Des bidonvilles aux portes de Paris, c’est insupportable !

Poursuivant nos échanges avec des personnalités fort différentes les unes des autres, nous avons rencontré ce jour un sympathique écrivain, Marina Anca… 

Riposte Laïque : Vous avez un parcours assez atypique. Vous avez connu la dictature roumaine, que vous avez fuie. Pouvez-vous évoquer ces premières années de votre vie ?

Marina Anca : J’ai célébré mes 13 ans sans mon père. Il avait réussi à obtenir un visa pour cinq jours à Paris. J’étais si heureuse. Les magasins avaient commencé à se vider de tout et je lui avais fait une liste avec tout ce que je voulais qu’il me rapporte. Il avait dit oui pour tout, mais dès qu’il a posé le pied sur le sol français, il a été à l’OFPRA demander l’asile politique. Pour vous situer le contexte, à ce moment-là, François Mitterrand, ou la DST, si vous préférez, était en train de protéger un espion roumain qui leur avait confié avoir été chargé de liquider un compatriote dissident, écrivain de métier. Et papa a obtenu l’asile assez facilement car je viens d’une famille « compliquée », ainsi que je le détaille dans mon premier tome « Quand la chenille devient papillon Ou la dictature roumaine vue par une adolescente libre ». Évidemment, il a demandé notre protection et nous nous sommes retrouvées à Paris, ma mère, ma sœur et moi, un an plus tard. Nous avions comme bagage une valise pour trois et, en ce qui me concerne, une innocence à toute épreuve. C’est ce qui m’a donné, je crois, le courage nécessaire pour affronter la suite.

Un enfant, ça ose tout !

Riposte Laïque : Et vous vous êtes retrouvée au Nigeria, ce qui n’a pas été facile, non plus…

Marina Anca : En effet ! Savoir que je n’allais être parisienne que le temps de recevoir mon titre de voyage (le passeport des réfugiées politiques) a été difficile à encaisser. Pour autant, apprendre que je n’avais pas le droit de retourner en Roumanie était pire. J’avais 14 ans et refusais de réfléchir à quoi on avait échappé. J’étais amoureuse d’un garçon. Je voulais le revoir. Et revoir vite mes amis aussi. À ce moment-là, sept ans avant la chute du régime, on le croyait définitif. Ce qui signifiait que je devais attendre de devenir française, donc au minimum cinq ans, pour aller à Bucarest en visite. Vous imaginez, vous, aller en visite dans votre propre pays ? Néanmoins, pour cette raison, rencontrer d’autres jeunes de mon âge à l’école française de Lagos a été un point positif dans ma transition. Eux non plus n’étaient pas chez eux. Nous étions un petit groupe de Blancs dans un pays noir. Personne ne parlait de mixité sociale là-bas. Nous étions les « expats ». Chacun dans sa case, à sa place, et ainsi nous nous entendions bien. Enfin, jusqu’au coup d’État, quand la séparation Blancs/Noirs a explosé comme un volcan, ainsi que je le raconte dans le deuxième tome « Le safari du papillon au Nigeria – Périples entre indigence et abondance ». J’ai choisi ce titre parce qu’il représente qui j’étais là-bas : riche parmi les pauvres et pauvre parmi les riches. J’écris à un certain moment que mes camarades de l’école faisaient venir de l’eau minérale de Paris, tandis que nous, nous étions contents d’avoir de l’eau au robinet. En effet, Ceaușescu coupait l’eau aux Bucarestois 22 h/24 pour faire des économies et payer la dette que nous avions envers l’Occident depuis le tremblement de terre de 1977.

Riposte Laïque : Quand et où vous êtes-vous installée définitivement en France ?
Marina Anca : Six mois après le coup d’État. Ma sœur devait passer l’épreuve du baccalauréat de français. Et elle l’a fait au Togo car il n’y avait pas de centre d’examen au Nigeria. Cela a été une drôle d’aventure. Elle est médecin mais qui sait, peut-être qu’un jour elle écrira un livre aussi.

Riposte Laïque : Parlez-nous de l’ambiance que vous avez découverte, à Sarcelles…
Marina Anca : Pour moi, l’ambiance a été formidable. Mon troisième tome, « L’empreinte du papillon Ou l’improbable idylle entre Capitalisme et Dictature » commence ainsi. Avec l’accueil chaleureux des juifs de ma classe de première. En ces temps-là, on étudiait l’hébreu dans mon lycée. Sans doute parce qu’ils étaient majoritaires. Puis les choses ont changé. J’essaye d’être prudente, je n’ai écrit que ce que j’ai vécu et vu de mes propres yeux et je n’ai pas tout écrit, c’en était trop. Mais je vois la dégradation de la ville d’alors s’étendre comme une épidémie partout et cela me désole. Des bidonvilles aux portes de Paris, sous les ponts de Paris. Mon Paris ! C’est insupportable. Mais j’ai foi en l’être humain et je suis quelqu’un d’optimiste. Le mot définitif n’existe plus dans mon esprit. C’est une situation difficile que j’essaye tantôt d’analyser, tantôt d’oublier en écrivant.

