Des jeunes jihadistes « Flamands » font la guerre en Syrie

Contrôle au facies? Le journal belge Knack  nous explique que des dizaines de “jeunes Flamands” (Flamands ??? ) se montent la tête au point d’aller  combattre le jihad en Syrie… (Environ 600 étrangers européens… Le groupe le plus nombreux: de 28 à 134 jihadistes viendrait de la Grande Bretagne, entre 30 et 92 seraient Français, entre 14 et 85 seraient Belges et entre 5 et 107 seraient Hollandais… ça fait tout de même des marges très flottantes…)

Pour endiguer ce mouvement, la police anversoise  surveille les jeunes qui brusquement ont la tête rasée et la barbe longue…

http://www.knack.be/nieuws/buitenland/strijders-voor-syrie-antwerpse-politie-zoekt-jongens-met-lange-baarden/article-4000270451472.htm

Les Bourgmestres de Vilvorde, Malines et Anvers veulent connaître l’identité des jihadistes car, de retour au pays, ils pourraient constituer un groupe dangereux d’excités qui non seulement ont appris, sinon à bien se battre, du moins à faire un sale grabuge… mais aussi à jouer avec des armes…

Question : la Flandre est-elle le pays de ces jeunes “flamands” jihadistes?

Rappel : la loi Onkelinkx interdit aux citoyens belges de posséder des armes, ce qui me fait repenser à la phrase dont je ne connais pas l’auteur: “Quand un gouvernement craint la révolution il commence par désarmer ses citoyens”

La ministre (sociale chrétienne) Joëlle Milquet a constitué une task force notamment pour aider…  les parents des jihadistes… http://www.knack.be/nieuws/belgie/burgemeesters-willen-identiteit-van-syrie-strijders-kennen/article-4000270286014.htm

Et, la famille d’un converti jihadiste a fait recours au parti d’extrême droite flamande, Vlaams Belang, pour déposer plainte contre les recruteurs et les fomenteurs d’extrémisme islamiste… en spécifiant que les gens ne se rendent pas compte du danger …

Le Standaard annonce que les « musulmans progressistes demandent un discours clair contre l’extrémisme »

Communiquer l’identité des jihadistes aux polices locales ne va pas être simple car non seulement ces jeunes ont droit à leur privacy mais surtout il y a secret professionnel, séparation des pouvoirs, présomption d’innocence, etc. qui, justement, protègent les individus. Mais, les règles tiennent-elles la route quand les circonstances changent?

Cependant, dans un article du journal algérien Liberté

http://www.liberte-algerie.com/international/les-revelations-du-djihadiste-tunisien-abou-kousay-parti-combattre-en-syrie-au-nom-de-l-islam-196834

des « rescapés du jihad »  rentrés chez eux ( comme « le jihadiste tunisien Abou Kousay, le journaliste tunisien  Ali Karbousi, le jihadiste handicapé, Hamza Ben Rejab » , cités dans l’article) expriment leur déception après leur expérience syrienne.

Dans le même article on peut lire que <<  13 jeunes filles Tunisiennes ont rejoint la Syrie où elles se trouvent actuellement dans le but de faire le “jihad de nikah” qui consiste à satisfaire aux désirs sexuels des combattants de l’opposition.>>

Il y a un parallèle entre les jeunes africains qui quittent leur pays dans l’espoir de trouver un Eldorado en Europe et ces jeunes qui cherchent un idéal dans la guerre : ils ont compris que leur situation est mauvaise et ils cherchent un changement… mais une fois arrivés sur place les uns découvrent les centres fermés pour les requérants d’asile et la misère des sans papiers qui sont rejetés et méprisés,  les autres découvrent l’horreur de la guerre où ils finissent en chair à canon… tout aussi méprisés…  La déception est totale.

Que faire de ces jeunes ? Les laisser végéter dans leur dépit ?

Au départ ils sont gonflés de courage et de volonté : ils agissent. Leur moteur est louable, mais leur but est… raté… destructeur et autodestructeur.

Il est donc capital de faire comprendre à ces jeunes « flamands » que la même énergie investie dans des études ou dans l’apprentissage d’une profession serait une arme bien plus efficaces pour combattre  la misère dans le Tiers Monde. Semblablement, il faut faire comprendre aux jeunes « migrants » que c’est dans leur pays d’origine qu’ils doivent construire l’avenir.

Si la jeunesse déployait son énergie sur place au lieu de la gaspiller dans la fuite,  les extrémistes religieux n’auraient pas d’emprise.

Le potentiel du Tiers Monde est infini. Sans même parler des ressources minières il suffit d’évoquer la beauté des paysages, l’accueil des gens, la richesse des témoignages historiques et culturels pour pouvoir affirmer que le jour où ils renonceront à la violence ils pourront vivre du tourisme.

Bien sûr les motifs pour faire la guerre sont nombreux mais quand ils auront compris que: “Les religions portent la guerre comme les nuages portent la pluie”… comme le dit Hamid Zanaz, on aura fait un pas dans la bonne direction.

Anne Lauwaert

 

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