Décidément, les peuples ne font jamais ce que veulent les révolutionnaires parisiens !

Publié le 26 octobre 2011 - par - 2 855 vues
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Depuis des mois, la bobocratie parisienne et ses révolutionnaires en peau de lapin avaient trouvé un nouveau prolétariat : les révolutionnaires arabes ! Mélenchon et Besancenot dissertaient à qui mieux sur la crise du capitalisme, et sur l’émergence, dans les pays arabes, d’une nouvelle armée révolutionnaire, forcément anti-capitaliste, forcément laïque, et donc forcément socialiste. Fini le choc des civilisations de la droite américaine, vive la lutte des classes ! Hélas, cela, c’est vrai dans le monde des Bisounours, mais pas dans la vraie vie, Jean-Luc et Olivier…

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Dans le même registre, nous avions eu droit à des chroniques de Caroline Fourest, dans Le Monde notamment, qui, nous faisant l’honneur de nous citer, expliquait que les événements arabes étaient la preuve que les théories de Riposte Laïque étaient fausses, et qu’on pouvait se battre pour la liberté sans pour autant vouloir remettre en cause la réalité de l’islam dans ces pays. C’est sans doute une belle histoire au pays de « oui-oui », mais dans le monde réel, cela ne se passe tout-à-fait comme cela, madame Fourest…

Pauvres bobos parisiens ! Décidément, les peuples prennent un malin plaisir à faire tout le contraire de ce qu’ils disent, et les révolutions qu’ils soutiennent ne se terminent jamais comme prévu !
En 1962, c’était certain, le socialisme allait succéder au colonialisme français, en Algérie. C’est pour cela qu’ils avaient porté les valises du FLN. Manque de chance, les Algériens ont eu droit à une dictature du parti unique, et les Algériennes au code de la famille, au « code de l’infamie » comme les féministes parmi elles le nomment si bien !
En 68, nos révolutionnaires, nourris des lectures de Trotski, Marx, Mao et Lénine, étaient convaincus que les travailleurs voulaient la révolution. Manque de chance, ces salauds d’ouvriers se sont contentés d’augmentations de salaires, et ont voté à droite !
En 1976, les nombreuses manifestations parisiennes, aux cris de « Ho, Ho, Ho Chi Minh, Che, Che, Guevara », avaient fini par terrasser l’impérialisme américain, aidées un peu par le combat des maquisards. Les peuples de l’ancienne Indochine allaient enfin pouvoir goûter au socialisme. Ils ont en effet profité, au Cambodge, du régime de Pol Pot, qui a exterminé le quart de sa population en trois ans.
En 1979, en Iran, c’était sûr, cette fois, les masses opprimées qui donnaient leur vie pour mettre fin à la tyrannie du chah allaient forcément, malgré la présence des islamistes et de l’ayatollah Khomeiny, déboucher sur un régime progressiste. Manque de chance, l’ayatollah a utilisé les idiots utiles de gauche, pour prendre le pouvoir, avant de les exterminer, et, depuis plus de 30 ans, les Iraniennes vivent sous le voile.
En 1989, la chute du stalinisme allait forcément entraîner, non pas le retour du capitalisme, mais un véritable socialisme, débarrassé du cancer bureaucratique. Là encore, ce salaud de peuple allemand, notamment, ne s’est pas battu pour les conquêtes de la Révolution d’octobre, comme le disaient encore certains trotskistes, mais pour la liberté dont il avait été privé des décennies, même si elle prenait le visage d’un retour au capitalisme.
En France, c’est bien connu, les ouvriers vomissent les idées du Front national, comme le disait Mélenchon dans son débat face à Marine Le Pen. Manque de chance, ces salauds d’ouvriers en ont surtout marre du chômage, de la vie chère, des délocalisations, de l’immigration, de l’insécurité, de l’islam, et comme la seule qui est claire sur cette question est la présidente du FN, ils votent, non pas pour Mélenchon, grand avocat des clandestins et de la religion de paix et d’amour, mais majoritairement pour Marine Le Pen. Finalement, les socialistes de Terra Nova vont régler le problème, en les remplaçant par une nouvelle population, appliquant la théorie de Brecht : quand le peuple n’est pas content, il n’y a qu’à changer de peuple !
La cerise sur le gâteau devait être les printemps arabes, à Tunis, à Tripoli, au Caire, on allait voir ce qu’on allait voir. On a vu effectivement les voilées et les barbus ! N’oublions pas qu’en France, bien évidemment, selon nos bobos parisiens révolutionnaires de salon, les musulmans sont parfaitement intégrés, le péril de l’offensive islamique que brandit Riposte Laïque – et qui a fait réagir Michel Cardoze, sur Sud Radio, face à Pierre Cassen – n’est qu’un fantasme. Bien évidemment, comme l’ânonne la plupart des journalistes, 98 % des musulmans de notre pays se reconnaissent dans une République laïque. Manque de chance, les 500.000 Tunisiens français, dont on dit que, par l’Histoire, ils sont les plus évolués des Maghrébins vivant sur le sol français, ont envoyé 4 députés sur 10 du parti islamiste dans le nouveau Parlement, ce qui veut dire qu’ils ont voté environ à 35 % pour des fanatiques qui entendent imposer la charia dans le pays de Bourguiba.

Finalement, nos révolutionnaires bobos parisiens ont une chance : ils ne subissent jamais les conséquences de leurs discours. Mais ils n’en ont pas marre de se tromper tout le temps ?

Paul Le Poulpe

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