Delphine Batho : 40 ans, n’a jamais fini ses études, n’a jamais bossé…

Publié le 4 juillet 2013 - par - 24 035 vues
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La ministre de l’Environnement aura-t-elle son heure de gloire, dans la conférence de presse qu’elle a promise, lors de la passation des pouvoirs, pour ce jeudi, à 15 h 30 ? Elle a annoncé qu’elle expliquerait les dessous de son éviction. Bigre, va-t-elle nous balancer des scuds sur le gouvernement auquel elle a appartenu pendant plus d’une année ? Va-t-elle nous donner le nom du deuxième ministre (un gros, paraît-il) du gouvernement Hollande qui aurait un compte secret en Suisse ? Ou bien, à l’instar d’un Cahuzac, va-t-elle ne rien dire, pour préserver l’avenir ?

En attendant les révélations promises par Delphine Batho, il n’est pas inutile de se pencher sur la carrière de celle qui incarne, par son parcours, toute une classe politique dont la plupart des représentants ont une particularité : ils n’ont jamais vraiment travaillé, et n’ont fait dans leur vie que de la politique.

DelphineBathoDelphine Batho vient d’avoir 40 ans. Dès 1986, à l’âge de 13 ans ( !), elle s’engage contre la réforme Devaquet, ignorant sans doute que toute cette agitation est manipulée par le Parti socialiste, et notamment ses anciens trotskistes Jean-Christophe Cambadélis et Julien Dray. Le porte-parole de la coordination étudiante, David Assouline, lui-même trotskiste à l’époque, est aujourd’hui devenu un sénateur socialiste bien propre sur lui, qui milite pour le droit de vote des étrangers.

Mais revenons donc à notre ministre déchue. Elle passe son bac au très prolétarien Lycée Henri IV, à Paris, où elle côtoie Mazarine Pingeot. En 1988, à l’âge de 15 ans, elle adhère à Sos Racisme et à la Fidl (Fédération Indépendante des Lycéens), deux structures montées par Julien Dray pour politiser la jeunesse, et y relayer les thèses de la Gauche socialiste, à l’époque aile gauche du PS que Dray anime avec Jean-Luc Mélenchon et Marie-Noëlle Lienemann. Rappelons qu’en 1989, Sos Racisme, alors présidé par un autre proche de Julien Dray, Harlem Desir, qualifiera de raciste quiconque osera s’opposer au voile islamique à l’école. N’oublions pas que cette association, tournant le dos aux principes républicains d’assimilation, militera ouvertement, au nom du droit à la différence, pour le communautarisme, avec les résultats qu’on constate dans la société française, aujourd’hui.

En 1990, Julien Dray, en service commandé pour Mitterrand, lance ses jeunes dans des agitations étudiantes qui dureront deux mois. L’objectif, totalement politicien, est d’affaiblir Rocard, alors premier ministre. Mais c’est alors Jospin qui est ministre de l’Education nationale, et qui prend de plein fouet cette agitation. Il vouera, par la suite, une haine pathologique à Dray. Mais c’est à cette occasion que « Juju » remarque les qualités militantes de la jeune Delphine, qui était en pointe, à 17 ans, dans ce combat où on attribuera 4,5 millions de francs à l’Education nationale pour rénover les lycées (autre version des cages d’escalier à repeindre).

En 1992, à 19 ans, elle entame des études d’histoire, à Jussieu, qu’elle ne terminera jamais. Elle a bien plus passionnant à faire. En septembre 1992, elle devient en effet vice-présidente de Sos Racisme. Avec les subventions que touche cette association, c’est donc un poste de permanent politique qui lui est déjà proposé. Elle entre au Parti socialiste à l’âge de 21 ans, et y fera toute sa carrière dans l’ombre de son mentor, Julien Dray.

Elle quittera la vice-présidence de Sos Racisme pour devenir l’attachée du responsable de la Gauche socialiste à la Région Ile-de-France, où Juju, vice-président, fait profiter nombre de ses amis des largesses des budgets qui lui sont octroyés. Elle se spécialise alors dans les questions de sécurité, au Parti socialiste… tout en militant inlassablement pour davantage d’immigration. Cherchez l’erreur !

