Depuis quarante ans, nous subissons une morale d’illuminés masochistes

Publié le 29 novembre 2013 - par - 2 378 vues
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Depuis quarante ans peut être, les braves gens ploient sous un moralisme apparemment inextricable et invincible. En tous temps et en tous lieux. Voyez. Ils sont vitupérés au quotidien comme fascistes, nazis, réacs et ainsi de suite. Cela c’est l’usage, la coutume : rien d’insolite. Certains pensent alors trouver un peu de réconfort et de bienveillance au sein de l’Eglise, de l’Eglise conciliaire je veux dire : que nenni ! Ils y sont vilipendés de plus belle en tant que fascistes, nazis, réacs et ainsi de suite. Essayons de comprendre ceci.

Si les « chrétiens de gauche » acquièrent en quelques années, de 1955 à 1975 grosso modo, une aura prodigieuse aux yeux d’un certain public, c’est parce qu’ils ont « volé » un héritage d’une valeur et d’une force sans égales  – rien moins que la morale chrétienne – et l’ont adapté et « instrumentalisé » au service de certaines formes émergentes du capitalisme.

C’est une histoire stupéfiante que celle de ces quelques centaines de professeurs et de syndicalistes qui vont faire parler Dieu selon leur propre éthos, selon leur propre vision du monde et qui avec un aplomb invraisemblable vont imposer par infiltration et entrisme, une nouvelle morale à des flopées d’autres petits intellectuels prosélytes, inventant ainsi la fausse gauche et rompant avec toute politique sérieuse et fondée en raison.

Voici des « petits bourgeois intellectuels » qui « inventent » un moralisme qui va à l’encontre de toute tradition politique rationaliste et qui diffusent ces énormités avec une audace, un cran qui font a posteriori froid dans le dos.

Aujourd’hui, il est vrai, nous vivons à temps plein à l’intérieur de la déraison et de l’injustice inventées par leurs soins, nous savons que nous sommes dirigés par de simples mécaniques acéphales. Les jeux sont faits.

Mais la généalogie de cette situation est saisissante. C’est au beau milieu de la France vivante et populaire que l’on voit travailler d’une manière implacable ces féroces producteurs d’idéologies. L’assurance de ces ennemis de toute intelligence politique est monolithique et sans question : il y a quelque chose de l’ordre de l’illuminisme chez eux. Un aplomb délirant suinte de leurs énoncés moralisateurs. Et l’intelligence n’apparaît nulle part : car il ne s’agit pas de chercher la nuance, le vrai, le juste : il s’agit de produire et d’asséner un discours consensuel  ahurissant auquel personne ne pourra répliquer.

C’est d’abord à travers la thématique de l’anti-colonialisme que s’est constituée cette néo-morale. Accorder leur indépendance à des colonies n’a rien de choquant ou d’immoral. Mais c’est l’ensemble des sous-entendus plus ou moins discrètement marmonnés contre « les blancs » qui pose un singulier problème : ils initient, assez consciemment sans doute de la part de ces petits pervers, des malheurs sans nom pour le peuple européen.

Il y a une stylistique du consensus outrecuidant. La formation de discours consensuels à prétention morale par de petits groupes d’infatués et d’exaltés est un genre littéraire peu étudié, mais qui mériterait pourtant toute notre attention car les produits de cette stylisation singulière délimitent et déterminent désormais entièrement ce que devient notre « vie ». Il est superflu de recopier ici les cris de guerre qui terrorisent et entravent  les européens depuis des décennies.

On verra s’inventer peu à peu une mentalité contournée : une sorte de masochisme parcimonieux, mais cultivé et revendiqué qui sera au fondement de l’hypocrisie à son stade industriel telle que nous la connaissons.

Quelques années plus tard, ce ne sont pas les « chrétiens de gauche », professeurs et syndicalistes installés, qui seront victimes du néo-primitivisme. Eux, ils seront à leur affaire, entre dolorisme chic et humanitarisme retors, leurs personnages chimériques se résolvant entièrement en frissons masochistes et haine hallucinée des gens de race blanche.

Personnages chimériques, parce que le plus drôle (il faut toujours garder le plus drôle pour la fin), le plus drôle, le voici : dans toute cette histoire, ils n’auront été que des mécaniques mentales téléguidées par le capitalisme le plus âpre, maître souverain des mouvements de population et de la destruction des races et des intelligences.

 Jacques-Yves Rossignol

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