Dès 1943, les Américains exigeaient que la France abandonne son empire

Publié le 14 janvier 2017 - par - 32 commentaires
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14 au 24 janvier 1943, conférence de Casablanca.

Les Américains avaient débarqué sur les côtes nord-africaines deux mois plus tôt. Ils étaient, enfin, entrés en guerre.

Considéré comme inexistant par Roosevelt, De Gaulle avait été totalement tenu à l’écart de l’opération «Torch» et son avis n’avait même pas été sollicité par les « Alliés ».

Informé par Churchill, une fois l’opération engagée, De Gaulle ne peut s’empêcher de s’écrier : « J’espère que l’Armée française les rejettera à la mer » (en parlant des américains et cela prouve sa très grande amertume).

Cependant il lance de Londres un appel dès le 8 novembre déclarant l’entrée en guerre de l’AFN aux côtés des Alliés.

Le président des États-Unis ne tenait absolument pas à sa présence lors de cette conférence.

Le seul représentant de la France devait être le général Giraud, récemment arrivé à Alger et immédiatement installé comme commandant en chef de l’Armée d’Afrique.

Il n’hésite pas à déclarer à Churchill : « Nous devons nous séparer de De Gaulle, parce qu’il s’est montré déloyal et indigne de la confiance de nos deux gouvernements et parce que ces derniers temps il s’intéresse bien davantage aux intrigues politiques qu’à la poursuite de la guerre. »

Le but officiel de cette conférence était de «préparer la stratégie des alliés pour un débarquement sur les côtes françaises».

Mais la réalité est tout autre.

Si Roosevelt a décidé de lancer l’Amérique dans cette guerre, qui jusqu’alors ne la concernait pas, c’est qu’il a un autre objectif bien précis : mettre la main sur l’Europe, sur toute l’Europe y compris la France.

C’est dans ce but qu’a été créée l’AMGOT (Allied Military Government in Occuped Territories) fin 1942, dont le siège se situe dans l’université de Charlottesville (état de Virginie), et cela moins de trois mois avant la conférence de Casablanca.

Cet organisme est, dans un premier temps, chargé de former des administrateurs destinés à diriger les pays européens dès leur libération et cela jusqu’à l’élection démocratique d’un gouverneur.

L’envahissement de l’Europe est programmé dans cet objectif tenu secret et connu uniquement en Europe par Churchill. Le but de Roosevelt est d’englober dans les États-Unis d’Amérique les États-Unis d’Europe  sur le même modèle

Roosevelt souhaite savoir si d’autres gouvernements européens sont prêts à adhérer à son immense projet, en dehors de l’Angleterre, et à commencer par la France.

Il a envoyé auprès du général Giraud, commandant en chef civil et militaire, Jean Monnet, son représentant français (il sera plus tard l’un des pères fondateurs de l’Union Européenne) afin qu’il négocie la création du Comité français de Libération Nationale.

La présence donc du général Giraud est absolument nécessaire, puisqu’il est considéré sans équivoque comme le seul chef militaire de la France combattante.

Churchill tient absolument à ce que De Gaulle soit présent.

Le problème est que, d’une part, ni Roosevelt, ni Giraud,  ne souhaitent le rencontrer et que, d’autre part, De Gaulle refuse d’être placé hiérarchiquement sous les ordres du général Giraud.

Churchill se voit donc devant l’obligation de menacer De Gaulle de le virer d’Angleterre s’il n’accepte pas cette confrontation.

Contre sa volonté le « général de Londres » est donc présent et les Alliés finissent par obtenir cette fameuse poignée de mains entre les deux généraux qui se détestent et dont la photo fera le tour du monde.

Roosevelt pose immédiatement ses deux conditions principales :

1 – Il faut que les marchés européens s’ouvrent dès leur libération aux produits américains.

2 – Il faut que l’empire colonial français soit décolonisé dans les 30 années à venir.

Le général Giraud quitte immédiatement la réunion en claquant la porte.

De Gaulle reste et accepte… on connaît la suite. Il a souscrit sans le moindre scrupule à ces conditions qui peuvent lui permettre d’atteindre ses buts :

*Acquérir une légitimité qu’il est loin d’avoir,

*Rester le seul interlocuteur français auprès des Alliés et préparer ainsi son destin national : devenir l’unique chef de la France Libre.

Cela a toujours été sa seule ambition et pour l’atteindre il accepte de vendre son âme de patriote et surtout de « vendre » la France.

