Défendre la loi de 1905 c’est défendre les jours fériés chrétiens

RR2tract-8-12-v4D’aucuns s’effraient, ou, tout simplement, ne comprennent pas que notre marche du 8 décembre pour défendre la loi de 1905 s’accompagne d’une défense des fêtes chrétiennes.

Quelques explications sont donc nécessaires.

On peut en effet comprendre que certains soient perturbés et ne sachent pas (ou plus) ce qu’est la laïcité (laïcité à la française, s’entend) quand trop de gens affirment sans rire des énormités : Sarkozy parlant de « laïcité ouverte » pour évoquer la laïcité à l’anglo-saxonne (qui privilégie la liberté individuelle aux dépens de la Cité et de l’intérêt de tous), certains musulmans réclamant, dans le même ordre d’idée, au nom d’une laïcité anglo-saxonne, le droit de voiler leurs femmes et leurs filles partout, même à l’école… D’autres confondant laïques avec « bouffeurs de curés », ne supportant même pas de voir évoquer les sources chrétiennes de notre civilisation…

Or, la laïcité, pour faire bref, est ce qui assure la liberté de croire ET DE NE PAS CROIRE, parce qu’elle demande la neutralité religieuse dans l’espace public, interdisant toute intervention religieuse, toute prise en compte de dogmes et interdits religieux dans la vie politique. Autrement dit, la laïcité garantit l’indépendance du politique, interdisant que certains, au nom de leurs croyances, ne veuillent imposer à tous ce que le peuple n’aurait pas choisi et voté. C’est pourquoi la loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat, affirme que l’Etat ne reconnaît aucun culte.

Que monsieur Sarkozy, chrétien, assiste en chrétien aux obsèques chrétiennes d’un ami, est tout à fait normal. Que le Président Sarkozy convoque les journalistes à ces obsèques et que l’on voie le chef de l’Etat faire le signe de croix ne l’est pas. Que Manuel Valls, amoureux de l’islam, assiste en ami à un repas de rupture du jeûne du ramadan avec ses voisins musulmans ne pose aucun problème. Que Manuel Valls y assiste en tant que Ministre des cultes, en médiatisant la chose, qui plus est, est une faute grave qui viole son devoir de neutralité. Que l’on puisse, dans une administration, à l’école, à l’hôpital ou même dans la rue deviner la religion de ceux que l’on rencontre c’est violer la neutralité citoyenne et c’est, quelque part, favoriser les agressions et persécutions religieuses. Que l’on puisse, dans une cantine scolaire, proposer des repas spéciaux à des enfants surnommés clairement « sans porc », c’est violer la neutralité, c’est introduire la séparation, et qui dit séparation dit discrimination possible, de ceux qui mangent du porc ou de ceux qui n’en mangent pas. Et c’est violer la laïcité seule propre à garantir le vivre ensemble.

On pourrait donc trouver paradoxal de réclamer la défense des fêtes chrétiennes quand on défend la laïcité et donc la loi du 9 décembre 1905. Sauf qu’elles sont tout à fait concernées lorsqu’il s’agit de la loi de 1905, puisque son article 42 précise ART. 42.- Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues. Article abrogé de façon scélérate en 1973, par les traîtres qui, depuis 40 ans, n’ont de cesse de faire disparaître notre nation et notre histoire pour mieux remplacer notre peuple. Il nous appartient de défendre la loi de 1905 dans son intégralité parce que si les jours fériés en 1905, essentiellement des fêtes chrétiennes, n’ont pas été supprimés par les laïques qui ont voté la loi de 1905 c’est parce que, quoi qu’on en ait dit, c’était de véritables républicains et, surtout, de véritables patriotes, amoureux de leur pays et suffisamment intelligents et cultivés pour savoir qu’on ne fait pas table rase du passé et que couper un peuple de ses racines c’est l’handicaper gravement. Or, nos fêtes chrétiennes font partie de nos racines, de notre patrimoine. Et ce d’autant plus que la plupart d’entre elles ne sont que la survivance d’anciens rites païens, d’anciennes fêtes païennes inscrites dans notre culture et nos réflexes.

Déjà, il y a 6 ans, j’avais écrit un article s’intitulant « Jours fériés, surtout ne changeons rien ».

