiel ou en devenir.

Qu’il y ait une augmentation constante des revendications communautaristes dans notre pays, aucun républicain digne de ce nom et lucide sur les réalités de ce pays ne l’ignore. A l’exception d’une grande majorité d’hommes et de femmes politiques de droite comme de gauche qui, eux, à l’inverse, continuent à taire l’évidence.

Pour autant, les Français sont un peuple suffisamment éclairé pour savoir aussi qu’en France, nombre de citoyens ou d’immigrés de confession musulmane ne défendent pas tous, loin s’en faut, l’idée d’un Islam conquérant dont l’unique objectif est ni plus ni moins que d’abattre les fondements de notre République laïque, une et indivisible.

c) « Les musulmans de France sont les plus intégrés d’Europe » :

Comprenez : « Les musulmans de France sont les plus intégrés d’Europe et donc les inquiétudes exprimées par nombre de Français à l’occasion du débat sur l’identité nationale sont en réalité complètement anecdotiques. »

Hélas, pendant ce temps là, Monsieur Besson s’est soigneusement abstenu de rappeler et/ou de porter à la connaissance des téléspectateurs français :

– l’existence du rapport de l’Inspecteur de l’Education nationale Jean-Pierre Obin, présenté en juin 2004 qui mettait en évidence la très préoccupante montée des revendications communautaristes dans les établissements scolaires publics de la République française. [Rapport Obin : « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires »]

– de la synthèse intitulée « Finance islamique – Quelles opportunités pour les entreprises françaises ? » en date du 03.11.09 du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. A titre d’exemple, on peut y lire l’allocution d’ouverture du sénateur Jean Arthuis, Président de la Commission des Finances de Contrôle budgétaire et des Comptes économiques de la Nation, qui y déclarait pas moins que : « Si la finance islamique apparue dans les années 1960 ne représente qu’une partie du potentiel financier de la planète, tout laisse à penser que le développement de ce potentiel est prometteur. D’après les dernières estimations que j’ai pu recueillir, le marché est évalué à 500 milliards de dollars d’actifs de banque et compagnies d’assurance et 700 milliards de dollars en prenant en compte les actifs hors bilan et les fonds conformes à la Charia. Comment définir la finance islamique ? Je dirais qu’elle peut-être considérée comme un compartiment de la finance dite « éthique », c’est-à-dire d’une finance qui entend se mettre à la disposition de l’économie réelle et la servir ….. En juillet 2008, la BFCOI, filiale de la SOCIETE GENERALE, a été la première banque française à lancer un placement financier compatible avec la Charia. »

– Les occupations illégales de l’espace public constatés par notre collaborateur Maxime Lépante, photographies et vidéos à l’appui. Notamment celles de la rue Myrha et de la rue Polonceau du quartier Barbès à Paris où les hauts parleurs des mosquées Myrha et Polonceau diffusent illégalement les prêches des imams. Personne n’a rêvé !

– La construction de mosquées avec des minarets de plus en plus imposants.

– Les nombreux accommodements déraisonnables auxquels cèdent certaines municipalités, acceptant ici d’aménager les menus des cantines scolaires en fonction d’interdits alimentaires d’ordre religieux, acceptant là d’aménager des horaires « réservées aux femmes musulmanes » à la piscine municipale ….

Mais de tout cela, le ministre Besson n’en parle pas ! Certes, il reconnaît que les thèmes de « la Nation, la Sécurité, l’Immigration » ont longtemps été des « sujets tabou » en France mais sans pour autant vouloir dénoncer la réalité et donc la gravité des revendications communautaristes constatées dans notre pays.

Quant au débat annoncé par France 2, il n’a en réalité pas eu lieu. En effet, Madame Chabot avait pris le plus grand soin d’accorder un temps de parole démesuré à Monsieur Besson qui dans un premier temps a parlé de son enfance, de sa jeunesse, de son arrivée en France et de sa vie d’étudiant, de ses enfants. Ce qui ne présente aucun intérêt en soi : on ne demande en effet pas à nos élus de raconter leur vie. Que je sache, ils ne sont pas élus pour cela !

Au terme d’environ une heure consacrée à la seule personne de Monsieur Besson, seule une demi-heure a été réservée à un débat qui n’en pas été un, Monsieur Besson faisant parfois même les réponses et les questions à la place de Madame Le Pen, confondant ainsi allègrement le débat avec un monologue en quelque sorte amélioré. On peut donc difficilement se faire une opinion sur ce que propose Madame Le Pen qui n’a pas été par ailleurs aussi vindicative que de coutume, se laissant du reste déborder par la manœuvre certes habile de Monsieur Besson consistant à parler d’Europe quand les sujets semblaient le déranger !

En fin de compte, France 2 a organisé un simulacre de débat, semblant ainsi se donner bonne conscience pour l’après élections régionales où personne ne pourra dès lors dire qu’une chaîne publique n’aurait pas osé organiser un « débat » public entre Monsieur Besson et Madame Le Pen. Oubliant par ailleurs au passage que dans ce débat, Monsieur Besson monopolisait la parole et avait de toute évidence pour préoccupation principale que son interlocutrice puisse le moins parler possible.

Conclusion de tout ceci : les Français qui attendaient probablement beaucoup de ce débat, ont finalement perdu leur temps à faire l’effort d’écouter « un débat » qui n’en était pas un et au cours duquel Monsieur Besson a continué à nier la réalité des problèmes graves qui se posent aujourd’hui à la France.

Hélas, ce n’est pas en insultant les Français que ce pays avancera. Ce n’est pas davantage en cachant la vérité aux Français sur la réalité de l’offensive islamique qui ronge un certain nombre de nos quartiers urbains mais également gagne progressivement du terrain en province que l’on fera reculer le Front National dans les urnes. Le courage, c’est au contraire de dénoncer des pratiques et des revendications qui sont contraires aux principes fondamentaux de notre République laïque et non de les occulter, laissant ainsi au Front National l’opportunité inespérée d’aborder des sujets dont ni la droite ni la gauche ne veulent plus parler, à quelques exceptions près que nous remercions régulièrement dans notre journal. C’est ce à quoi nous nous employons, semaine après semaine, à Riposte Laïque : c’est cela être républicain !

Bonapartine

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