Riposte Laïque : Combien de livres avez-vous déjà écrits ?
Marina Anca : Le triple de ceux cités ! Je les ai également traduits en roumain, ce qui revient à écrire un nouveau texte, et j’ai écrit trois romans, pas encore publiés. En plus de ceux-là, je suis sur le point de publier un livre pour les enfants de 1 à 12 ans, à peu près. J’essaye un nouveau concept à l’aide de mon éditeur roumain. J’aime bien être par ce biais un point de liaison entre mes deux pays. Très prochainement, la Roumanie présidera l’Union européenne et en même temps, puisque c’est la formule à la mode, il y aura une saison culturelle très dense entre la France et la Roumanie, dans laquelle je serai et française et roumaine. Je suis très contente car cela me représente bien, je suis bi-patriote comme je suis mère de deux enfants. Je n’ai pas à choisir, je ne suis pas Sophie (rires) je suis Marina Anca.

Riposte Laïque : Comment l’immigrée que vous avez été, devenue française, amoureuse de notre pays, écrivain, réagit-elle aux propos du président de la République qui parle, concernant notre langue, de plurilinguisme, et explique en gros que le français actuel ne doit plus être la langue de la France de demain ?
Marina Anca : C’est son opinion et je la respecte, nous vivons dans une démocratie après tout (rires). S’il faisait référence aux termes anglais qui s’insèrent dans nos conversations, il a, hélas, raison. Je dis hélas car le français est une des plus belles langues du monde. Mon livre pour les enfants sera bilingue : roumain-français ; anglais-français ; espagnol-français. Et étant de juriste de formation, je suis toujours très favorable au respect de la loi Toubon, destinée à protéger le patrimoine linguistique français. La mixité des peuples lors des migrations fait qu’une langue emprunte aux autres des termes usuels. Je ne vais pas citer le fameux OK, « all correct » que l’on entend « OlKorekt » mais les mots café et yaourt que la langue roumaine a hérité du passage de l’Empire ottoman sur le territoire de la Roumanie d’alors. C’est comme un accessoire, un bijou qui complète une tenue. Mais l’essentiel doit rester la tenue. Pour moi, le français ne doit pas se noyer dans le plurilinguisme mais au contraire, remonter à la surface. Que la France remonte à la surface aussi. Quand je suis arrivée à Paris, nous étions la 4e puissance mondiale. L’ordre mondial a changé aujourd’hui mais, ainsi que je l’ai dit plus tôt, pour moi, plus rien n’est définitif.

Riposte Laïque : Vous avez connu deux dictatures. Comment réagissez-vous aux propos de ceux qui disent que la France est devenue une dictature, voire qu’elle s’en rapproche ?
Marina Anca : Ah ! L’improbable idylle entre capitalisme et dictature ! Le choix du 3e titre n’est pas une coïncidence. Si, dans mon premier récit, je raconte la montée de la dictature en Roumanie, dans le troisième, je souligne la perte de certaines de nos libertés. Chacun y fera sa propre opinion ; qui suis-je pour décider ? Je ne fais qu’exprimer mon opinion. Heureusement, j’ai encore le droit de faire cela, pour le moment.

Riposte Laïque : Pensez-vous, comme nous, vous qui fûtes une immigrée, que l’invasion migratoire, majoritairement africaine, et l’islamisation de notre pays représentent un péril mortel pour notre pays ?
Marina Anca : Un péril mortel, non. Mais je suis inquiète du changement culturel, oui. Il y a une différence entre intégration et colonisation. Quand je suis arrivée en France, je me suis pliée aux us et coutumes locales. J’ai tenté de m’intégrer. Certes, j’ai aussi essayé de présenter à mes proches mes propres coutumes, comme le fait de colorier les œufs pour célébrer les saintes Pâques, mais c’est resté cela, une expérience. Je ne demande pas aux Français de devenir orthodoxes parce que je le suis ni d’avoir droit à une journée de congé pour mes Pâques. Je suis en France. Je suis française. Le jour des Pâques orthodoxes je travaille. Enfin, c’est une manière de penser car les Pâques tombent un dimanche. J’évoque beaucoup la religion dans mes récits, car j’ai été endoctrinée par Ceaușescu pour avoir foi dans le Parti communiste, pas en Dieu. Je n’accepte pas d’être l’esclave d’une idée. Je crois en moi. Enfin, j’essaie, ce n’est pas facile tous les jours mais c’est cela qui doit nous motiver : nous, notre capacité à faire le bien autour de nous. Le Bien. Marx disait que la religion est l’opium du peuple. Cela les endort et les fait délirer. Je ne sais pas, je ne fume pas. Et j’essaie d’avoir foi en moi.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Marina ?
Marina Anca : Je regarde beaucoup d’émissions politiques depuis que j’écris et je constate que les gens se hurlent dessus, se mettent dans des cases, s’invectivent… à quoi cela peut-il bien mener ? Les relations inter-humaines se dégradent et cela m’attriste. Alors j’écris sur cela, pour que, peut-être, les gens recommencent à s’aimer les uns les autres. Ce n’est pas facile, certes, mais cette haine ne peut pas être définitive. Cela deviendrait un péril mortel.