Je le redonne in extenso ci-dessous, je n’ai rien à y changer :

On se souvient que la commission Stasi, applaudie par de nombreux pratiquants juifs et musulmans, avait proposé d’ajouter à la liste des jours fériés Yom Kippour et l’Aïd el-Kebir ; c’est aussi ce que proposent, sans rire, un certain nombre de doux rêveurs animés de bonnes intentions à l’égard de tout ce qui remet en question la nation française. Pour eux, en effet, il est scandaleux d’obliger les adeptes des religions non chrétiennes à chômer le jour d’une fête étrangère à leur propre religion, sans pouvoir se libérer pour leurs propres fêtes. D’autres, inversement mais avec le même objectif de déstabilisation républicaine, trouvent qu’il est scandaleux de conserver des fêtes religieuses dans le calendrier d’un Etat laïque…

J’ai envie de répondre aux uns comme aux autres qu’ils devraient cesser de jeter aux orties ce qui constitue plus qu’un peuple, une nation. Notre calendrier, nos fêtes, sont, au même titre que Versailles, Notre-Dame de Paris ou les menhirs de Carnac notre patrimoine, notre héritage, les vestiges de notre histoire. Et, paradoxalement, les fêtes dites « chrétiennes », devenues des fêtes républicaines, nous permettent de continuer des rites et des fêtes païens, certes sans en avoir vraiment conscience, mais cela est-il important ?

En effet, ce que nous appelons « fêtes chrétiennes » représente, tout simplement, des survivances d’anciens rites universels, des vestiges de rites païens destinés à assurer aux hommes la bienveillance des forces naturelles ; ils servent, encore et toujours, à assurer la cohésion du groupe, à mettre en spectacle les changements de saison et à dire la peur des aléas naturels.

Nous en avons toujours besoin et supprimer ou remplacer nos fêtes dites « chrétiennes » reviendrait à faire un peu plus de l’homme un individu perdu sans repères dans un monde qui va trop vite pour lui. D’autre part, ajouter d’autres fêtes religieuses, comme l’Aïd-el-kébir, à notre calendrier, alors qu’elles n’évoquent rien dans l’inconscient collectif, alors qu’elles seraient juste le témoignage de l’existence d’une nouvelle religion dans un pays laïque serait non seulement un non-sens républicain mais un élément de plus pour favoriser communautarisme et repli identitaire.

Quand celui qui quitte son pays, la mort dans l’âme, s’installe ailleurs, il ne peut espérer s’intégrer, ou, encore mieux, s’assimiler, que s’il entre dans la culture de celui qui l’accueille, s’il en adopte les usages, les valeurs et les symboles. Lui permettre de se sentir à part, d’être à part, c’est créer les ghettos et les bandes « ethniques » qu’évoquent les médias, oubliant que l’on ne devrait parler d’ethnie qu’en Afrique ou dans certaines tribus d’Amazonie … Il n’y a pas d’ethnie en France, il ne saurait y avoir d’ethnie en France .

Par contre, conserver les fêtes dites « chrétiennes » du calendrier républicain se défend parce que les Français, majoritairement laïques, en ont oublié l’origine et le sens. Elles sont investies d’un pouvoir énorme, celui de pouvoir réunir, en même temps, tous les membres d’une famille, pour partager des moments forts ; ancrées dans le quotidien, elles ont la saveur de la madeleine de Proust : Noël nostalgique de l’enfance, Pâques et le repas savoureux, le premier de l’année sous le tilleul de la maison de famille, Pentecôte et le week-end entre amis au bord d’un lac … Nulle référence religieuse et pourtant, les noms de ces fêtes restent doux à évoquer, à prononcer. A quoi bon les remplacer par des trivialités  » fête du plein air », « fête du foie gras » ?

En fait, le plus intéressant dans l’histoire est ce qui n’est pas dit, à savoir que derrière ces fêtes d’apparence chrétienne se cache la survivance d’ancienne fêtes païennes, récupérées jusque dans leurs symboles par la religion chrétienne qui cherchait à faire disparaître les anciens cultes en occupant leurs lieux sacrés, en reprenant leurs rites, en créant des « anniversaires » aux mêmes dates qu’eux …

Quelques exemples au hasard :

Comment ne pas faire le lien entre Noël, les fêtes païennes du solstice d’hiver, les Saturnales des Romains, qui se passaient en banquets et cadeaux offerts ou le culte de Mithra, né un 25 décembre et dont les fidèles partageaient un repas ?

