Depuis trente ans, les musulmans livrent à la France une guerre des mots… et nos élites ignorantes plongent !

Nos « élites » autoproclamées, toutes catégories et tendances à l’unisson, sont formelles : seul le projet d’islam DE France est en mesure de mettre un terme aux « difficultés » multiples nées de la présence de plusieurs millions de Musulmans sur notre sol, des revendications identitaires de tous, des comportements de beaucoup, antinomiques de nos mœurs et coutumes, souvent à la marge de la loi républicaine.
Ce projet tourne autour de quatre ou cinq mots portemanteaux auxquels sont accrochées d’une part des affirmations sans preuves, d’autre part des mises en demeure d’avoir à approuver, car, n’est-ce pas ?, quiconque manifeste doute, désaccord ou opposition ne peut être que « raciste », « islamophobe », etc. :
Religion : « L’islam est la deuxième religion de France. »
Laïcité : « L’islam DE France respectera la laïcité. »
Culte : « Les Musulmans ont droit à disposer de lieux de culte (variante : de prière) en nombre suffisant. Nous devons faire en sorte que de nouvelles mosquées soient construites au plus tôt. »
Imam : « Il nous faut former des imams en France pour éviter que se répande un islam venu de l’étranger et contraire à nos valeurs. »
Or, mille regrets, messieurs et dames des « élites », les mots que vous utilisez sont dénués de sens en islam ou ils ont des sens bien éloignés de ceux que vous leur attribuez. Ce qui veut dire que, le problème étant mal posé, il ne peut déboucher sur la solution escomptée. Les matériaux de construction de votre islam DE France sont soit inadaptés à vos plans, soit friables, déjà pourris. Votre construction est condamnée à s’effondrer au premier souffle de vent mauvais. Veuille seulement le Ciel que son écroulement ne cause pas de trop de victimes !
Un peu d’histoire et de linguistique
Parler de l’islam en français ou dans n’importe quelle autre langue européenne, c’est toujours faire un travail de traduction, conscient ou inconscient, un travail qui peut être pertinent, erroné ou fallacieux.
L’islam est né au début du septième siècle de notre ère, au Hedjaz, une région de la Péninsule arabique, dont le tissu social, complexe au demeurant, était très différent de la civilisation gréco-latino-chrétienne qui lui était contemporaine. Il s’est développé et a traversé les siècles dans une fidélité sans pareille à ses paradigmes de naissance alors que nous n’avons cessé depuis toujours de mettre en question les nôtres et de les faire évoluer, les dernières de ces évolutions étant la Réforme, les Lumières, la laïcité… Dans toutes ses variétés, l’islam est fondamentaliste, d’un fondamentalisme strict, non pas d’inspiration, comme celui d’un certain christianisme, mais d’imitation, et d’imitation à l’identique. Du IXe siècle jusqu’au choc avec l’Europe il y a deux cents ans, toute école de pensée de quelque importance, tout mouvement populaire, tout changement de dynastie, d’un bout à l’autre de la Maison de l’islam, a pris pour objectif le retour à l’islam des origines, considéré comme plus pur, c’est-à-dire plus contraignant… Quand nous n’avions de cesse que de « changer pour le mieux », quand nous n’avions à cœur que « le progrès », l’islam condamnait l’innovation (bid‘a) comme crime-péché majeur.
Un des traits essentiels qui sépare à jamais notre civilisation de l’islam est le suivant : les dynamiques des deux civilisation sont contraires ; la nôtre est évolutive, celle de l’islam est involutive. Et ce n’est pas ce qui s’est passé en terre d’islam depuis cinquante ans, entre la période des nationalismes kémalistes et féministes à la Nasser ou à la Bourguiba et notre temps de « l’islamisme », « modéré » ou non, et du voile généralisé pour les femmes qui démentira ce constat.
Déjà, dès l’origine, la langue marquait bien des écarts entre la vision du monde des Musulmans et celle de nos ancêtres. L’islam s’est forgé dans une langue, l’arabe, qui appartient à un système linguistique, le sémitique, éloigné de notre système indoeuropéen. Des concepts de base arabes, comme ceux qui analysent le temps et la durée, ne sont pas superposables pièce à pièce aux nôtres ; d’autres nous sont étrangers, comme la notion de sunna, centrale dans toutes les variétés d’islam (et pas seulement dans le sunnisme). Ces concepts sont demeurés les mêmes. Dans une civilisation génétiquement fondamentaliste et involutive, la fixité de l’arabe, langue matricielle de l’islam, apparaît stupéfiante aux yeux d’un Européen. La phonologie, le vocabulaire de base, la morphologie et la syntaxe sont restés inchangés depuis les origines. Un lettré arabe des premiers siècles de l’islam, une fois qu’il aurait appris quelques mots, souvent calqués de l’étranger, pour signifier « automobile » ou « démocratie » (dîmûqrâtiyya), pourrait suivre aujourd’hui un cours d’université ou un prêche en mosquée, une émission de radio ou de télévision à Doha ou à Rabat, lire un journal libanais…
Ce bref survol n’épuise pas la liste des différences essentielles, irréductibles, entre les deux civilisations en présence aujourd’hui sur notre sol.
