Déni collectif face à l’islam

Publié le 1 février 2015 - par
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Lahore-down-with-CHLes auteurs parlent de plus en plus de l’islam « radical » et de l’urgence de la société française à ouvrir les yeux sur ce phénomène. C’est heureux. Cependant, les mécanismes profonds sous-jacents à un tel déni de réalité sont moins fréquemment analysés. Pourtant ce sujet revêt une importance capitale car le problème,  ne vient pas de l’extérieur, il vient bien de notre refus de voir et par conséquent de lutter contre cette doctrine sectaire qu’est -sous sa forme actuelle- l’islam. Même parmi les plus fervents détracteurs de l’extrémisme,  il est de bon ton de souligner une différence « admise »  entre islam et islamisme. Pour se rassurer, se dire qu’ on lutte contre cette idéologie dévastatrice, tout en se persuadant que nous pouvons avoir bonne conscience, que ce dogme politico-religieux, en contravention complète avec le principe de séparation des pouvoirs –garant de la démocratie- est contrôlable, encadrable. De quoi ce refus de voir découle-t-il ? Tout d’abord d’une méconnaissance profonde de la culture islamique. J’ajouterai que cette ignorance est empreinte d’ethnocentrisme. Nous faisons une projection collective du christianisme sur l’islam : nous sommes convaincus que puisque nous avons réussi à éradiquer pratiquement la foi catholique sur notre sol, nous pouvons faire de même avec n’importe quel dogme. Au risque de vous décevoir, le christianisme a ceci de particulier que son messager a clairement affirmé : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César ». C’est ainsi que naquit la notion de laïcité.  Or, si celle-ci est contenue en germe dans le christianisme, la conquête politique est, elle clairement contenue dans les fondements de l’islam car Mahomet était  à la fois chef de guerre, chef religieux et chef d’état. Voici donc les trois ingrédients essentiels du cocktail de la tyrannie. Et à moins d’un aggiornamento des textes religieux (coran et hadiths) –comme l’a fait la communauté juive de France sous Napoléon Ier – l’islam ne peut et ne saurait être compatible avec les lois de la république française. Mais il conviendrait de développer ultérieurement ce sujet. D’autre part, nous sommes héritiers de Descartes et des Lumières ; et comme Descartes, nous « savons » que la raison prime sur la croyance, que démontrer suffit à convaincre. Or il n’en est rien. Notre civilisation est une exception dans l’histoire de l’humanité ; rares sont les peuples qui ont su dépasser leurs croyances pour garantir la laïcité politique. Même les civilisations grecque et romaine dont nous sommes les dépositaires associaient pouvoir politique et religion. C’est dans la nature de l’homme de chercher dans la métaphysique le sens de son existence et l’orientation de ses actions. La laïcité à la française a été gagnée de haute lutte et il est impératif de toujours s’en souvenir, car il est bien connu que le naturel revient toujours au galop. Un autre élément important : le défaut de perspective historique. Nous n’apprenons plus l’histoire à l’école, si ce n’est comme UNE histoire, un conte pour ados, avec un peu de sang mais sans enjeu, comme quelque chose d’extérieur à nous, de romanesque, quasi-fictif, en évitant soigneusement d’ouvrir les pages polémiques de notre histoire.  Qui se souvient aujourd’hui que Charles Martel a chassé les Sarrazins de Poitiers en 732? Qui sait que durant les onze siècles qui suivirent (jusqu’en 1800), les musulmans ont continué à effectuer des razzias sur nos terres et mers, violant au passage femmes et enfants ?  Aujourd’hui beaucoup ignorent que notre voisine et alliée, l’Espagne a été sous domination islamique pendant plus de 7 siècles, et que cette conquête s’est faite par l’épée et la terreur. Il a fallu le concours de l’Europe entière pour récupérer péniblement cette terre, après plusieurs siècles de batailles. Et précisons que c’est unique dans l’histoire de l’Islam. Avant et après l’Espagne, aucun pays passé sous le joug islamique n’a jamais pu s’affranchir de cette idéologie! J’espère que vous en mesurez toute la portée. Certains rétorqueront que nous avons toujours été en guerre contre l’un ou l’autre. Guerre de conquête oui, guerre civilisationnelle, non. Dernier élément et pas des moindres : l’Islam a déjà commencé à répandre son venin dans nos consciences.  En effet : On ne cesse de nous resservir la soupe bien froide de la loi de 1905 sur la laïcité, afin de justifier l’interdiction des crèches dans les écoles, et autres expressions de notre appartenance à une culture millénaire. Or quel est l’esprit de la loi ici ? A l’origine, l’intention du législateur était de séparer le spirituel du temporel, en autorisant le blasphème,  certainement pas de détruire les traditions. Pour preuve, au cours du siècle qui suivit, aucun juge n’a jamais été saisi pour des affaires de coutume. Or, en France, le juge est tenu de rendre justice en s’inspirant de l’esprit de la loi. Le blasphème lui, est clairement autorisé depuis l’entrée en vigueur de cette fameuse loi. Pourtant, aujourd’hui nous assistons à une recriminalisation progressive du blasphème de manière détournée. Puisqu’il ne peut invoquer le délit de blasphème directement, le juge requalifie les faits.  C’est ainsi que l’on arrive à des aberrations telle que la condamnation d’individus pour incitation à la haine raciale, alors qu’ils ne faisaient qu’utiliser leur droit de blasphème à l’encontre de l’islam. C’est ce que Orwell appelait le novlangue : l’utilisation d’un concept pour signifier autre chose. A titre d’exemple, Pascal Hilout né musulman et d’origine maghrébine a été condamné pour incitation à la haine raciale vis-à-vis de sa propre ethnie… Outre l’absurdité de la situation, cela dénote un manque de discernement évident de la part des juges, l’incapacité à distinguer entre une religion et une appartenance ethnique. Et plus grave encore, cette position érigeant l’islam au rang de race est le résultat de comportements collectifs via les associations anti-racistes et autres MRAP visant à culpabiliser les non-musulmans vis-à-vis des musulmans. Et cela est tellement intégré dans nos mœurs que les juges refusent de traiter l’islam au même niveau que les autres religions. Aujourd’hui le non-musulman est bien un dhimmi puisqu’il n’a pas le droit de critiquer l’islam, alors que tout individu peut critiquer les autres religions, et en priorité bien sûr le christianisme. Aujourd’hui, le délit de blasphème renaît progressivement de ses cendres sous des airs de délit de racisme… au profit de l’islam politique… Pendant que nous dormions, l’islam a commencé son travail de « conquête » . Lise Delisle

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