Défense du français : merci à Riposte laïque de me donner la parole…

Publié le 5 novembre 2018 - par - 57 commentaires

J’aimerais remercier RL et ses judicieux lecteurs, car il y a des mois, des années, que j’ai envie de partager une véritable souffrance et que je n’arrive pas à me faire entendre !
J’ai écrit à plusieurs professeurs de français, à des amis particulièrement éclairés. Déçue de toutes les excuses bidon, j’ai pensé à des gens qui prétendent défendre la belle langue française et qui la parlent très mal eux-mêmes. J’ai donc écrit à Fabrice Lucchini, à François Bunel, j’en ai parlé à des tas de gens qui se marrent, se gondolent, me ridiculisent, me traitent de folle. C’est très simple, depuis la disparition de Jean d’Ormesson, je me bats toute seule contre un désastre linguistique, c’est insurmontable ! Je me suis donc décidée à faire du sérieux et me suis adressée à l’Académie Française. Voici le texte de mon courrier (les parenthèses ajoutées sont destinées à exprimer mon indignation actuelle et ne figuraient pas sur la lettre originale)

A Madame le Secrétaire Perpétuel
de l’Académie Française
23, quai de Conti
75270 Paris cedex 06

Bruxelles, le 13 mai 2018

Décadence de la langue française parlée

Madame le Secrétaire Perpétuel,
Je m’adresse à vous en dernier recours, car je me bats seule contre une immense majorité.
Née à Bruxelles, je suis traductrice-interprète et dans cette fonction, appelée à lire beaucoup, j’ai toujours aimé la lecture, la langue française est une pure merveille, c’est avec énormément de peine que je constate qu’elle est à ce point maltraitée.
Je n’évoque pas la masse ici, et je comprends parfaitement qu’un ouvrier à la chaine, un cantonnier ; voire un chirurgien cardiaque ou un astronaute se permette des erreurs de langage, je vous parle ici des grands reporters, des présentateurs d’émissions politiques, des écrivains, des conférenciers et des plus grands acteurs français, adulés par les foules. Dont le métier, pour lequel ils sont rémunérés, est de parler correctement.
Pour plus de simplicité, je vous fais une courte liste de mes observations.
On ne dit plus « c’est à moi » (cé-t-amoi) en faisant la liaison entre le verbe et le mot qui suit, mais « céamoi ». Adieu la liaison obligatoire !
Personne n’utilise plus la double négation, « je ne sais pas », on dit « je sais pas ». (Mais j’ai appris à parler, moi. J’ai étudié la grammaire, on en fait quoi, on incendie tous les Grevisse ?)
On ne dit plus « ce sont des amis », mais « c’est des amis ». Alors, on abandonne le pluriel ?
Oublié, le « oui » pour le plus souvent émettre un vague « ouai ». Même au sommet !
Le dernier, mais non le moindre (ce n’est pas difficile, cette aberration me donne des frissons !) je n’entends quasiment plus « je suis à Lyon », mais « je suis sur Lyon ». Il y a quelque temps, j’ai même entendu un reporter (un professionnel du langage, donc, censé s’exprimer décemment), qui au moment des grèves de la SNCF, annonçait que plus aucun train ne roulait SUR la gare de Montparnasse. Ils ont des ailes, les trains français ?

Que font les professeurs de français ? Qu’apprennent-ils à leurs élèves ? J’aide souvent ma petite fille à faire ses devoirs, elle vit en Allemagne, ses manuels respectent la grammaire. Alors ? Je lui explique que lorsqu’un mot se termine par une consonne, on lie avec le mot suivant. Si elle fait un stage en France pour se « perfectionner », elle me prend pour une idiote ?
Je précise que j’évoque là des professionnels de la langue. De gens dont le métier, fort bien rétribué, est de parler. Or, quand il m’arrive de suivre une émission politique à la télévision, je suis révoltée par ce que j’entends. Non seulement par le contenu, mais aussi par le langage.
Peut-on imaginer un chirurgien ne sachant pas se servir d’un scalpel ? Un boulanger exécrant la farine ou un éducateur qui détesterait les enfants ? Un plongeur qui refuse d’immerger ses mains dans l’eau ou un pâtissier allergique au sucre ? Et pourtant, la situation est tout à fait celle-là.
J’ai souvent réfléchi à fonder une association pour la défense de la langue française.
Permettez-moi, Madame le Secrétaire Perpétuel, de vous remercier pour l’attention que vous porterez à ce courrier et acceptez, je vous prie, l’assurance de ma très haute considération.