Prudence, d’abord, et des mots justes
C’est dire que lorsqu’un locuteur indoeuropéen de notre temps manie ses mots à lui pour signifier des réalités de l’islam, il devrait faire preuve de beaucoup de « prudentia ». Il lui faudrait comprendre qu’il doit passer par un apprentissage, faire l’inventaire de ses ignorances pour y porter remède, essayer de détecter les risques d’erreur. S’il entre dans le champ de l’action ou ses abords, un politicien, un journaliste, un intellectuel devrait s’entourer au moins de quelques conseils.
Confucius disait : « Pour bien gouverner, rien n’est plus important que d’utiliser des mots justes ».
Mots inexistants, faux-sens et contresens
Religion. J’ai souvent traité le sujet, et ici même. L’islam ne saurait être réduit à une religion au sens où nous entendons ce mot au XXIe siècle, c’est-à-dire une foi du domaine privé de chacun. L’islam est un ensemble insécable identité, religion, droit, morale, mœurs, civilisation, culture… (selon nos mots).
En particulier, nos élites veulent absolument un islam qui soit sans contenu politique : ceux que nous nommons « les islamistes » (un mot de notre invention) instrumentaliseraient la religion à des fins politiques. Mais un islam sans politique ne peut exister… à moins de retirer de l’islam le Coran, parole d’Allah, incréée, éternelle, valable pour tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, à moins de tenir pour rien Mahomet, « le beau modèle », à moins d’abolir les dogmes, les lois, les traditions d’un quart de l’humanité, à moins de métamorphoser une civilisation multiséculaire de la cave aux faîtières…
Laïcité : Le mot existe en arabe… depuis le XIXe siècle. La laïcité est impossible en islam : pour qu’il y ait laïcité, il faudrait qu’il y ait une religion selon nos conceptions, avec distinction entre religieux et profane, reconnaissance d’une sphère privée de l’individu, de la liberté de conscience, de la liberté de religion… Prétendre règlementer l’islam en France uniquement par la loi de 1905 est, au mieux, une illusion, plus vraisemblablement, une escroquerie visant à lui octroyer de nouvelles facilités pour peser encore plus dans notre société.
Culte : « rites et pratiques par lesquels un croyant manifeste la vénération qu’il porte à la divinité ». Dans ce sens, le mot est attesté en français seulement en 1570, au temps de nos guerres de Religion. On chercherait en vain son équivalent arabe dans les traités de droit ou de théologie classiques. Quand ils sont poussés à le traduire, les Musulmans contemporains distinguent les ‘ibâdât (d’une racine qui donne aussi : esclave, d’où les innombrables esclaves d’Allah : ‘Abdallâh, ‘Abd al-Khâliq, ‘Abd al-Karîm…), actes de dévotion, et les mu‘âmalât (d’une racine centrée sur : faire, opérer…), comportements. Mais aucun imâm, muftî, ouléma, recteur… ne se risquera à établir une liste des actes cultuels, à dire où sont les bornes du culte. C’est l’ensemble de la civilisation musulmane, où tout est placé sous le signe du sacré, qui est culte… jusqu’aux horaires de piscines et au port du burkini.
On comprend l’inanité de vouloir permettre aux Musulmans d’exercer leur « culte » dans le respect de la « laïcité ». Autant leur donner licence d’imposer en tout domaine, en tout lieu et en toute circonstance, leur volonté de particularisme, jusqu’à l’islamisation totale et définitive de notre pays.
On voit ainsi le piège dans lequel sont tombés nos ministres de l’Intérieur (chargés des cultes !) en créant le Conseil français du culte musulman. Ils n’ont fait que mettre sur pied une instance de promotion de la Loi musulmane tout entière.
Quant aux expressions « lieux de culte », dits aussi « lieux de prière » pour définir les mosquées… Pourquoi ne pas dire franchement que ce sont des centres de la vie communautaires, pour, tout à la fois, la célébration, le prêche, la propagande, l’enseignement, la formation continue, la mobilisation politique, les affaires contentieuses et juridiques, l’état-civil… ?
Imams et aumôniers
Imam : c’est celui qui conduit la prière, nous dit-on. Et nous traduisons : une sorte de curé ou de diacre. Non, c’est, étymologiquement, « celui qui est devant », d’où le chef de la communauté – une communauté qui s’étendra autant que le rayonnement de son imam, sans limite aucune, jusqu’à tout un peuple parfois dans l’histoire. Et croire qu’un imam va se contenter de parler de spiritualité et de célébrer « le culte » ne saurait être que… un vœu pieux.
Aumônier. Le mot est attesté chez nous dans la Chanson de Roland, à la fin du XIe siècle. Il vient, par le latin, d’un mot du grec d’église signifiant compassion. Oncques il n’y eut d’aumôniers en islam ! Les hommes que nous introduisons dans nos prisons et nos armées se sentent-ils investis d’une mission de compassion de style chrétien ou bouddhique, et uniquement de cela ?
