Des Français vont tuer des Français à Mossoul sous la conduite des Etats-Unis

Publié le 20 septembre 2014 - par - 1 598 vues
Share

Hollande-brandit-le-sabre-de-l-islamÇa y est ! C’est officiel. La France va s’attaquer au califat islamique de Mossoul. Elle semble du coup avoir trouvé la parade contre ce que les medias appellent les « djihadistes », ces musulmans français partis se battre pour le calife Aboubakr et qui représentent une « menace majeure pour la France » (dixit Valls) et un « défi sans précédent » (dixit Cazeneuve). Ce que la France aurait dû faire chez elle depuis longtemps, elle va finalement le faire sur une terre étrangère, à 4000 km de distance.

L’idée a été soufflée à l’Elysée par la Maison-Blanche : constituer une nouvelle « coalition internationale » sous la conduite des Etats-Unis, comme dans le bon vieux temps, pour aller en découdre avec le calife et ses troupes et en même temps régler leurs comptes à ces djihadistes d’Europe et d’ailleurs dont le retour dans leurs pays d’origine est redouté au plus haut point. L’idée est si simple. Il fallait juste y penser. Puisque ces combattants partis guerroyer sous la bannière du califat sont un danger pour nous, il faut profiter du fait qu’ils sont hors des territoires nationaux et les exterminer en leur déclarant la guerre. Une guerre dans les bonnes règles des superpuissances. Un combat à distance. Des frappes aériennes sans affrontement sur le terrain.

La France avait tout de suite souscrit à cette coalition (qui vise une idéologie de destruction massive comme dans le temps la coalition de Bush visait des armes de même nature). L’aviation française ― des « Rafale » basés à Abou Dhabi ― avait par la suite effectué une mission de reconnaissance et de renseignement au-dessus de la zone occupée par le califat islamique. Tout était donc prêt pour la seconde phase de l’opération : les frappes aériennes. Le feu-vert a été donné jeudi soir par l’intrépide chef des armées françaises, le président Normal en temps de paix, François Hollande. Objectif : anéantir les troupes du calife. Consigne : « Tuez-les tous et revenez seuls ! ». Puisqu’il s’agit de nettoyer, autant bien nettoyer et à fond…

Entretemps, les Etats-Unis, ont poursuivi leurs frappes aériennes entamées contre l’Etat islamique le 8 août dernier. Ils ont mené jusqu’à présent quelques 176 raids, dont le dernier a visé un camp d’entrainement des djihadistes, non loin de Mossoul, et a permis de détruire « un véhicule armé, deux bâtiments occupés par l’Etat islamique et une unité » militaire, a précisé le commandement américain. On ne saura jamais s’il y a des Français dans l’unité détruite. La question que tous les medias français sont prompts à se poser dès qu’il y a un accident ou une catastrophe quelque part dans le monde, sera éludée cette fois. On ne veut pas savoir.

Ces raids américains ne semblent cependant pas avoir énormément affecté le califat islamique qui contrôle quelque 40% du territoire irakien ainsi qu’un quart de la Syrie, soit une surface équivalente aux deux-tiers de la France.

La tâche sera donc rude pour les Français dont les moyens seront renforcés. Ils comptent actuellement 6 « Rafale » et 900 hommes. Un nombre assez étrange quand on sait que de l’autre côté il y a justement 900 djihadistes français dans les rangs des troupes du calife. Neuf cent militaires français avec le maillot de la coalition, d’un côté. Neuf cent djihadistes français avec le maillot du califat, de l’autre. C’est bien équilibré, question potentiel humain. Comme dans un match de football. Le fair-play français…

L’équipe des djihadistes serait, en fait, un peu plus forte. Ils sont exactement 930 (sans compter femmes et enfants, beaucoup s’étant déplacé en famille pour servir le calife Aboubakr). C’est le chiffre avancé par Manuel Valls lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale et qui a tenu à préciser : « au moment où je vous parle ». Le nombre a peut-être augmenté depuis…

Les frappes aériennes interviendront sans sommation. Il n’y a que le stupide Etat d’Israël pour demander aux populations palestiniennes d’évacuer les zones devant être bombardées. C’est pour cela qu’on ne l’aime pas, l’Etat d’Israël, et qu’on manifeste contre. Dans une guerre, on veut du punch, du mordant, du tac-au-tac, des coups dans le dos, par surprise… Le calife de Mossoul l’a bien compris. Il a commencé par zigouiller tout le monde (chrétiens, musulmans chiites, Yazidis, Anglais, Americains… ; même un imam maroco-belge, suspecté d’espionnage, y est passé). Il a organisé des exécutions spectaculaires devant témoins et caméras (pour le plaisir des amateurs de Youtube), par les armes à feu et le couteau. Pas la moindre manifestation nulle part dans le monde. Pas la moindre protestation. Pourquoi donc manifester quand le califat fait les choses proprement, dans les règles ?

Il n’y aura donc pas de sommation et on ne fera pas de prisonniers puisque la coalition ne va pas envoyer des troupes au sol. Il y a bien les Peshmerga et les troupes irakiennes, mais au vu de ce que les hordes du calife leur ont infligé, il est peu probable qu’ils penseront à s’encombrer de prisonniers si jamais ils arrivent à pénétrer sur le territoire du califat.
Des bombes vont ainsi être lâchées par des avions français sur les troupes du califat. Des troupes au sein desquelles se trouvent des combattants français. Des Français vont donc tirer sur des Français. Sur un champ de bataille calme et serein, loin des banlieues agitées de Paris.

Il aurait été plus judicieux d’encourager le plus possible de candidats djihadistes à se rendre à Mossoul avant d’entamer les frappes. Quitte à mettre à contribution des compagnies low-cost pour des allers-simples avec des offres de promotions genre : « Partez aujourd’hui, payez au retour… ». D’autres personnes dévouées à l’islam comme Askolovich et Plenel auraient pu être conviées à ces voyages pour admirer la beauté sauvage de Mossoul.
Au lieu de cela, c’est tout le contraire qui a été fait. Une interdiction administrative de sortie du territoire visant à empêcher le départ de candidats au djihad a été votée mardi dernier par les députés. Les candidats ne pourront plus rejoindre Mossoul. Ils resteront en France. Il est vrai qu’on a besoin d’eux pour réceptionner les corps des musulmans français tombés au champ d’honneur sous les bombes françaises.

Il y aura de magnifiques enterrements (comme ceux de Gaza) précédés de cérémonies d’obsèques à la Grande mosquée de Paris et les rituelles « prières de l’absent », en présence de François Hollande et de son premier ministre. Puis tous les musulmans, affligés et enragés par la mort de ces jeunes combattants qui ne faisaient que leur devoir de bons musulmans, se retrouveront place de la Bastille pour crier comme à Gaza : « Jaysh Mohamed sayaoud » (L’armée de Mohamed sera de retour). Une façon de crier vengeance, de dire qu’on n’oubliera pas, qu’on ne pardonnera pas.

On sera alors dans le dernier stade du « vivre-ensemble ».
Et c’est tant mieux.

Messin’Issa

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.