En 2003, la Gauche socialiste éclate. Dray, qui est devenu ami avec le couple Hollande-Royal, en a marre des luttes gauchistes minoritaires au sein du PS, et montre d’autres ambitions. Il rejoint donc le courant majoritaire, et se range derrière Hollande. Jean-Luc Mélenchon, son complice de toujours, rompt alors avec lui, et rejoint un temps Henri Emmanuelli, pour créer un rassemblement de gauche qui ne durera pas longtemps, vu le côté caractériel de ses deux chef, « Nouveau Monde ».

Mélenchon embarquera donc dans de nouvelles aventures sa garde prétorienne, Alexis Corbières, François Delapierre, Pascale Le Néouannic, René Revol et tous ses fidèles, qui l’accompagneront dans la campagne du non, en 2005, puis dans l’aventure de Parti de Gauche.

Bien sûr, Delphine Batho, toujours fidèle à Dray, vote pour le oui au TCE en 2005. Elle devient alors, au PS, secrétaire nationale chargée de la sécurité. En 2007, elle rejoint Ségolène Royal, et la convainc d’un nouveau slogan : l’ordre juste. Il est vrai qu’il parait difficile de militer pour un ordre injuste ! En 2007, Ségolène Royal lui abandonne sa circonscription, pour cause de cumul des mandats. Batho est donc élue député, à l’âge de 34 ans. Elle devient vice-présidente à l’assemblée nationale, et est réélue en 2012. C’est à ce moment là qu’elle rejoint le gouvernement Hollande. Dans un premier temps, elle doit travailler avec Christiane Taubira, mais le caractère des deux femmes rend toute cohabitation impossible, et Ayrault la colle à l’écologie, ministère qui lui sera fatal.

Elle sera également au cœur d’une polémique, sur les logements sociaux de la mairie de Paris. Des grincheux s’étonneront que, depuis 2001, elle soit logée dans 108 mètres carrés par la Ville de Paris, au loyer dérisoire, vu les cours de l’immobilier dans la capitale, de 1524 euros par mois, pour un salaire mensuel déclaré de 5.275 euros. Beaucoup de Français, après avoir acquitté leur loyer, aimeraient qu’il leur reste 3.800 euros pour continuer le mois.

On apprendra enfin que Delphine Batho était, selon ses déclarations, 37e fortune du gouvernement, du gouvernement, affichant un patrimoine de 109.785 euros. Elle n’aurait pas de voiture, et des biens mobiliers, non précisés, de 93.700 euros. On s’étonne d’un montant aussi faible, au vu des revenus qui sont les siens depuis qu’elle vit de la politique, c’est-à-dire depuis toujours.

Ajoutons, pour donner un côté plus sympathique de cette militante, qu’elle est toujours restée fidèle à celui à qui elle doit tout, Julien Dray, alors que d’autres, qui lui doivent leur carrière, comme Harlem Desir et la sénatrice Laurence Rossignol, lui ont tourné le dos dès qu’il a été au cœur de certaines tourmentes judiciaires. Que dire de Malek Boutih, qui l’a carrément remplacé dans sa circonscription de l’Essonne, appliquant sur le terrain une vieille revendication de Juju : davantage de diversité chez les élus socialistes…

Voilà donc le portrait d’une femme de 40 ans, qui n’a jamais fini ses études, et qui, de la Fidl à Sos Racisme, en passant par le conseil général, l’Assemblée nationale et le gouvernement, n’a jamais fait autre chose, dans sa vie, que de la politique, ignorant ce qu’est une entreprise, le monde du travail, le salariat, la précarité et surtout la réalité de la France et de son peuple.

Des Delphine Batho, il y en a des milliers au Parti socialiste, moins en vue, planqués dans les mairies, les conseils généraux, les conseils régionaux, le parlement européen, et les comités Théodule qui servent à faire manger les copains. Ils ne feront que de la politique toute leur vie, et nous expliqueront, comme Batho, que l’immigration est une chance pour la France, l’islam une religion d’amour et de paix, qu’il n’y a pas de problème de sécurité en France, c’est seulement un sentiment, et que l’Union européenne est notre seul chance.

Et c’est nous qui les payons, alors qu’ils coulent la France !

Martine Chapouton

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