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Débattre est devenu un combat

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Nous vivons dans des pays qui se prétendent démocratiques. Pour cette raison la liberté d’expression érigée en principe (avec de nombreuses exceptions dont Riposte Laïque paye le prix par des persécutions récurrentes). Cette liberté d’expression induit logiquement la confrontation d’idées opposées ce qui se traduit par l’organisation de nombreux débats, le pendant des conférences.

J’ai assisté à de nombreuses conférences et débats en amphithéâtre ou dans des salles dont c’était la fonction (c’était avant la folie du covid) et c’était le plus souvent très intéressant. Les interlocuteurs s’écoutaient, prenaient de notes afin de noter les forces et les faiblesses de leur vis-à-vis, ne se coupaient pas la parole, attendaient leur tour pour s’exprimer.

Vous noterez qu’un débat télévisé ou radiodiffusé ne se déroule absolument pas de cette façon. Au contraire il est impossible de parler plus d’une minute d’affilée, ce qui est défini alors comme un tunnel passant quasiment pour un discours.

Alors s’il est effectivement sain que la parole circule quand il y a plusieurs invités sur un plateau, il est anormal que si une personne propose une opinion non conventionnelle, sa parole soit immédiatement coupée, ne pouvant ainsi développer sa pensée. À titre d’exemple, si un membre de Riposte Laïque parvenait sur un plateau télé à prononcer la phrase « L’islam est incompatible avec la liberté », il ne pourrait aller plus loin car quelqu’un prendrait alors la parole pour lui dire avec mépris qu’il a tort car évidemment pas d’amalgame (vous connaissez l’antienne).

Vous l’avez compris, les débats télévisuels ne sont pas des échanges. Ils sont en fait des combats particulièrement quand il n’y a que deux protagonistes. Ce fut le cas cette semaine de l’affrontement entre Alain Duhamel et Éric Zemmour. Une succession de diatribes sans intérêt.

Car lorsque l’on passe à la télé, on ne s’adresse pas à la personne qui est en face mais évidemment aux téléspectateurs que l’on essaye de convaincre. Et cela passe plutôt par une tentative de démonstration que l’opposant est un méchant. Que le déversement de cette moraline ne soit pas productif (le bloc Marine Le Pen/Zemmour est crédité d’environ 35 % des intentions de vote à l’heure où j’écris ce texte) ne semble pourtant pas affecter la tactique utilisée depuis quarante ans.

Notons néanmoins que ces méthodes ont eu un effet positif : elles nous ont appris à être concis, Twitter oblige. Pouvoir exprimer l’essentiel de sa pensée en quelques lignes s’avère aujourd’hui indispensable et pas si difficile que cela et souvent très productif. Faisons- le et gardons donc le reste pour des sites où l’on peut poster de longues vidéos.

Platon du Vercors