Propos recueillis par Pierre Cassen

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13 Commentaires

  1. C’est à n’y rien comprendre, QUE FONT LES PARISIENS ? LA DINGO SAIT QU’ELLE NE SERA PAS REELUE, ils ne s’aperçoivent pas qu’elle est en train de tout faire pour détruire Paris ? Les beaux immeubles Haussmanniens saccagés pour en faire des logements sociaux, les grandes salles de la mairie transformées en dortoirs pour les SDF, complètement stupide = pas de douches, pas suffisamment de wc, les femmes pourront cuisiner, un vrai massacre de notre patrimoine au lieu de les loger dans des logements HLM. Elle ferme les berges pour moins de pollution, il suffit de regarder les photos qui montrent un amoncellement de détritus sur le sol. Plus tout les bidonvilles qui se montent partout, d’envahisseurs, de rooms envoyés par la mafia roumaine. Les cars des touristes dévalisés, comment voulez vous qu’ils reviennent après ça ! LA FOLLE ET LE PSYCHOPATHE SONT EN TRAIN DE TRANSFORMER PARIS EN CALCUTTA !

  2. Hidalgo est là : Telle Zorro elle va surement les loge à l’intérieur de la Mairie de Paris. L’honneur de Marina Ancala est sauvé !

  3. J’ ai bien une idée pour la résolution du problème des bidonvilles créés par les Romanichels mais elle n’ a rien de « démocrassouillique  » : stérilisation forcée après prise d’ assaut du bidonville , capture des femmes et ligature des trompes ou vasectomie .
    Il exite encore une autre méthode bien plus radicale mais peu coûteuse pour éradiquer ces parasites infectieux mais là , je ne puis en dire plus !

  4. immigrée aimant la france, bienvenue!
    quant aux bidonvilles, ce seront bientot les gaulis qui les peupleront, les logement sociaux étant réservés en priorité aux migrants

  5. C’est beau de rêver… Mais la réalité est bien présente. Paris, qui fut une ville très belle, est devenue une poubelle, à cause de cette viielle morue d’hidalgo. Paris, une ville à éviter, comme certaines en Bretagne et ailleurs… C’est bien de rêver et d’être attachée à son pays mais les muzz avancent et le combat arrive, dans toute sa laideur.

  6. Ben pourquoi, si vous allez à Alger ou Kinshasa, c’est comme ça, alors, c’est comme chez nous…

  7. Elle est bien gentille, mais elle rêve encore pas mal…elle est aveuglée par son amour de notre pays, fort bien, mais elle ne voit pas les graves dangers bien réels qui pèsent sur nous.

    • Qu’elle n’estime PAS MORTEL à terme le danger de l’islam pour nos société, la discrédite totalement à mes yeux. Une semi-bisounours qui n’a pas réellement compris l’ampleur du problème. Qu’elle continue à écrire et à s’aveugler quant à un amour universel à venir : l’humanité crèvera bien avant son avènement !

      • Pardonnez-moi Madame L, J’aurais aimé que vous puissiez lire mon histoire en entier avant de me juger, surtout le 3è tome, notamment sur la (pas si lente) dégradation de Sarcelles, où j’ai habité entre 1984 et 1995. L’islam est un concept. C’est l’homme qui agit. J’essaye, à travers la publication de ma trilogie, de rendre compte et titiller les consciences individuelles pour qu’elles deviennent une action collective. Toujours en restant courtoise.

  8. La France est en train de devenir une poubelle comme certains pays du continent africain : disparition de la classe intermédiaire, appauvrissement de la population, concentration des richesses par quelques nantis, racaille qui profite du trafic de drogue, armes, prostitution. Voilà où nous a conduit la politique de ces escrocs.

  9. Aujourd’hui, la haine et la dictature se trouvent toutes deux dans « le camp du bien » et chez les partisans du « vivre-ensemble » : elle en dit quoi, Marina Anca ?

    • Bonjour Allonzenfan,
      C’est un peu vague mais sauf erreur vous allez trouver à minima un début de réponse réponse dans mon récit « L’empreinte du papillon Ou l’improbable idylle entre Capitalisme et Dictature ». Il retrace des événements marquants pour mon pays d’adoption, la France, y compris la gestion des attentats au cours de ces 35 dernières années. Bonne journée et éventuellement bonne lecture. Marina ANCA

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