Des adhérents de RR me proposent un hébergement, mais…

Bonjour, Riposte Laïque, rédaction et lecteurs.

J’espère bien volontiers que tout le monde se porte bien. Je vais ni bien ni mal en ce qui me concerne. J’ai la santé quelque peu défaillante, en effet. Je me permets de vous adresser ce courriel afin de vous soumettre d’autres pensées, si vous les acceptez. Cela me démange et me manque. Et puis, j’ai reçu tellement de bons commentaires, autant de précieux encouragements. Je relaie ici plusieurs pensées, que j’ai déjà abordées dans les cinq précédents articles. Alors, par quoi commencé-je ?

Je voulais vous parler de cette proposition que j’ai reçue de la part de lecteurs de Résistance Républicaine, par le biais de Christine Tasin, Michèle et Gérard. Je les ai donc contactés, et cela s’est plutôt bien passé. Je leur ai tout de même demandé un délai de réflexion. Car je fonctionne comme cela, je pèse le pour et le contre, je regarde les avantages et les inconvénients. Ils vivent à 80 kilomètres environ de Clermont-Ferrand. Si j’adore la solitude, notamment afin de me ressourcer, je ne veux pas non plus me couper du monde. Clermont est devenue une cité particulièrement invivable et inhumaine. Ce n’est pas peu de le dire, de l’admettre. Bref, ces gens que je ne connais pas m’ouvrent leur porte, ce que ne ferait pas ma propre famille ou ma mère, non sans rechigner. J’imagine même mon beau-père qui lève les yeux au ciel. Mon père vit à Lyon, et je m’imagine encore bien moins d’aller vivre dans une ville pareille.

Alors, je ne sais pas encore quoi décider au juste. C’est peut-être stupide de ma part, alors que j’adore par-dessus tout la campagne. Étant tout jeune, j’ai beaucoup vécu à la campagne, loin de tout et de tous. Je ne calcule plus le nombre d’escapades effectuées en plein cœur de la nature, dans la chaîne des Puys en l’occurrence. Mes grands-parents étaient natifs du monde rural. Récemment, j’ai découvert que ma grand-mère paternelle était née à Paris, seule pièce rapportée de la famille. Bref, si je suis quelqu’un qui est indépendant, ce qui ne veut nullement dire individualiste, je ne suis pas facilement apprivoisable. Il m’arrive de ne pas voir l’ami qui m’héberge pendant plusieurs jours. Il m’a ouvert sa cave, fort salubre au demeurant, une pièce de vie agréable que le propriétaire voulait améliorer. Donc, je puis être parfaitement autonome, tout à mon aise. D’ailleurs, si je n’ai pas à sortir pendant deux ou trois jours, je ne m’en prive pas. Quoi qu’il en résulte, je m’efforce tout bonnement de prendre la vie du bon côté. En sus, je n’ai pas perdu tout de mon humour, il m’arrive même de faire de l’auto-dérision.

Je désirais aborder dans ces lignes plusieurs sujets. En aurai-je l’espace suffisant, cependant ? Je suis partisan de la communication positive. Bref, si je n’ai pas suffisamment de place, je reviendrai ultérieurement. D’autant plus que je sais que cela fera plaisir à quelques-uns d’entre vous. J’apprécie également de répondre au mieux à vos commentaires, le plus justement possible. J’ai pris des notes, ce que je fais rarement habituellement, mais j’éprouve un peu de mal à éclaircir mes idées. Mais quand ça me taraude… Lorsque les migrants arrivaient en force sur le sol européen, certaines personnes se mobilisaient en suggérant qu’il fallait loger ces personnes chez nous, à notre domicile. Or, nul ne l’a suggéré pour nos SDF ! Je me souviens d’avoir entendu dire de la bouche de monsieur François Mitterrand que les immigrés étaient nos invités ! Ah ! « Le bruit et les odeurs », disait un autre homme politique. « Ce n’est pas être raciste que de dire cela », lançait cet autre. On fait trop d’amalgames, de généralités, c’est dangereux. Je pense que les gens manquent de culture et d’intelligence, de discernement et de sagesse aussi. Je n’ai pas non plus pour habitude de me montrer partial. Je ne supporte pas l’injustice et je déteste les procès d’intention. Au sein de ma famille, on m’a souvent accusé de choses fausses. Par la suite, on m’a encore reproché mes manquements et mes erreurs. Des années après ! Bien sûr, j’ai fugué, j’ai volé, j’ai menti, j’ai mal parlé à mes parents, j’écrivais des lettres d’amour lorsque j’avais douze ou treize ans. Un jour, j’ai grillé volontairement un stop. Les gendarmes en Renault 4 à l’époque, m’ont arrêté. Mais je savais qu’ils étaient garés là. Je ne me suis pas dérobé, je leur ai dit que je l’avais fait exprès, sachant pertinemment qu’ils étaient en faction ici. Alors, pour quelle raison ai-je fait cela, me suis-je vu demandé ? J’ai expliqué que ça se passait fort mal à la maison. Ils m’ont demandé d’attendre, et ils sont allés voir mes parents. Ils n’ont pas menti, la Renault bleue était garée devant le portail. À mon retour, je ne vous raconte pas les représailles ! Mais je passerai sur les détails, pudiquement. Par la suite, j’ai revu ces agents de la maréchaussée. Nous bavardions alors régulièrement.

