Décidément, je n’achèterai pas le dernier Houellebecq !

Publié le 6 janvier 2015 - par - 3 392 vues
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HouellebecqsoumissionLa polémique bat son plein autour du nouveau roman de Houellebecq, qualifié d’oeuvre de politique-fiction et lancé plus comme une nouvelle lessive que comme une oeuvre littéraire.

Des nombreux articles consacrés au sujet et qui voient en Houellebecq un dénonciateur de l’invasion islamique d’un côté et chez les anti-racistes patentés et toute la clique islamophile de gauche et d’extrême-gauche un dangereux ouvrage islamophobe, comme ils disent, alors que c’est un terme qui ne veut strictement rien dire.

De tous ces articles, je n’en retiendrais qu’un, écrit par ce qu’il y a de pire parmi les disciples de Big Brother au pouvoir dans les medias. Il est écrit par un certain Sylvain Bourmeau qui sévit chez le comparse de Ramadan, Plenel, puisqu’il a un blog sur mediapart où a été publié cet article prétendument littéraire et qui est totalement idéologique (il collabore en plus à France-Terre-d’islam-Kultur). L’article, très défavorable pour ne pas dire plus s’appelle « Un suicide littéraire » mais les arguments utilisés sont du nouveau racisme qu’est l’antiracisme au pouvoir tant au gouvernement que dans la quasi-totalité des medias.Ce qui vu la personnalité de l’auteur devrait rendre sympathique l’ouvrage de Houellebecq. Mais une interview  de Houellebecq par ce M. Bourmeau, faite pour le compte de la revue anglophone « The Paris Review » suit l’article. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a bien du mal à déceler autre chose que de la complaisance pour M. Houellebecq pour le communautarisme musulman qu’il voit dans son roman prendre le pouvoir en France et nous explique que tout compte fait sa position sur la plus con des religions, comme il disait jadis, a bien évolué. Et le voilà donc, lui qui joue les ignorants tant des textes de Zemmour que du contexte français et qui se voit en « artiste » hors sol, qui se place du côté de ceux qui pensent qu’on peut s’arranger de l’islam. Je n’achèterai donc pas le livre de M. Houellebecq.

De la prose totalement islamophile de M. Bourmeau (qui, s’il était logique, devrait se convertir), je ne relèverai que quelques passages bien peu surprenants .

« (Le roman) participe (bêtement ?) d’un air du temps rance et explosif qu’il préfère prendre pour argent comptant plutôt que d’en débusquer les enfumeurs et d’en traquer les artificiers. » parce que, évidemment, quand on n’est pas partisan de la dictature islamiste qui pose lentement ses jalons, on est dans l’erreur et dans la faute. On est dans le terrorisme intellectuel habituel de la gauche islamophile.

« il ne dramatise pas n’importe comment, il ne choisit pas, par exemple, d’imaginer une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2022 (ou dès 2017) – ce qu’on peut, hélas, considérer comme imaginable –, il dramatise dans une direction précise, choisissant d’agiter lui-aussi l’épouvantail favori des médias : l’islam. » On se demande de quels medias parle M. Bourmeau, puisque les medias  dominants, de Radio-France à France Télévision en passant par la presse quotidienne et les hebdos du jeudi  (hors « Valeurs Actuelles ») sont tous peu ou prou du même avis que M. Bourmeau qui semble avoir perdu tout contact avec la réalité médiatique et veut se faire passer pour une voix dissidente alors qu’il est en plein accord avec les media mainsrtream.

Et le bouquet final qui se passe de commentaire  « Cela ne m’empêchera pas de lui [à Houellebecq] redire, la prochaine fois que je le croiserai, combien son dernier roman est dangereux, participant comme beaucoup de choses, petites et grandes, toujours laides, à rendre, par exemple, la vie en France un peu plus désagréable à tous ceux qui portent un prénom arabe ou qui ont la peau. » Toujours  la même conception SOS Racisme/MRAP du racisme qui veut nous faire passer le blasphème (anti-mahométan, les autres ne comptent pas) et la détestation de l’idéologie politico-religieuse qu’est le mahométisme. Et il associe les Noirs (qui ne sont pas tous Maliens pourtant) de manière plus que malhonnête –mais c’est le propre des héritiers de Sartre et du stalinisme- pour enfoncer le clou de la dénonciation raciste.

