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Débat Zemmour-Villiers : d’accord sur l’essentiel pour sauver la France

C’est sans doute un très beau débat qui nous attend ce soir, entre deux magnifiques figures patriotes, deux complices souverainistes : Éric Zemmour et Philippe de Villiers.

Depuis quelques jours, Philippe de Villiers présente son nouveau livre Le jour d’après sur les plateaux TV, diffusant son discours alarmiste quant à la menace existentielle qui plane sur  notre pays. Sa conviction profonde est que « la France roule vers l’abîme ».

Ce discours n’est pas nouveau chez notre Vendéen souverainiste, mais cette fois, le ton est beaucoup plus grave. Pour lui, l’heure n’est plus aux débats stériles, aux mêmes programmes politiques qu’on rabâche depuis 40 ans, aux discours insipides. Il y a urgence, le point de non-retour approche. L’heure est à l’action et il pronostique un grand coup de balai en 2022, « une avalanche qui va tout emporter, y compris Macron ».  

Il nous dit que la France vit une période de glaciation, mais que le dégel est pour septembre !

Voit-il un candidat providentiel émerger d’ici là ? Un sauveur de la patrie avant le naufrage définitif ?

Le fait est qu’il nous répète avec insistance que 2022 sera l’heure du sursaut salvateur ou du terminus pour notre nation millénaire. Philippe de Villiers n’est plus dans l’incantation mais dans l’action.

Questionné par Laurence Ferrari sur sa possible candidature en 2022, il répond « qu’on ne peut être et avoir été », mais qu’il soutiendra le candidat qui défendra ses thèses souverainistes.

Alors, quel peut être ce candidat ? Mystère. Il ne cite personne, refuse de prendre position. On a  l’impression que c’est en septembre que se fera la grande révélation.

Et ceci nous amène à Zemmour, qui n’a jamais caché son envie de voir appliquer ses idées, à défaut de les imposer lui-même.

Pressé de se prononcer sur son éventuelle candidature, Zemmour botte en touche. Mais il aurait dit à son entourage que c’est en septembre qu’il se déclarera candidat ou renoncera.

Difficile de dire aujourd’hui si ce grand amoureux de la France, véritable puits de connaissances dans tous les domaines, va se jeter dans la fosse aux lions. Car la politique est un métier réservé à ceux qui ont le cuir épais. Au sommet de sa carrière et de sa notoriété, Zemmour, qui pulvérise chaque soir l’audimat, est-il prêt à prendre des coups ? Ses amis le pressent.

Les plus optimistes estiment que s’il voulait renoncer, il l’aurait déjà dit.

Certains pensent aussi au général Pierre de Villiers. Serait-ce lui l’homme fort providentiel que les Français attendent ? J’ai des doutes.

Mais revenons au débat, animé bien entendu par la sublime Christine Kelly. 

L’échange démarre sur les monarchies en Europe, où les rois n’ont plus aucun pouvoir.

Pour de Villiers, les peuples ont besoin de sacré. La famille royale d’Angleterre, c’est le drapeau vivant de la nation, c’est la monarchie du temps long.

Pour Zemmour, les Français ne sont pas les Anglais.  Les rois, on leur coupe la tête. On a remplacé la royauté par un Président élu au suffrage universel.

Mais pour de Villiers, le drame de l’époque est qu’il n’y a plus d’imaginaire collectif. Le roman national a disparu, on massacre la langue de Molière, on oublie notre Histoire.

Il faut se battre, résister. Avoir l’esprit vendéen, réfractaire et dissident contre une Europe qui broie la nation.

Les deux débatteurs sont d’accord, il faut résister à la mondialisation.

Les vrais Français, ce sont les souverainistes. Et le souverainisme ne peut être que national et surtout pas européen. Car l’Europe n’est ni une nation, ni un peuple.

Zemmour reconnaît que l’UE ne fonctionne pas. Les Serbes, les Israéliens, les Chiliens font mieux que nous en terme de vaccinations.

Et avec cette crise sanitaire, le peuple a compris que l’Europe est une des causes du déclin de la France.

De Villiers dénonce le discours des européistes nous disant que l’union fait la force. Or, des pays comme Israël, comme la Corée du Sud ou Singapour, ou encore le Japon, sont des nations championnes de l’innovation.

Pour Zemmour, la taille est encore synonyme de puissance. Ce sont les géants Chine et États-Unis qui s’affrontent pour le leadership, tandis que l’UE n’est qu’un espace économique et juridique qui détruit les nations.