C’était une tout autre époque ! Dans cette petite ville située au nord de Clermont-Ferrand, il y avait même ce policier de la police municipale qui circulait à mobylette. Il était très apprécié par tout le monde, même des voyous. Afin de vous planter le personnage, j’ai pris un sens interdit en mob, et lui est arrivé. Il m’a arrêté, c’est son boulot, mais il ne m’a pas rabroué ni invectivé, et il ne m’a pas davantage mis d’amende. Nous avons bavardé, tout simplement, bon enfant. Force est d’admettre que l’on ne voit plus guère ce genre de rapports entre policiers et citoyens. Ou alors, c’est fort rare. Le respect était palpable. Il y a de cela de nombreuses années, on pouvait voir un gardien de la paix en train de patrouiller tout seul en arpentant les rues Clermontoises. Il taillait la bavette à tout le monde, badauds, commerçants, jeunes désœuvrés, clochards. Ce serait totalement irréalisable aujourd’hui ! Un matin, je me suis pris une gamelle en sortant de discothèque. Des gens ont appelé les pompiers, comme si j’avais perdu un œil. La police est arrivée avant. De manière absolument inattendue, je me suis vu me proposer soit le dégrisement, soit que l’on me ramène chez moi. J’ai donc opté pour la seconde option. Et ils ont tenu parole ! Je logeais à l’hôtel, à l’époque. Devant les Roms, je jubilais d’arriver en étant encadré par une aussi bonne compagnie. Je ne pense pas qu’il faille mettre tous les flics dans le même panier. Il y a les bons et il y a les mauvais. C’est comme partout, comme dans tout. Je me conforme au nombre insensé de suicides au sein de la police rien que pour l’année passée.

Je regarde l’être humain et non l’uniforme. J’ai toujours détesté les étiquettes, les cases. Voilà, j’arrête pour aujourd’hui, je ne veux pas faire chialer dans les chaumières. J’espère que cette nouvelle lecture vous aura plu. En tous cas, j’ai pris grand plaisir à l’écrire. Bien cordialement…

Franck Courais

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18 Commentaires

  1. Vos frasques de jeunesse m’ont remis en mémoire le jour où ma soeur avait pris un sens interdit. Mais en ces heureuses années 70, même la maréchaussée parisienne n’était pas encore obsédée par le racket fiscal des malheureux automobilistes. Elle s’en tira donc avec un « Bon, faites attention et ne recommencez pas! ».
    Douce époque!

    • Il m’est arrivé la même chose il y a quelques années seulement. Une rue en travaux, un sens interdit (pourtant énorme) qui avait migré d’un bout de la rue à l’autre la semaine suivante et paf! Mal réveillée je me rend compte du panneau au moment où je le passe. En face de moi arrivait une bagnole bleue avec deux agents à bord. Ils m’arrêtent, je ne cherche pas à nier et leur explique que la semaine d’avant le panneau était à l’autre bout de la rue. Ils avaient bien vu que ce n’était pas volontaire, que j’étais franchement bien embêté et m’ont laissé repartir sans me verbaliser. A 135€ et 6 points merci les gars d’avoir été compréhensifs.