Anne Schubert

Que croyez-vous ? Personne n’y a porté la moindre attention, bien entendu, et je reste seule avec ma déception.
Mon impression est que l’on supprime peu à peu la plupart des consonnes. Exemple : « Il étèalléá la mer » au lieu de « il étai-t-allé ». Paresse ? Surmenage des mandibules ? A quand alors « méamis » au lieu de « mé-z-amis » ?) A quand « troienfants » au lieu de « troi-z-enfants » ? Pourquoi nous arrêter là ? Un jour, nous converserons sans plus aucune consonne. Nous produirons des onomatopées.
Et la double négation ? Elle est morte, elle aussi ? Ne faudrait-il pas la rayer des manuels de grammaire, alors ? Plus personne ne l’utilise. Il ne s’agit pas de parler comme Racine ou Molière, bien entendu, toute langue évolue, tout de même ce serait bien si c’était pour s’améliorer. J’ai lu quelque part qu’en France, dès qu’il s’agit de la langue française, même les morts se relèvent la nuit pour monter au créneau! Je n’en crois pas un mot.

Anne Schubert

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Notifiez de
tantenik

Je suis bien heureuse de lire votre adresse à l’Académie française. Je souffre, moi aussi, bien souvent en entendant les conversations qui m’entourent ou les émissions de radio et de télévision, et que dire de l’orthographe des commentaires répandus sur Internet…
Pour compléter ma maigre retraite, j’ai participé à la création d’une société de correction de textes et je suis prête à rejoindre votre association (et non près de… comme on l’entend bien souvent). Haut les cœurs !

Clotilde prouvot

Bonjour Anne Schubert.
Votre article me touche.. car je suis bien souvent agacée par des expressions “à la mode ”
.
L’Association pour la défense de la langue française a existé ! J’ai toujours quelques bulletins mais je ne peux vous dire ce qu’elle est devenue. Tout à coup, les annonces de réunions n’arrivent plus…
Je ne supporte pas le ” je suis sur la ville de ” – au lieu de : – j’habite à. ..
Au restaurant : ” Je vais rester sur ” (un vin ).
Prêtez l’oreille aux émissions de France – Culture ! J’ai entendu : “c’est déceptif ” , qu ‘en pensez-vous ?
Avec tous mes encouragements.
Et ma sympathie.

Anne Schubert

Merci Clotilde, cela me touche. J’ai impression d’être seule dans ce combat. J’ai souvent des frissons désagréables en écoutant ces “sur” inopportuns….Parfois, par écrit, je réponds que, mon jet étant actuellement en panne, je ne peux les rejoindre “sur” Bruxelles. Je récolte des sarcasmes.. et rien d’autre.

Thierry Couvret

Il y a une série télévisée que j’apprécie particulièrement.
Il s’agit de Nicolas Le Floch où l’on parle un TRÈS beau et bon français.
Je suis sidéré d’entendre des personnes qui ont pourtant fait des études me dire qu’elle n’aiment pas cette série car elle ne comprennent pas ce qui y est dit.
Il est vrai que le français qui y est parlé est à des années lumières de celui parlé dans l’émission “Touche pas à mon poste”.
Je ne parle même pas des fautes commises par certains journalistes.

reuri

Bravo Madame.
“au jour d’aujourd’hui, c’est que du bonheur, le lecteur de Victor Hugo n’a qu’à traverser la rue , un migrant-cannibale a bouffé une vieille gauchiasse vegan, etc…”.

Natou

Merci de défendre notre belle langue .
Pour ma part j’ai remarque aussi que les français font énormément de fautes d’orthographe , de syntaxe pour ma part c’est rédhibitoire !

Peg

Et le “ça va pas le faire” qui me hérisse le poil!!!!