Je veux bien mettre au crédit de De Gaulle qu’il n’a pas souscrit, après la victoire, à ce que la France devienne une « colonie » de l’Amérique, mais cela prouve que sa soif du pouvoir personnel, à cet instant-là, était sa seule priorité.

Dès son retour à Washington Roosevelt se confie à sa femme, Eleanor, sur ce qu’il pense de De Gaulle : « Le général est un soldat, patriote certainement, dévoué à son pays, mais en revanche, c’est un politique et un sectaire et il y a chez lui, je crois, tous les attributs d’un dictateur ».

Manuel Gomez

(Davantage de détails dans mon livre « J’accuse De Gaulle »)

 

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Notifiez de
Pivoine

« Le général est un soldat… et il y a chez lui, je crois, tous les attributs d’un dictateur ». »
Je veux bien le croire ! C’est lui le père de la Constitution de la 5e République, qui fait du président un monarque. C’est la raison pour laquelle le Président peut faire ce qu’il veut durant son mandat…
Nous en payons aujourd’hui les conséquences.

François P

Vous devez savoir que M Gomez déteste le Gal de Gaulle. Il lui reproche une trentaine de faits chacun faisant un chapitre. En conséquences vous n’aurez pas fini de lire les aberrations de M Gomez qui s’y connait pour trirturer les faits pour salir le général.

Francois Desvignes

Qui cirait les bottes de Charles ? Yvonne ?

En plus chez nos amis les Anglais où il pleut tous les jours !

Eh, Manuel :

Si vous mettez le premier terme de votre proposition à l’imparfait, le second aussi

Ça eut donné ceci en « Chateau-brillant de la Pisse qui chante » :

Les Américains exigeaient que la France abandonnât son Empire et que les Français aillent se faire enc….

Et Charles qui était né enculé a dit oui.

Qu’en a pensé Yvonne ?

Mina

Quelque temps après, le général Giraud est mort dans un bizarre accident d’avion… Rien n’est blanc ou noir dans cette affaire…

YAYA

Il ne faut pas oublier que la Tunisie le Maroc et l’Algérie ont aussi été donnés sur demande de l’Amérique dans les années 50 dès le premier puits de pétrole à Hassi-Messaoud. Pourquoi ?… parce que la France avec l’océan Atlantique d’un coté, toute la Méditerranée de l’autre, le pétrole, le gaz, le sel, le nickel etc …. du Sahara, serait devenue une puissance toute autre que ce pauvre pays qui est le nôtre aujourd’hui.

JILL

Question pétrole,le Maroc et la Tunisie en sont fort dépourvus …L’Algérie donnée sur demande de l’Amérique ; rire !

Martel

Les américains, avec certains « européens », ont été les meilleurs soutiens des ordures fellagas !

Sjean-louis

J’ai toujours pensé que les américains ne se sont pas « dévoués » pour les français mais pour leurs intérêts bien que cela nous ait rendu service, je le reconnais.

BOUDRY

Ne pas ignorer quand même leur soldats morts pour nous .

JILL

Giraud fût en quelque sorte un grand soldat ;mais évadé,il fît dès son retour en France allégeance à Vichy .Ceci étant,ce général,vaniteux,condescendant et borné était un nain politique .Sa vision à terme était à peu près la même que sur celle de l’emploi des blindés dans les années 30 ;il avait une guerre de retard .Avec lui,la France n’aurait pas été présente à la table des vainqueurs et de plus aurait été occupée après la guerre par les US …comme l’Allemagne en quelque sorte .Les américains avaient tout prévu,y compris la monnaie.De Gaulle s’est imposé,et heureusement ;Giraud n’aurait de toute… lire la suite

Ornicar

De Gaulle était présent lors de l’ultime entretien entre Churchill et le gouvernement français à Tours. Pas Giraud. De Gaulle était donc effectivement mieux armé pour faire face aux intrigues politiciennes de Churchill et de Roosevelt. Et, en état de faiblesse, il faut effectivement jouer fin et faire semblant d’accepter certains compromis. Pour mémoire, la perte de la Tunisie puis de l’Algérie ont été engagés (comme l’Indochine) par l’incompétence et l’instabilité de la 4° république, laquelle avait mis De Gaulle au placard. Faut-il le rappeler ?

JILL

Oui …le temps des colonies était passé .

liberté

Je comprends votre ressentiment envers de Gaulle pour la perte de l’Algérie, moi même fils de Harki. Vous ne pouvez cependant nier son patriotisme et sa dimension historique. La grandeur est de reconnaître même chez son adversaire, les qualités qui le distingue des médiocres. Cet homme était visionnaire et patriote connaissant et aimant sincèrement son pays, ce que n’ont pas été et ne seront jamais tous les nains et traitres lui ayant succédé.

