Des membres du Syndicat de la Magistrature osent insulter des parents de victimes de la barbarie

Publié le 25 avril 2013 - par - 3 046 vues

L’affaire du « mur des cons » exposé dans un local du Syndicat de la magistrature provoque un émoi légitime. Quel crédit peut-on désormais accorder à l’indépendance des juges qui épinglent dans ce tableau de chasse des personnalités politiques, des journalistes, des magistrats et des intellectuels ?

Et horreur absolue, on découvre sur ce « mur des cons » deux photos qui en disent long sur ce scandale. Celle de Jean-Pierre Escarfail, père de Pascale, une jeune fille violée et tuée par le tueur en série Guy Georges. Et celle de Philippe Schmitt, père d’Anne-Lorraine, sauvagement agressée et assassinée dans le RER par une racaille récidiviste.

On a vraiment peine à imaginer ce qui peut se passer dans la tête du ou des magistrats qui ont épinglé anonymement ces deux photos. Et dans celle de tous ceux qui ont vu ces photos sans réagir, sans les retirer. Mais à quoi pensent-ils quand ils ont à juger des auteurs de crimes barbares ? De quoi sont coupables à leurs yeux les parents des victimes, traités de « cons » ? N’est-ce pas une inversion totale des valeurs de justice ?

Non seulement c’est une honte absolue, mais c’est très inquiétant. Les magistrats qui ont commis ces injures ainsi que ceux qui s’en font complices peuvent-ils encore prétendre à la neutralité, dans les affaires politiques et médiatiques tout comme dans les crimes les plus abjects ? Faut-il se résigner à laisser agir de tels juges qui insultent la mémoire des victimes ?

Les bras m’en tombent et je ne trouve plus de mots pour qualifier une telle abjection. Les Français, et en particulier les victimes, ont désormais tout à craindre de certains magistrats.

On n’a plus affaire à une « blague de potache » ou un « défouloir » comme tente de s’en dédouaner le Syndicat de la magistrature, mais à un appel à la haine partisan, doublée d’une salissure de la mémoire de victimes décédées sous les coups de barbares.

C’est une tache sur toute la profession de magistrat, qui mérite d’être lavée au plus vite, et par autre chose que les excuses timides de la Garde des sceaux. Ou alors le mot « justice » n’aura plus de sens dans notre République.

Roger Heurtebise

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