DURADUPIF

Pas peine perdue. Bravo de réagir et notamment sur la double négation. Il n’y pas que la langue française qui fout le camp, hélas !

Parlervrai

Le céfran je sé pas ses koi.

Marie-Thérèse Bouffard

Toutes mes félicitations, Madame, pour votre article dans lequel je retrouve ce que je répète toute la journée en entendant les présentateurs à la télévision,ou même parfois mes enfants. Que n’êtes vous écoutée?

Anne Schubert

Je déteste ce langage, c’est presque un snobisme, actuellement. J’aimerais tant avoir de l’aide. Je me fais huer quand j’en parle. Si encore c’étaient les gens sans culture, mais non, il s’agit de ceux qui sont rémunérés pour parler. Horrible. Merci de votre soutien !

ANDRE

Ma chère Anne Schubert,
Je n’arrête pas de me battre sur le sujet – limité aux ‘Heuros” ! – Voyez par vous-même : http://www.exodoxe.fr/viewtopic.php?f=3&t=1976
Il faut faire un appel au peuple et s’y mettre à plusieurs en commençant par créer l’ “OBSERVATOIRE DU H ASPIRé” Je m’y colle ; qui m’aime me suive !

Gambit

« Des excuses bidon », « des tas de gens », « qui se gondolent » (à Venise ?), « faire du sérieux », « la lettre originale » (au lieu d’originelle), « A Madame » (au lieu de À Madame)…
Un ouvrier travaille à la chaîne, et non à la « chaine », et je refuse d’être opéré par un chirurgien cardiaque ! Si l’on brûle des livres (autodafé), on incendie un bâtiment (le Reichstag) et s’il arrive que l’on dise « ouais » au sommet (de l’Everest ?), on n’y dira jamais « ouai ».
Ou encore : « un plongeur qui refuse d’immerger ses mains dans l’eau » (mouillée ?), « des morts qui se relèvent la nuit »…
Et les onomatopées ne sont pas privées de consonnes, bien au contraire !
Défense du français, dites-vous ?
Grevisse est mort, d’Ormesson est mort, et moi-même, je ne me sens pas très bien…

Calamity jane

Votre ton condescendant nuit à votre discours.

Carole

@Calamity jane : D’accord avec vous. On peut s’interroger sur les motivations de cette personne …

Carole

@Gambit : je comprends et partage l’indignation et le désarroi de Madame Schubert. Par contre, je me pose des questions à votre sujet. Quel est votre but exactement lorsque vous écrivez un tel commentaire ? Je ne vois pas l’intérêt de dénigrer les personnes qui ont de bonnes idées.

Gambit

Bonjour Carole,
Je pense que lorsqu’on se pose en défenseur de la langue française et que l’on fait la leçon aux autres, on se doit d’être irréprochable. Le minimum est de pratiquer une langue soutenue, au moins à l’écrit, ce qui est loin d’être le cas dans cet article. Par ailleurs, les problèmes de liaisons à l’oral, fautives ou absentes, ne sont pas l’essentiel. Le plus important, ce sont les impropriétés, les fautes d’orthographe et/ou de syntaxe, un vocabulaire qui se réduit, des mots employés à la place d’autres, un relâchement généralisé dans l’expression, même écrite, bref, tout ce que j’ai relevé dans ce texte qui est presque un modèle, dans sa forme, de ce qu’il prétend combattre.
Il en va de la langue comme du bonheur : il faut tâcher, modestement, de donner l’exemple…

Anne Schubert

Gambit : vous avez raison et mon texte n’était pas tout à fait correct, cependant, je ne voulais condamner que le français parlé (oral) et non l’écriture, ce serait un autre thème. J’aimerais ajouter que j’ai très peu de temps pour rédiger mes articles. J’espère contenter tout le monde la prochaine fois :-)

wika

Si vous ou RL créez une association de défense du français, j’adhère tout de suite.
Marre d’entendre les journalistes dire “C’est quoi le sujet de votre livre ?” Au lieu de quel est le sujet…
Ou bien “ça coûte cenzeuros”
Ou encore : “j’ai amené mes affaires” au lieu de j’ai apporté etc. Certes, une langue évolue inévitablement, mais là, cela ne va pas dans le bon sens.
Sans oublier les obscénités que bous sommes obligés d’entendre de la part des “humoristes” qui font rire à bon compte, car ils savent qu’au dessous de la ceinture, ça marche toujours.

