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Démocratie 2: la majorité positive

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On le sait la démocratie repose sur les élections, élections qui ont lieu à des intervalles réguliers. La France a opté en 2000 pour le quinquennat alignant la durée du mandat présidentiel sur celui du législatif.

Lors de ces élections il s’agit en deux tours de convaincre plus de 50% des électeurs de voter pour vous. Disons le tout de suite, l’exercice est impossible à remplir sans artifice. Car la majorité positive, c’est à dire celle favorable à un projet, n’existe pas.

A titre personnel, j’ai été membre d’un cercle qui organise des conférences dans une agglomération comptant environ trois cent mille habitants. Nous n’avons jamais eu un public de cent cinquante mille individus; heureusement car nous aurions été dans une sacrée mouise dans une salle prévue pour mille personnes. Même en rendant l’activité gratuite, nous n’aurions pas atteint ce nombre. Pour atteindre cette majorité, je ne vois guère que la distribution gratuite de billets ou de lingots d’or mais ce n’est pas une activité fréquente.

Il en va de même pour Riposte Laïque qui ne récolte pas trente millions de connexions par jour mais deux cents mille. C’est déjà très bien, cela illustre que la travail que nous effectuons a une influence certaine.

C’est pareil pour tout, si on fait le total de ceux qui sont opposés à l’activité plus ceux que cela indiffère, il est plus élevé que ceux qui y sont favorables.

Dans la vie quotidienne, cela n’est pas très important. Vous ouvrez un magasin, vous avez mille clients, vous êtes satisfaits cela vous permet de vivre. Vous vous doutiez bien que toute la ville n’allait pas venir acheter chez vous. Et si un artiste vend vingt millions un de ses disques, c’est considéré comme un triomphe, one ne parle pas des sept milliards qui ne l’ont pas acheté. De même pour une émission télé, si vous avez votre million de téléspectateurs, estimez vous heureux.

Mais en démocratie avoir 10% de part de marché, cela ne paye pas, c’est un échec. Il n’y aura qu’un élu au final. On le voit le projet est bancal. Déjà on élimine les non-inscrits. Ensuite les abstentionnistes. Puis les votes blancs et nuls. Le vainqueur récoltera un peu plus de 20% au premier tour ce qui correspond à peu près à 15% des inscrits. Et il récupèrera 50 et quelques % au deuxième tour. Et on écrira les français ont élu untel. Alors que l’on sait qu’il ne représente que 15% des électeurs s’étant exprimés au premier tour.

La majorité positive n’existe pas c’est une sacrée épine dans le principe de l’élection. Une épine qui semble éternelle. Un épine dont on ne parle jamais dans les média. Les média préfèrent dire que les français se sont exprimés plutôt que de parler de 30% du corps électoral qui a voté au deuxième tour pour le président.

Mais sans ce discours erroné, le système électoral pourrait il perdurer?

Platon du Vercors