Décembre 2005-Décembre 2007 : anniversaire durable

Publié le 9 janvier 2008 - par
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Elle est le respect de l’homme dans son intégralité. Le bien vivre ensemble, le bon sens, devenu si rare. C’est, certes lui permettre d’avoir une religion ou de n’en avoir aucune (et les non croyants, athées, sont singulièrement oubliés !) mais c’est aussi l’égalité devant le droit au travail, égalité devant la justice, égalité des hommes et des femmes sans aucune distinction de philosophie, de religion , de nationalité ou d’origine. Les services publics en sont l’émanation et l’exemple directs, par le concept d’égalité de traitement. La laïcité c’est aussi lutter pour défendre l’homme contre tous les asservissements, qu’ils soient politiques, religieux ou financiers. La laïcité s’élève contre toutes les formes de discriminations et ségrégations.

La laïcité, le concept même de laïcité, pose, semble-t-il, encore un problème de compréhension au plus grand nombre, même si, apparemment, son principe ne se discute plus, que c’est un acquis, qui est tellement acquis que beaucoup ne savent plus très bien ce qu’il recouvre ! Jusqu’à lui accoler des adjectifs parfaitement superfétatoires. Il est important de pouvoir argumenter et expliquer la laïcité mais aussi que les citoyens s’approprient son concept. En effet, nous, citoyens, semble-t-il encore, sommes les membres égaux en droits et devoirs, d’un état, d’une nation. La citoyenneté est une éthique de l’intérêt général, de la « res-publica », par l’organisation d’un espace public commun, égalitaire, incluant tous les citoyens avec toutes leurs différences et particularités. On ne naît pas plus citoyen qu’on ne naît laïque : on le devient. Et ce devenir est toujours à recommencer pour que la laïcité imprègne la culture collective. Citoyenneté et laïcité sont des plantes qui, mal irriguées et/ou mal soignées, pâlissent et risquent de périr ! C’est certainement le cas aujourd’hui.

La laïcité, dans l’esprit de la loi, se doit d’être anti-cléricale, c’est à dire fondée contre tous les pouvoirs religieux, mais aussi idéologiques, politiques, médiatiques, économiques (glorification du profit, de l’argent-roi des puissances financières) qui prétendent imposer aux femmes et aux hommes la loi de leurs dogmes. Anti-cléricale, c’est à dire contre les clergés, et non pas anti-religieuse puisqu’elle garantit à chacun le droit de pratiquer la religion de son choix ou de n’en pratiquer aucune : c’est le principe de la liberté absolue de conscience.

Nous pourrions considérer la laïcité comme une idéologie caractérisée par une éthique, un ensemble de règles, de lois, garantissant l’indépendance de la sphère publique en évitant son aliénation par les pressions que peuvent exercer les religions, les dogmes et les lobbies de toute nature. Idéologie garantissant également à chaque citoyen son entière liberté de conscience, d’opinion, de culte. En d’autres termes, la laïcité s’appuie sur deux piliers : l’éthique (liberté absolue de conscience) et le statut civique (séparation de l’église et de l’état). Elle établit strictement la différence entre deux univers distincts : l’intérêt général et la conviction individuelle.

La laïcité est une règle de vie en société démocratique assurant aux hommes la maîtrise de leur destin. En transformant la célèbre phrase de Malraux « le XXIe sera spirituel ou ne sera pas » en « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas » on tombe dans l’imposture des adeptes de toutes les religions. Non, le XXIe siècle doit être laïque ou il ne sera pas ou plus ! « Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes » ! Rosa LUXEMBOURG.

Christian FLORENTIN

54110 Sommerviller

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