Bernard

Je suis d’accord, le ” c’est quoi” des journalistes m’insupporte, ainsi qu’une autre habitude encore plus laide, le “que ya”, au lieu de qu’il y a.
Écoutez bien, on n’entend plus que ça !

Job

Deux fautes qui me hérissent le poil à chaque fois que je les entends prononcées par des journalistes comme des hommes politiques :
– on dit , UNE espèce et non “.un ” espèce , même si le mot qui suit est masculin .
– on dit , UN après midi et non “.une ” après midi ( midi est masculin , on ne dit pas , je séjourne dans LA midi ! ) ; ( d’ailleurs auparavant on disait une après dînée , car à midi c’était le dîner , et non pas cette appellation ridicule de déjeuner copiée chez les anglosaxons , comme si nous sortions tous de notre lit à 11h00 pour aller rompre le jeûne de la nuit à midi ; et le “.souper ” , dernier repas du soir , il n’existe plus ? )

ANDRE

Je ne suis pas d’accord avec vous pour “après-midi” qui, invariable, est masculin ou féminin. Personnellement j’utilise l’un ou l’autre indistinctement.

Enée

En effet, les deux formules sont autorisées.

ceutron

Bizarre idée d’ecrire à ”’l’Académie française ” lorsque l’on sait que le médiocre GIscard est devenu académicien c’est tout dire !

ANDRE

Médiocre Giscard ? Nous avons connu mieux depuis… Quant à se référer à l’Académie en cas de doute, je ne m’en prive guère et d’autres seraient bien inspirés d’en faire autant.

Hellène

Entendu dans tous les films et les séries en VF : combien de femmes disent : “je me suis permise de…”, ou “je me suis faite” + infinitif?
A côté de cela, elles diront : “on m’a pris,” “on m’a compris”…ou un nom féminin suivi par “dans lequel”…(cette dernière faute est notamment commise par MLP dans tous ses entretiens…

Anne Lauwaert

Pire encore: j’adorais le français magnifique de nos classiques… aujourd’hui quand je les relis je suis déçue car ce style est lourd, pompier… tout à fait dépassé par le style “rapide/directe” anglo-saxon… c’est une catastrophe!

Anne Schubert

Merci, Anne, de votre soutien

Anne Lauwaert

oei oei! si c’est de l’Etat que vous attendez quelque chose…

Mia Vossen

Comme disait Condillac: “La grammaire est la première étape de l’art de penser”. Prof de français, je constate que mes élèves ne pensent pas… qu’on les empêche même de penser en leur donnant des cours sans queue ni tête, sans intérêt, sans utilité…

Anne Schubert

Mia, si vous êtes professeur de français, que dites-vous à vos élèves ? Parlez-vous de la “liaison obligatoire” ? Du mot “sur” qui est excessivement utilisé ? Cela m’intéresserait! Merci….

Fit

Cette déliquescence voulue de l’enseignement de la langue française fait partie du plan d’abêtissement du peuple au même titre que les émissions de télé réalité débiles comme la plupart des programmes d’ailleurs, la consommation à outrance de produits «high tech» superflus, les jeux vidéos etc, etc… Et c’est incroyable ce que ça peut être efficace!

Peg

C’est exactement ça. La grammaire oblige et apprend à réfléchir, or les gens qui réfléchissent sont plus difficiles à manipuler que les abrutis. C’est pourquoi elle n’est plus enseignée. Elle est aussi la base pour apprendre une langue étrangère qui pourrait permettre de s’informer ailleurs…

Fit

Si il n’y avait que les quelques fautes que vous mentionnez dans votre texte, ce ne serait pas bien grave, je vous invite à lire quelques copies rendues lors des épreuves du baccalauréat, vous vous apercevez que la situation est bien plus catastrophique que ce que vous pensez et qu’elle concerne une majorité de nos bacheliers, certains textes sont carrément incompréhensibles, utilisant des mots qui n’existent même pas dans le dictionnaire et une syntaxe à faire pâlir de jalousie le plus décérébré des rappeurs. Le bac est devenu un cadeau Bonux et il est évident que l’apport «culturel» exotique que nous subissons depuis des décennies n’est pas là pour améliorer la situation.

