Défense de l’ambassadrice de Lettonie à Paris

Publié le 26 février 2015 - par - 1 521 vues
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http://ripostelaique.com/lambassadrice-de-lettonie-complaisante-avec-le-nazisme-invitee-a-lassemblee.html

Je suis consterné par l’article consacré à une mise en cause de l’ambassadeur de Lettonie à Paris.

Ne pas vouloir partir en guerre, contre Poutine et la Russie, en suivant ces messieurs BHL et Harlem Désir, n’impliquait certainement pas de « voir des nazis partout ».

Je connais l’ambassadrice. Elle est tout, sauf « complaisante avec les nazis ». Qu’est-ce qui autorise à porter contre elle pareille accusation ?

S’arrêter à son accent allemand est un bien mauvais procès. Y a-t-il matière à scandale, en supposant que le fait soit exact ? Il n’aurait rien d’étonnant, les élites lettones, urbaines en particulier sont, depuis des siècles, sorties d’une bourgeoisie hanséatique allemande et d’une aristocratie dont l’Histoire se confond avec celle des chevaliers teutoniques.

Ce reproche a quelque chose, outre qu’il est grotesque et odieux, d’un remugle des procès de Moscou.

Disons aussi, que les pays baltes ne sont pas l’Ukraine.

Deux Radas, le conseil (sorte de parlement du type Etats généraux ou assemblée de confédération tribale) ont, par deux fois au 17ème siècle, réclamé l’union de la Russie de Kiev (l’Ukraine) avec l’empire russe dirigé par la Russie de Moscou.

Les Russes refuseront la première demande puis accepteront la seconde.

Rappelons : que la Russie de Kiev donnera naissance à un homme rendu mondialement célèbre par le cinéaste Eisenstein ; il s’agit d’Alexandre Nevski, Prince de Kiev, vainqueur des chevaliers teutoniques puis origine de la dynastie russe qui précéda les Romanov à la tête de l’empire de Russie. Ivan le terrible est issu de ce Prince de Kiev.

Les pays baltes, Lettonie et Estonie ont une Histoire bien différente et un tout autre rapport à la Russie de Moscou.

Pour revenir à l’article, rien n’autorise à porter d’aussi définitives accusations : ni les relations qu’aurait l’ambassadrice avec le Juif, ex nomenklaturiste, Georges Soros (qui n’est pas un nazi), ni la situation des minorités ethniques ou nationales, en particulier la situation des Russes. 10% d’entre eux ne disposent pas encore de la nationalité lettonne et ne votent pas aux élections politiques. Il existe un parti politique représentant les Russes ayant acquis la nationalité lettonne (la très grande majorité de ce groupe national). Il gère Riga. Il mène des actions politiques et n’est pas persécuté. Où est le nazisme ?

Staline a voulu russifier les pays baltes.

Les Baltes, les Lettons en particulier, ont voulu réaliser une Reconquista. Ils ont posé des cadres précis et des conditions à l’accès à la nationalité. Sont-ils des criminels nazis pour cela ?

Cet article est outrancier, biaisé et fondé sur un mélange des genres et de conclusions dépourvues de fondement autre qu’une volonté polémique.

Alain Rubin

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