Des centaines de musulmans européens combattent Assad en Syrie

Publié le 10 mai 2013 - par - 1 238 vues
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Combien sont-ils les jihadistes partis d’Europe pour faire le jihad contre le régime d’Assad qu’ils qualifient « d’impie » ? Toutes les chancelleries occidentales ont fini par avouer qu’un nombre important de leurs « citoyens » (les guillemets s’imposent),  de religion musulmane, sont partis en Syrie via la Turquie, le Liban et la Jordanie. A ceux-là, nous devons ajouter des Tchétchènes, des Kosovars etc. …

En réalité, ce n’est pas le sort de ces jihadistes qui remue les occidentaux ni leur « martyre » sous la férule de l’armée syrienne régulière. Leur sort ne déclenchera aucune larme, aucune émotion mais plutôt un certain soulagement car leur retour en Occident rapportera avec eux leur expérience du terrain et le transfert du jihad.  

Peut-on supposer que, par cynisme, l’Occident ferme les yeux, devant cette émigration en apparence « touristique », en fait religieuse et armée, question de se débarrasser de quelques unités de cette armée clandestine, de ces brigades de l’internationale islamique,  jusque-là dormantes ?

Dans un entretien à Der Spiegel Online, le ministre allemand de l’Intérieur Hans- Peter Friedrich, a déclaré officiellement la présence de mujahidines ( soldats de la guerre sainte ) allemands en Syrie. Il a exprimé sa préoccupation devant les appels lancés à ces Européens qui se sont entraînés sur les champs de bataille (en Syrie) à rentrer dans leurs pays d’accueil et continuer le jihad. Depuis plusieurs mois, des prêcheurs appartenant au courant salafiste soutiennent la révolte syrienne. Ils apparaissent dans des réunions de bienfaisance et  fontt appel à la générosité pour offrir des aides. Ils ne s’opposent pas aux musulmans qui veulent aller au-delà de leurs dons … Un prêcheur a déclaré : « Nos frères et nos sœurs en islam sont tués à travers le monde parce qu’ils sont musulmans ». Il considère que la guerre civile en Syrie fait partie d’une guerre mondiale entre les religions.

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Syrie : un jihadiste pieux et pacifiste

(Photo Der Spiegel)

Sur Russia today, Alexander Ignatenko, expert russe des mouvements islamiques, prévoit même qu’un « printemps salafiste » frappe à la porte de l’Europe. Que font nos politiques pour museler les mouvements salafiste et des Frères Musulmans ?  Pister ou ficher leurs adeptes ne suffit pas à éradiquer le danger. Il y a une passivité qui peut être criminelle.

Nous traduisons l’article ci-après d’Ariel Ben Solomon,  publié par le Jérusalem Post le 25/04/2013. (NDT) : 

Les agences européennes de renseignements sont préoccupées par la présence de combattants européens musulmans en Syrie qui rentreront au pays pour déclencher des attaques terroristes à cause des contacts noués avec al-Qaeda, (rapport de la BBC du 24/04/2013).

Mujahideen Syrie alep selon Reuters

  Mujahidines à Alep (Photo Reuters)

Le Royaume-Uni, l’Irlande et la France sont les pays occidentaux qui auraient le plus grand nombre de combattants en Syrie. Le rapport évalue, selon le chef de l’anti-terrorisme de l’Union Européenne Gilles de Kerchoe, à environ 500 les musulmans d’Europe qui combattent avec les rebelles.

Toutefois, selon Soeren Kern, senior fellow du Gatestone Institute basé à New-York et observateur de longue date de l’islam en Europe, 1.000 musulmans européens combattent en Syrie. Dans un article pour Gatestone de mars 2013 ayant pour titre  « Les Jihadistes européens : le dernier export », il écrivait : « La Syrie a remplacé l’Afghanistan, le Pakistan et la Somalie comme principale destination des militants islamistes qui cherchent à obtenir une expérience immédiate du combat ; avec peu ou sans contrôle officiel ».

Dans une interview accordée au Jérusalem Post le 24/04/2013, Kern déclare : « Il n’y a pas de consensus parmi les analystes sur le nombre exact des jihadistes européens combattant en Syrie. Je crois que leur nombre est de 1.000, nombre justement fondé sur une compilation des estimations du Renseignement et des médias de toute l’Europe ». Et il a ajouté : « Il est relativement facile aux Européens de se rendre en Turquie puis de traverser la frontière pour entrer en Syrie sans se faire repérer. Il est donc difficile de déterminer leur nombre réel qui pourrait probablement être au-dessus de 1.000 ». Kern trouve que le chiffre de 500 mentionné par l’Union Européenne  est trop bas et pense que ce chiffre  est probablement dû « à un effort pour ne pas alarmer le public ».

De même, il a dit que le chiffre donné par le Centre International pour l’Étude de la Radicalisation et la Violence politique (ICSR), basé à Londres, qui est estimé entre 140 et 600, est, lui aussi, bas : « Le rapport de I’ICSR tend à minimiser l’extension du problème » dit Kern. « Peut-être que, si l’ICSR avait publié son rapport après les attentats de Boston, ses conclusions auraient été d’une manière ou d’une autre différentes. ». Depuis les importantes attaques terroristes de Madrid en mars 2004 et de Londres en juillet 2005, il y a eu une volonté de certains responsables pour minimiser la menace de l’islam radical mais « Boston fut un cruel rappel que l’islam radical est toujours une menace en Occident ».

Un autre aspect de la problématique pour les gouvernements européens est le retour de combattants qu’ils ne peuvent appréhender car la plupart d’entre eux n’ont pas enfreint de loi sur le territoire. Interrogé sur les inquiétudes des gouvernements européens, Kern note qu’ils sont très inquiets à propos du retour de ces jihadistes et de « la menace de la croissance  interne d’un terrorisme analogue aux attentats de Londres et de Madrid ». « Ces inquiétudes ont certainement progressé à la suite des attaques de Boston ».

Dans son article, Kern décrit en détail l’évidence de ce phénomène pour plusieurs pays européens. Par exemple, on estime que 100 Allemands sont actifs en Syrie et que la plupart ont rejoint al-Qaeda, lié au Front al-Nousra, d’après un reportage de la radio-TV officielle allemande NOS, diffusé en mars 2013 et cité par Kern. Il y a aussi  au moins 70 membres de l’association belge interdite, Sharia4Belgium, qui sont actifs en Syrie, selon le journal belge De standaard publié en mars 2013.

Le journal britannique The Independant a rapporté le mois dernier que les autorités  du Royaume-Uni évaluent à plus de 100 musulmans britanniques ceux qui combattent en Syrie aux côtés  des rebelles sunnites dans l’espoir de renverser le régime du président Bashar al’Assad et de le remplacer par un état islamique.

Interrogé pour savoir si les Européens manifestent une inquiétude face à ce problème, Kern déclare : « Les citoyens ordinaires de l’Europe sont de plus en plus inquiets à propos de la montée croissante de la présence des musulmans dans leurs pays ». Des sondages, dit-il, le démontrent et aussi la perception que le multiculturalisme est allé trop loin ».

« Pour moi, personnellement, je suis plutôt pessimiste à propos de l’avenir de l’Europe ».

Traduit de l’anglais

par Bernard Dick

 

 

 

 

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