Fit

«vous vous apercevrez»

Anne Schubert

J’ai été appelée à relire des travaux d’étudiants, l’un d’eux était tellement catastrophique que j’ai proposé un zéro. La relecture a été confiée à un autre qui a donné une note moyenne. A ne rien comprendre

Clopinettes

Je m’étonne que personne n’ait dénoncé les fautes d’accord… c’est une horreur… tout le monde en fait.

Joël

Quand vous voyez que le langage des cités a “vérolé” la plupart des pages du dictionnaire élaboré par l’Académie Française, il ne faut pas s’étonner.

Anne Schubert

J’aurais tant aimé pouvoir accuser nos envahisseurs de ce cataclysme, malheureusement, l’habitude est plus ancienne (je viens de visionner plusieurs films de Chabrol…). Et traduit même une sorte de snobisme.

a.hourquetted'are

Voilà, Anne Schubert un lien :Association Défense de la langue française 222 avenue de Versailles 75016 Paris

Anne Schubert

Merci. Pensez-vous que j’aurai une réponse plus positive que celle de l’Académie française ?

Pyrrhon

Très bien Madame, mais il fallait aller plus loin pour atteindre la perfection par l’exemple.
Vous écrivez : [J’ai étudié la grammaire, on en fait quoi,]
Grevisse préconiserait [J’ai étudié la grammaire, qu’en fait-on ?]

Anne Lauwaert

OUIIIIIIIIIIII nous en sommes là! nous ne sommes plus capables, nous non plus ! nous baraguinons une espèce d’argot. Pire : vu que maintenant nous parlons tous différentes langues, nous confondons/mélangeons tout. Exemple les mots semblables qui en Italien ont des doubles consonnes mais pas en Français…

Marre

Félicitations Madame Schubert .

Anne Lauwaert

4 vous oubliez les expressions à la mode… comme je ne vis pas dans un pays francophone, de temps en temps quand je me retrouve dans une ambiance francophone on me dit des choses que je ne comprends pas. Un jour un copain m’a dit que « cela n’était pas assez « médiatisé »… ??? faisons un article avec ces bizarreries ce sera fort drôle !

Anne Lauwaert

3 un gag : « en plein dans le mille » et « faire le plein d’essence » – le monde italophone a inventé l’expression « faire l’en plein » ! Questa manifestazione ha fatto l’en plein… Roger Federer ha fatto l’en plein… avec l’accent ça devient « lam plaign » Outrée j’ai écrit à tout le monde, même à l’Académie qui m’a répondu que « faire l’en plein » n’existe pas. J’ai envoyé copie à tous les faiseurs d’en plein et ils m’ont répondu que ce mauvais français est devenu du bon italien puisqu’il figure dans les dictionnaires !!! Awel madam si après ça moi je vous parle en bruxellois qu’est ce que vous voulez encore dire ?

Anne Lauwaert

2 une cause de mauvais français : les articles et les lettres dans les journaux ne peuvent pas dépasser un certain nombre de lettres ; on écrit un texte correct et puis on élague jusqu’à ce qu’on ait réduit à la quantité de lettres autorisées mais souvent le style est devenu télégraphique… Merci à RL de nous donner l’espace qu’on désire.

Pitou

Entièrement d’accord, on ne peut développer une idée ou un point de vue, même de manière succinte, avec si peu de caractères, c’est vraiment agaçant!