Au fait, comment les Musulmans les désignent-ils en arabe ? Selon des renseignement recueillis aux meilleures sources, ils utilisent le passe-partout et si pratique imâm, ou bien murshid : orienteur, ou dâ‘î : propagandiste, recruteur. Ce dernier vocable mérite quelque attention : il résonne puissamment par sa racine avec un des mots de base du djihad selon la Charia : da‘wa, qui désigne l’appel à la conversion avant l’assaut guerrier (débouchant, pour les vaincus, sur le statut de dhimmî ou encore le massacre des hommes et la réduction en esclavage des femmes et des enfants) ; d’autre part, da‘wa est l’un des thèmes d’action des salafistes, ces «fondamentalistes » intransigeants et activistes, qui l’ont inscrit dans l’intitulé d’un de leurs partis. Etonnons-nous après cela des résultats qu’obtiennent nos « aumôniers » auprès des jeunes délinquants.
« L’islam, cet inconnu »
Notre ignorance des choses de l’islam est immense. Elle est très ancienne. Le grand historien Jacques Heers vient de consacrer un livre, L’islam, cet inconnu (Editions de Paris), à la question ; nos ancêtres n’étaient pas plus savants que nous. Au moins, eux, n’avaient pas à coexister avec plusieurs millions de Croyants sur leur territoire et, quand ils étaient en guerre avec des Sarrasins, il ne leur serait pas venu à l’idée d’inventer, pour réduire leur agressivité, un islam à la franque ou… à la chrétienne.
Aujourd’hui, d’après un universitaire fort sérieux, mais qui tient à rester anonyme (en France, aujourd’hui, dès qu’un prof parle honnêtement de l’islam, il compromet sa carrière), le différentiel entre les Occidentaux « de souche » connaissant une langue « musulmane » et les Musulmans parlant le français ou l’anglais serait de un à… 20 ou 30 000 – et peut-être jusqu’à dix fois plus. Il serait seulement de 1 à 10 que ce serait déjà un gouffre. Et qui, dans l’armée française, qui se bat en Afghanistan en menant une « action psychologique pour la conquête des cœurs » (sic), parle une des deux langues officielles de ce pays, le pashto et le dari, ou l’un des vingt autres langues ou dialectes qu’on y trouve ?
Le roi Hassan II du Maroc avait coutume de dire à ses interlocuteurs français : « Nous savons tout de vous. Vous ne savez rien de nous. »
Les Musulmans, virtuoses de la guerre par les mots
On voit le handicap qui est le nôtre dans la guerre subversive de l’islam contre l’Europe. Les officiers du Komintern de la Umma sont des maîtres en taqiyya. Ils savent, eux, que les mots peuvent être des armes et, connaissant les nôtres à la perfection, ils en jouent et nous bernent avec une facilité… désarmante.
Le schéma tactique qu’ils suivent est le même depuis plus de trente ans :
Ils ne nous cachent pas les objectifs qu’ils visent dans leur guerre de conquête. Mieux : ils nous demandent ouvertement, cyniquement, de les leur offrir. Leur ruse consiste à nous présenter leurs requêtes
– sous des mots qui nous les font paraître anodines : « Donnez-nous des mosquées » (nous traduisons : des sortes d’églises), « des imams » (traduction : en gros, des curés)…
– et à draper leurs revendications dans nos grands principes : liberté, égalité, laïcité, droits de l’homme, liberté du culte, respect des religions, respect des minorités, accueil à l’autre… dont ils savent que, pour de multiples raisons, ils vont tétaniser notre réflexion. Les Musulmans, « dont beaucoup sont français », ne font qu’exiger un droit. Nous ne pourrions dire non sans renier nos valeurs les plus hautes, nous déconsidérer, bafouer la démocratie, insulter la république : nous ferions acte de « racisme », « d’islamophobie », etc. ; nous « stigmatiserions toute une communauté ».
Un véritable ultimatum sous la forme d’un chantage à la diffamation !
Laissez planer là-dessus la menace de violences dans les quartiers et banlieues partiellement ou totalement islamisés. Ajoutez, du côté de nos « élites », une larme de mauvaise conscience « coloniale », une goutte de lâcheté intellectuelle (la fuite devant les problèmes difficiles à résoudre), un soupçon de banale trouille…
Et, hop ! c’est gagné pour nos adversaires : à tout coup, nous cédons à leur assaut. Nous avons encore perdu une bataille sans nous en être rendu compte.
C’est ainsi que, depuis plus de trente ans, les Musulmans qui nous font la guerre réussissent à convaincre nos « élites » de conforter sans cesse leurs positions.
C’est ainsi que, depuis plus de trente ans, nos « élites » s’enferrent dans l’espoir stupide de modérer l’esprit de conquête des Musulmans en cédant à toutes leurs doléances et ne font que les encourager à en présenter toujours de nouvelles.
C’est ainsi que, depuis plus de trente ans, nos « élites » s’acharnent à appliquer la politique d’une immense puissance transnationale expansionniste et guerrière qui considère comme son devoir le plus sacré de nous asservir et de remplacer notre civilisation par la sienne.
Quand Gribouille-roi se fait traître et assassin de son peuple…
René Marchand

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