JACOU

Vous ne pensez pas que De Gaulle a aussi trahis les Harkis ? Combien ont été exécutés, bien souvent avec leurs familles, par le FLN, en 1962 ? Cet homme, un visionnaire, qui négociait en secret avec les tueurs du FLN, pendant qu’il préparait l’abandon des Harkis. Je ne suis pas Harki mais je ne peux laisser passer ce fait aux pertes et profits de l’Histoire de France.

Bad Boy

Chacun raconte l’Histoire à sa façon …….

Themis

Qu’aurait il pu faire seul sans armée contre Roosevelt et Churchill puisque notre gvt d’incapables s’est fait complètement débordé comme un bleu par l’armée allemande ? Auriez vous préféré à la tête du pays une créature US et être occupé comme l’a été l’Allemagne après guerre ? Il n’y a qu’à voir comment elle a été vassalisée depuis et l’est encore. Votre citation de Roosevelt concernant DG est plutôt malvenue vu les révélations du livre largement boycotté de Curtis B. Dall faisant la lumière sur la manipulation de l’élite financière sur Roosevelt et projets de globalisation. https://www.amazon.fr/F-D-Roosevelt-Comment-beau-p%C3%A8re-manipul%C3%A9/d Tant que DG… lire la suite

Jean Pavée

Et quelles sont vos sources, M. Gomez ?

mpoko21

Archives de la seconde guerre mondiale; et d’autres, avant M Gomez ont révélé ces faits au grand public. Les forces américaines avaient débarqué avec leur gouvernement pour la France et la monnaie qu’ils voulaient imposer. Mais durent céder devant le coup de force des résistants normands et de de Gaulle

Catherine Ségurane

La vérité sur De Gaulle est certainement extrêmement complexe mais il est une chose qui ne fait absolument aucun doute : son ambition à gouverner…

Suisse Laurent

Seigneur,défend moi de mes amis ,mes ennemis je m’en charge prend tout son sens! bon,certes il a fait plein de conneries le grand échalas et son arrogance nous a coûtée chère,mais en bout de ligne,il les a jetés nos faux amis!

Jean

Dans son enthousiasme, Mr Gomez a oublié de préciser que c’est quand même de Gaulle qui a viré les troupes américaines de France en fermant toutes leurs bases militaires.

Sjean-louis

Il a viré les américains qui ont, par la suite, sabordé le succès de notre Concorde

angora

pourtant on nous a toujours présenté les Américains comme nos sauveurs!!!!!!!!!!!!

Lanlignel Armand

Oui, sans les soldats et la puissance matérielle des USA, on n’aurait pas gagné la guerre. Hitler aurait pu mettre toutes ses armées côté russe et Staline n’aurait peut-être pas eu le dessus. Et s’il avait vaincu Hitler, nous étions sous la botte soviétique … Merci aux soldats anglais, américains, canadiens, australiens, africains, etc. qui ont permis notre libération.

Victor

Les USA sont des pompiers pyromanes
un parti politique et les milliardaires qui le finance créent les problèmes, l’autre parti vient ensuite atténuer les choses… pendant ce temps là ça fait tourner l’économie et les commerçants peuvent dormir tranquille

Suisse Laurent

mon post fait un peu plagiat,mais il n’est que l’écho du votre ,et prouve que nous sommes plusieurs à être septiques quand aux agissements du nouveau continent qui cherche depuis longtemps à commettre un parricide envers la vieille europe! il y a un shérif de trop sur cette planète!

Victor

Merci pour votre écho… on en a besoin

angora

n’exagerez pas le role des Africains.

JILL

Une participation courageuse souvent,mais symbolique au regard des forces engagées .

Suisse Laurent

Certes les soldats on payés une dette de sang, mais les américains (leur gouvernements successifs) sont l’exemple ultime du pompier pyromane,déstabiliser pour mieux régner et s’imposer en sauveur pour en tirer avantage. d’ailleurs la méthode est si juteuse qu’il en usent en en abusent à tout va,peu importe pourvu que ça rapporte!

Sjean-louis

Il suffit de se rappeler du flacon de poudre blanche présenté, à l’ONU, par un général américain comme une preuve de l’arme chimique en Irak; la suite on la connaît !

OTOOSAN

A ce niveau là d’inculture on ne peut plus parler de peaux de saucisson !