Anne Lauwaert

1 ben non, vous n’êtes pas seule – si vous me lisez vous aurez noté les horreurs de français que j’écris par dérision… « nous on est »… etc… ouais Mame…c’est comme ça, ça fait plus djeune. Vous avez entendu comment parlent les djeunes ? ben faut faire com’eux – tiens le rap : vous y comprenez 1 mot ? même les vrais mots sont prononcés avec un accent tel qu’on ne le comprend pas. Années 60, quand j’étais au Lycée de Forest, nous avions un « Comment on prononce le Français » entre autres on écrit Paul et on prononce Pol et Paule au fem. Restaurant = « restorant » et pas « restoorant » etc… Nous aimions ça… il y a encore beaucoup de gens qui aiment ça, en tous cas assez pour les réunir en club

zoé

J’écoute parfois (pour me détendre) à la télé des histoires entre voisins (dont je ne me souviens plus du titre) et bien vous remarquerez que le vocabulaire utilisé est restreint. Ce sont toujours les mêmes mots,
J’avais fait la remarque au prof de français de mon fils (un gauchiste pur et dur) sur le fait que seuls les exercices et ensuite la dictée pouvaient permettre à l’enfant de faire des progrès en orthographe – car mine de rien, l’orthographe est une gymnastique du cerveau – et bien il m’a répondu : quand un enfant est mauvais en français, il le reste. Je vous assure que si je n’avais pas fait de dictées pratiquement journellement, je n’aurais pas cet orthographe que j’ai la chance de posséder. Mais c’était dans les années 50/70. La méthode globale a été catastrophique.

Gambit

« Je ne sais pas » n’est pas une double négation, c’est une forme négative simplement correcte.
De même, « je sais pas » n’est pas une simple négation, c’est une forme grammaticalement fautive, c’est un solécisme.
L’emploi d’une double négation, qu’il soit volontaire ou accidentel, donne à une phrase un sens positif, de même qu’en algèbre le produit de deux termes négatifs donne un résultat positif.
Ainsi, « vous ne faites pas aucune faute » est une double négation qui signifie qu’il vous arrive de faire des fautes… Ou encore, « il n’y a pas rien à faire », qui signifie qu’il y a (encore) quelque chose à faire !
Mais quand on constate, hélas ici-même, l’incurie orthographique de tel prétendu professeur de français, on conserve peu d’espoir quant à l’avenir de notre langue…

Christine L

Je partage votre écoeurement… Une commissaire-priseur évaluait un objet à cent “zeuros” à la T.V il y a quelques jours et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Hélas, nous ne sommes plus qu’une minorité à nous offusquer d’un tel saccage de la langue française. Je m’évertue à apprendre à ma petite-fille de 11 ans (entrée en 6ème cette année) la différence entre un possessif et un démonstratif, c’est dire le niveau de médiocrité de l’enseignement primaire car, de mon temps, ces notions étaient acquises dès le CM1. Aucune règle de grammaire ni d’orthographe n’a jamais été apprise par coeur. Je suis effarée de voir le niveau de cette enfant, pourtant intelligente, au sortir du primaire. Et ils sont légion à avoir ce niveau désastreux. Triste époque, sombre avenir…

Jobig

La situation de la langue française, tant sur le plan de la grammaire, de l’orthographe, de la syntaxe, du vocabulaire et de la prononciation est catastrophique.
Vous faites bien de souligner le fait que les journalistes officiels ne savent plus prononcer le français. Ils sont choisis davantage pour leur docilité et leurs penchants idéologiques que pour leurs capacités à s’exprimer correctement. Le pire est à entendre sur France info, radio d’état par excellence, où les journaleux aux ordres ont une prononciation déplorable et ne font plus la différence entre le A long, le A bref, le O ouvert, le O fermé et confondent le conditionnel avec le futur.

Enée

Très Bien VU…

Allonzimollo

Sincères condoléances… :-((

Enée

Et l’accord des nombres au pluriel ?…deux cents euros, quatre vingts ans? Bien souvent la liaison n’est jamais faite et est remplacée par une hésitation embarrassée… C’est trop drôle! Ou carrément, ils osent dire deux-cent-t-ans, ou deux-cent-t-euros… C’est nul, archi-nul !, et comme vous le dites: ils sont grassement payés… Bref, ils nous font honte.

grougnach

J’ai remarqué aussi cette “hésitation embarrassée” (merci pour la formule) dans le doublage des films: Par exemple : il vient à moi devient ” ilvien amoi” etc !!

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