Malheureusement, quand on lit l’interview de M. Bourmeau, on voit que le récit de M. Houellebecq (que personnellement je n’ai jamais pris pour un grand écrivain, mais c’est une autre affaire), on s’aperçoit que la réalité de ce roman, c’est que M. Bourmeau, aveuglé par son islamophilie radicale, balaie d’un revers de main « Michel Houellebecq et ses défenseurs auront beau jeu d’affirmer que ce roman ne saurait aucunement être tenu pour islamophobe dès lors que son héros, aussi falot que collabo, finit probablement, suivant son petit confort personnel, par se convertir à l’Islam. »

Dans son interview M Houellebecq affirme la nécessité d’un parti islamiste en France pour que les musulmans soient représentés « Que peut bien faire un musulman qui veut voter ? Il est dans une situation impossible en fait. Il n’est pas représenté du tout. Il serait faux de dire que c’est une religion qui n’a pas de conséquences politiques, elle en a, le catholicisme aussi d’ailleurs, même si les catholiques ont été pas mal rembarrés. Donc, à mon avis un parti musulman est une idée qui s’impose. »  Voilà déjà une affirmation intéressante, non ?

Mais le bouquet, c’est tout de même ça : « Mais au fond le Coran c’est plutôt mieux que je ne pensais, après relecture – après lecture plutôt. La conclusion la plus évidente c’est que les djihadistes sont de mauvais musulmans. Evidemment, comme dans tout texte religieux, il y a des marges d’interprétation, mais une lecture honnête conclut que la guerre sainte d’agression n’est en principe pas autorisée, la prédication est seule valide. Donc on peut dire que j’ai un peu changé d’avis. C’est pour cela que je n’ai pas l’impression d’être dans la situation de la peur. J’ai plutôt l’impression qu’on peut s’arranger. Les féministes, elles, ne le pourront pas, pour être tout à fait honnête. Mais moi et pas mal de gens, oui. » Ce que prêche celui qui se veut pur artiste et qui prétend ne pas savoir ce que dit Zemmour (pour n’en citer qu’un), c’est bel et bien l’accommodement avec  le totalitarisme islamique. Revenons à la description de l’intrigue par M. Bourmeau «Du jour au lendemain, dans la rue, les femmes ne s’habillent plus pareil et optent, le plus souvent, pour de longues blouses de coton par dessus leurs pantalons ; fortement encouragées par des allocations familiales boostées, elles quittent massivement le marché du travail, faisant, du même coup, spectaculairement reculer le chômage ; dans les quartiers sensibles, la délinquance disparaît ou presque ; les universités deviennent islamiques et les enseignants non musulmans sont mis à la retraite d’office, sauf à se convertir, se résoudre à la soumission. » Manque la polygamie : 4 femmes avec possibilité d’avoir une  épouse de 15 ans qui serait dans les règles de cette théocratie islamique  modérée (vu ailleurs et que M. Bourmeau se garde bien d’évoquer, c’est trop proche de la réalité infâme) qui est sans doute ce qui a fini de convaincre Houellebecq que l’on pouvait s’arranger de l’islam. En prime, il s’auto-proclame spécialiste de l’islam, non sans rappeler Cazeneuve et nous dit que « les djihadistes sont de mauvais musulmans ». Bien entendu,  sa dictature islamique acceptable est très loin des descriptions que nous fait Salem Ben Ammar, par exemple, de l’enfer saoudien, pour ne citer qu’un exemple.

Et cerise sur le gâteau, repris par Bourmeau (qui, en filigrane, admet donc qu’il y a un problème entre le mahométisme et les femmes) qui lui demande, en réponse à son affirmation que seules les féministes ne pourront pas s’arranger avec la dictature mahométane « On peut remplacer féministes par femmes, non ? » Sa réponse misogyne est : «Non, on ne peut pas remplacer féministes par femmes. On ne peut vraiment pas, non. » Toute femme indépendante qui pense est pour Houellebecq une féministe.

Donc, décidément, non, je n’achèterai pas le dernier roman de Houellebecq, dont la promotion avant parution s’apparente d’ailleurs au lancement d’une lessive. La littérature n’a pas grand-chose à faire là-dedans et encore moins la nécessaire lutte contre l’invasion communautariste mahométane qui chaque jour grignote un peu de notre liberté d’être et de penser. La seule note réaliste de ce roman semble être la place prise par super dhimmi Bayrou….

Jean-Luc Rivière

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