      • Si l’on commence à les insulter alors que nous avons pertinemment tort, nous avons tout faux…

    • Oui, la répression était encore fort loin !! Les temps ont bien changé, oui-da !!

  2. Cher Franck COURAIS,
    Quelque part, vous êtes la révélation littéraire issue de ces Français souvent Gilets jaunes et habituellement si méprisés par le pouvoir républicain…
    A chaque livraison, vous nous servez une tranche de votre vécu avec votre analyse et vos réflexions. Une précision: vous écrivez peu ou prou comme ces Français nés avant 1914 avec une langue sûre, un vocabulaire étendu, une grammaire juste, une orthographe rarement fautée, une certaine élégance, le cachet populaire…
    Bon courage!

    • Merci, Fernand !! Quelques-uns parmi mes correspondants affirmaient que mon écriture était relativement ancienne. Me lire lorsque j’écris au stylo relève parfois du défi…

  3. Franck, pouvons-nous vous aider d’une manière ou d’une autre? Avez-vous des besoins urgents, des choses de premières nécessité qui vous manquent? Je précise que je ne parle pas de vous faire la charité, juste vous soulager un peu si on peut le faire.
    Si vous ne voulez pas répondre ici vous pouvez m’envoyer un mail stephaniedoillon@orange.fr
    Prenez soin de vous surtout.

    • Bonjour !!, Stéphanie. Je vous remercie, mais je dispose de tout ce dont j’ai besoin. Il faut même que je fasse encore du tri. Dans la vie, je me concentre toujours sur l’essentiel. À la rue, je surprenais toujours, car j’étais carrément minimaliste. Mais merci d’avoir pensé à cela…

    • Je vous remercie pour ce document édifiant !! Il n’est pas tout-à-fait évident non plus d’héberger quelqu’un que l’on ne connaît pas, tout comme il n’est pas facile de sympathiser avec le premier venu et de lier rapidement une amitié…

  4. Bonjour Franck , je ne suis pas aussi empathique que les personnes qui commentent vos écrits , certes , le niveau est excellent mais quand on vous propose de vous sortir de la panade je parle RR , à cheval donné on ne regarde pas les dents . Le pour ? le contre ?
    à force de les peser , vous vous trouverez peut être encore plus dépourvu !
    Beaucoup d’entre nous nous pas l’occasion les d’analyser , il faut toujours aller de l’avant quand on a une famille , je suis une femme avec toutes les charges que nous impose la vie , bien obligée de m’adapter même si parfois le courage me manque .
    Bonne journée à vous

    • D’accord, mais nous ne sommes pas des moutons, et j’ai toujours considéré que le formatage était dangereux. Et puis, j’obéis à Dieu, et non aux hommes !! Heureusement que j’ai cette foi-là, parce que l’homme n’a vraiment rien de magnifique à proposer…

  5. Regardez droit devant, ne pas se retourner, pour finalement réussir à avancer, à nouveau : c’est biblique et intemporel. C’est sans doute l’une des grandes leçons parmi les mieux apprises par le peuple juif. Inspirez vous en, et décrochez vous du rocher, telle la moule qui attend d’être mangée…sinon vous finirez bouffé par les rats, un soir de cuite.

  6. Une fois de plus, vous êtes sur le Divan du psy. Comme déjà dit.
    Profitez-en ! Là, au moins, ce n’est pas cher…
    Repasser sa jeunesse est un signe…
    Continuez ! La Solution approche !

  7. M. Courais, méfiez-vous de vos réactions, c’est-à-dire de vous même. Des personnes bien intentionnées vous proposent un gîte. L’ami qui vous héberge va partir et vous allez être de nouveau à la rue – ce que vous appréhendez par dessus tout – Et malgré tout vous hésitez. Comme si vous aviez le choix… J’imagine aussi la surprise et la déception de ces personnes généreuses… Découragées, aurez-vous la chance qu’elles renouvellent leur proposition ? Vous pouvez accepter dans un premier temps et si, autant vos hébergeurs que vous-même, décidez que ça ne convient pas, vous pourrez toujours partir. On ne vous met pas en prison ! Je vous encourage vivement à accepter cette offre généreuse.

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