Quant à l’Ascension, fête introduite par saint Mamert en 470 dans la vallée du Rhône et étendue à toute la Gaule lors du concile d’Orléans, en 511, elle a peu à peu remplacé la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille qui avaient lieu fin avril ; on y demandait au dieu Robigus, dieu des cultures, de bien vouloir épargner la future récolte. Comme par hasard, l’Ascension tombe en mai, au moment où les récoltes à venir courent les risques des gelées tardives, de pluviosité dangereuse ou de sécheresse ; il était donc nécessaire d’obtenir la bienveillance des divinités, quelles qu’elles soient. Les traditions populaires qui attestent de survivances antérieures au christianisme sont nombreuses, on en retrouve par exemple le souvenir dans la Calusarii, danse magique roumaine liée à la fertilité. Enfin, on ajoutera simplement que le mythe de l’ascension est vieux comme le monde, déjà utilisé pour Romulus en moins 716, foudroyé pour les uns, assassiné pour les autres, appelé à « monter » auprès des Dieux pour les autres …

La Pentecôte, qui est censée commémorer la Résurrection du Christ, cinquante jours après Pâques, quand le Saint-Esprit descendit parmi les apôtres, pourrait reprendre en fait un rite funéraire très ancien de purification des morts qui leur permet, après cinquante jours d’errance parmi les vivants, de retourner dans le Royaume qui leur est assigné. On trouve aussi, à cette époque, et selon les régions/pays, des fêtes de début de moissons, des rites en l’honneur de déesses mères, d’Aphrodite, de commémoration du Déluge…

Pâque(s), fête de l’Ancien comme du nouveau Testament, correspond à la fête des moissons, l’offrande des premiers épis, et rappelle le mythe d’Adonis, mythe sémite (qui serait d’origine sumérienne pour certains antiquisants) passé en Egypte et en Grèce ; Adonis, aimé à la fois de la déesse des Enfers et de celle de l’Amour, partage son temps entre elles ; comme la végétation il descend au royaume des morts en hiver et renaît ( résurrection ) au printemps …

Nul besoin de m’accuser d’être une briseuse de rêves, je n’ai fait qu’évoquer, ici, en les traçant à grands traits, des pistes développées en long et en large par ceux qui ont pour métier de comparer les mythes. Et ce n’est pas faire injure à quelque religion que ce soit que d’essayer de comprendre pourquoi et comment elle s’est implantée, pourquoi et comment elle a réussi à utiliser des symboles vieux comme le monde pour que chacun garde son lien avec celui-ci … Gardons bien à l’esprit que toute cette imprégnation, tous ces substituts ont mis des siècles à se modifier, à remplacer un élément par un autre, à évoluer vers une forme laïque, civile, mais porteuse de sens. Il serait donc absurde d’imposer au forceps dans notre calendrier des fêtes d’autres religions, elles ne feraient pas sens pour la très grande majorité de la population, elles nous feraient perdre, encore un peu plus, le lien social, si fragile actuellement, qui nous unit. N’oublions jamais la force du symbole.

Alors on ne s’étonnera pas que Résistance républicaine propose en même temps la défense de la laïcité en danger et celle des jours fériés chrétiens et de nos fêtes chrétiennes devenues pour les athées eux-mêmes un symbole de la France.

Est-ce un hasard si, depuis des années, en ce mois de décembre où nous marcherons, il est question de scandales ? De sapins interdits dans nos écoles et même sur les places des villages comme ce fut le cas en Belgique l’an dernier ? De mairies qui renoncent aux crèches ? De galettes des rois sans couronnes, interdites à cause du mot épiphanie ?

La laïcité c’est le vivre ensemble. Or il ne saurait y avoir de vie ensemble si on arrache au peuple de France son héritage et ses fêtes. Quoi que puissent dire les donneurs de leçons, il faut des générations ou plutôt des siècles pour que des éléments de la culture de nouveaux arrivants fassent leur trou, laissent quelques traces dans la culture dominante, et fassent partie de celle-ci. Ce que l’on veut nous imposer au forceps s’apparente au lavage de cerveau stalinien, à la révolution communiste russe, ou chinoise, au choix. On veut changer le peuple, malgré lui, et tout de suite ; et, comme il ne veut pas aller dans le sens inverse de l’histoire et participer à un mode de vie qui relève du VIIème siècle nos gouvernants ont décidé de supprimer nos traditions pour les remplacer par d’autres, prêts, même, à nous envoyer au goulag, c’est-à-dire à la dix-septième Chambre.

RRpeupledefranceC’est pourquoi nous devons être nombreux le 08 décembre prochain. Pour défendre la laïcité et les fêtes chrétiennes, que nous soyons croyants ou pas.

Christine Tasin

Résistance républicaine 

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