De Villiers revient sur la crise du Covid qui a montré l’impuissance de l’Europe et sa dépendance dans tous les domaines. 80 % de nos principes actifs viennent d’Asie. Il faut rétablir le régalien avec un État fort.

L’Europe des années soixante, c’était une Europe des nations, avec une préférence communautaire affirmée, nous rappelle Zemmour.

Mais en 1992 le traité de Maastricht a balayé ces règles élémentaires de bon sens au nom du libre échange mondial.

Et en Europe, le droit européen a supplanté le droit national.

De Villiers ajoute que la religion des droits de l’homme a permis une immigration de masse qui dévore le pays.

Interrogé sur le Frexit, de Villiers prend exemple sur les Anglais qui ont prouvé :

Qu’on pouvait sortir de l’UE contrairement aux mensonges des européistes, et surtout qu’un pays ayant recouvré sa souveraineté pouvait s’en sortir beaucoup mieux tout seul.

De Villiers ne propose pas un Frexit mais un Bruxelexit. S’affranchir de la tutelle bruxelloise en s’appuyant sur le groupe Visegrad, Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie.

Il faut revenir au traité de Rome. Car cette Europe est un attelage sans tête, sans corps et sans âme, mais qui nous impose une colonisation mortelle.

Pour Zemmour, les Français ne sont pas prêts pour un Frexit. Depuis 1940, ils ont perdu confiance. Et les médias français, contrairement aux médias anglais, sont tous européistes.

Mais oui, il faut briser cette intégration européenne et s’allier au groupe Visegrad. Car le couple franco-allemand n’est qu’un leurre.

Nous devons reprendre notre destin en mains car c’est une guerre de civilisation qui se profile.

De Villiers rappelle que les cinq cours suprêmes européenne nous interdisent toute liberté. Il faut s’en affranchir car la France et l’Europe sont peut-être en train de mourir.

La France est une terre romanisée, christianisée qui a oublié ce qu’elle est. Le multiculturalisme, c’est la déculturation qui mène à la disparition.

Zemmour rappelle que c’est une guerre de civilisation qui se mène sur notre sol et qu’il ne faut surtout pas se disperser.

La loi française doit redevenir supérieure à la loi européenne, par un référendum, le peuple restant souverain quand il est consulté.

Ce qui rassemble 70 % des Français, c’est la peur d’une immigration musulmane de masse qui menace notre patrimoine culturel.

Il faut donc faire un référendum limité à cette seule question existentielle. Si on se disperse sur différents sujets, ce sera la division.

De Villiers revient sur un nécessaire rapprochement avec la Russie que l’UE pousse dans les bras de la Chine. Laissons l’Allemagne mener sa politique continentale et menons notre politique internationale.

Zemmour rappelle que nous avons le 2e domaine maritime du monde, nos possessions outre-mer et une politique étrangère historique que n’ont pas les Allemands, qui font uniquement du business et s’en remettent à l’Otan.

De Villiers souhaite que les États reprennent le pouvoir, brisent les Gafa et les Big Tech. Tout doit revenir à la puissance publique.

Il cite l’agenda Otan 2030 qui cible la Chine et la Russie comme ennemis et compose avec la cancel culture !

Il n’y a pas de peuple européen, pas de souveraineté européenne. Seul Macron y croit.

Les Allemands ne veulent pas de défense européenne. C’est le règne du chacun pour soi au moindre problème.

Faut-il un référendum sur le Frexit ?

Non, pour Zemmour. La priorité, c’est l’immigration et le peuple doit décider de son avenir.

Il faut donc un référendum sur cette question majeure qui remportera l’adhésion. Si on fait un référendum sur le Frexit, ce sera non.

Seul un référendum peut contourner les lois européennes et les juges de l’UE.

De Villiers, quant à lui, défend l’assimilation, le retour à notre Histoire. Pour sauver la France il faudra le « feu sacré ».

Pour conclure, nos deux complices sont d’accord sur l’essentiel.

L’immigration et l’islam sont les priorités à trancher par référendum, afin que le peuple puisse reprendre son destin en mains et décider seul de son avenir.

Mais à l’issue de ce débat, rien n’a filtré des intentions d’Éric Zemmour.

Des idées, il en a pour tous nos problèmes. Encore faut-il être en mesure de les mettre en œuvre. Réponse en septembre ?

À suivre…

Jacques Guillemain