Désindustrialisation, ce nouveau spectre qui hante l’Europe

Friches industrielles : l’avenir européen ?

***

Les sites Renault ne sont pas actuellement pénalisés par les coupures potentielles, mais il y a un objectif de réduction de la consommation afin de réduire les coûts.

Au Technocentre de Guyancourt, depuis quelques semaines, le chauffage est réduit et il n’y a plus d’eau chaude. Le chauffage et la ventilation sont arrêtés le vendredi. Pour la semaine prochaine et la première semaine 2023, il n’y aura pas de chauffage.

Tout cela est animé dans la joie et la bonne humeur par les artistes de la communication de l’entreprise, avec un challenge sur la sobriété par l’intermédiaire d’une application que l’on peut télécharger à partir d’un QR code…

Le télétravail est fortement recommandé. La pénurie des semi-conducteurs en provenance de Taïwan a contraint Renault à annuler la production de quelque 500.000 véhicules en 2021. 2022 se soldera également par une perte de plusieurs centaines de milliers d’unités. En 2023, les pénuries d’énergie laissent craindre le pire chez les salariés du groupe.

***

De son côté, le Medef, qui a tenu en novembre dernier une conférence de presse sur les conséquences de la crise énergétique pour les entreprises françaises, prend les choses très au sérieux. Il alerte sur les risques de désindustrialisation non seulement de la France mais de l’Europe entière, et somme l’UE de réformer au plus vite le marché de l’énergie en commençant par décorréler le prix de l’électricité de celui du gaz. Une « urgence absolue » selon son président, Geoffroy Roux de Bézieux. Une urgence à laquelle le gouvernement français ne prête qu’une oreille distraite.

La production industrielle européenne ralentit déjà et pourrait se délocaliser en partie aux États-Unis où l’énergie se vend cinq à six fois moins cher. C’est ainsi que le chimiste allemand BASF songe à y délocaliser ses activités les plus gourmandes en énergie. Pour relancer le « made in America » dans des secteurs clés (automobile électrique, batteries, énergies renouvelables), la Maison-Blanche mettra par ailleurs sur la table, à partir de janvier 2023, près de 400 milliards de dollars de subventions en direction des industriels du monde entier qui installeraient leurs usines aux États-Unis. Une décision à laquelle Berlin, jouant perso, a répondu en mettant en place un bouclier tarifaire de 200 milliards d’euros d’aides aux ménages et aux entreprises, dès le début de l’année prochaine. Rien n’empêcherait le gouvernement français de s’inspirer du modèle allemand…

« Les prix créent un déséquilibre de compétitivité très important entre l’Europe et les États-Unis » a déploré le Pdg d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, qui confirme « une baisse très importante de la consommation de gaz, de l’ordre de 30% » dans de grands groupes industriels. Ce qui signifie « de la substitution [recours à des énergies moins coûteuses] » mais, surtout, une « baisse de la production ».

Le Medef se fait encore des illusions sur le solaire et l’éolien. Au lieu de demander aux pouvoirs publics de hâter la remise en fonction de notre parc nucléaire et de lancer la construction de nouvelles tranches, le grand patronat français pousse le gouvernement à développer rapidement des parcs d’énergies renouvelables. Plus de 20 GW (gigawatts) de projets solaires et éoliens terrestres, dont 4 GW qui pourraient être opérationnels sous deux ans, sont en attente d’autorisation sur les bureaux des préfets, déplore Jean-Pierre Clamadieu. Le solaire et l’éolien ont l’efficacité d’un emplâtre sur une jambe de bois. D’un coût exorbitant, ils ne représentent à eux deux que 8,5% de la production électrique française. L’ « urgence absolue » en l’espèce serait d’employer les fonds publics à construire de nouvelles tranches de centrales nucléaires : souvenons-nous que la politique volontariste d’un Pierre Messmer dans les années 1970 avait fait de la France, jusqu’à cette année, un pays souverain en termes de production électrique. Le nucléaire est une énergie sûre, produisant une électricité bon marché. On peut déplorer l’abandon dans les années 1980, alors que la France possédait sans doute le meilleur savoir-faire du monde en matière nucléaire, de la filière surrégénératrice qui aurait permis un recyclage des déchets nucléaires eux-mêmes producteurs d’électricité.

***

Relevons par ailleurs que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis ce lundi à Bruxelles, n’ont pu se mettre d’accord – l’unanimité des 27 membres est requise – ni sur un neuvième « paquet » de sanctions à l’encontre de la Fédération de Russie, ni sur le montant d’une nouvelle aide à l’Ukraine. Pour le directeur adjoint de l’Institut des pays de la CEI, Vladimir Zharikhin, c’est le signe que les Européens sont en train de réaliser que leur jusqu’au-boutisme antirusse les mène économiquement droit dans le mur. Lors de la prochaine réunion du Conseil de l’UE au niveau des ministres des Affaires étrangères, la discussion sur les sanctions sera « très longue et très difficile », a reconnu le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, après l’échec de la réunion de ce lundi.

***

Côté russe, on raille l’alignement servile des Européens sur les intérêts américains qui conduit à désindustrialiser le Vieux Continent pour le plus grand profit des États-Unis. C’est ainsi que le politologue et économiste russe Alexander Dudchak, proche du Kremlin, a récemment ironisé on ne peut plus cyniquement :

« Que les Européens gèlent et crèvent de faim d’abord… Ils sont en train de tuer leur économie. Après, eh bien nous verrons. Et nous devrons traiter avec le plus grand pragmatisme le rétablissement des relations économiques entre la Fédération de Russie et l’Union européenne, afin d’obtenir le plus grand bénéfice pour nous-mêmes »

En Europe, tout le monde espère que la Russie va mourir, mais…

 

Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

 

 

 

https://riafan.ru/23796159-politolog_zharihin_evropeitsi_ponyali_chto_ot_dal_neishih_sanktsii_im_budet_huzhe_chem_nam

 

 

Selon la Commission européenne, la « liste noire de l’UE » dans le cadre du 9e « paquet » de sanctions devrait inclure jusqu’à 200 personnes, entreprises et organisations de Russie, dont trois banques, des entreprises du complexe militaro-industriel, du complexe énergétique et de l’industrie minière. L’UE a également l’intention d’interdire la diffusion de quatre chaînes de télévision fédérales russes sur son territoire.

« Bien sûr, je ne pense pas que ce soit par « humanité » que les responsables de l’UE aient suspendu pour l’instant leur 9è paquet de sanctions…», ironise M. Zharikhin, qui poursuit :

« Si j’ai bien compris, les experts à Bruxelles ont soigneusement analysé ce 9è paquet et se sont rendu compte qu’en le mettant en œuvre, ils mettraient dans une situation bien pire que la nôtre. Par conséquent, les responsables européens ont décidé de ne pas poursuivre cette politique désastreuse : ils y ont vu trop de dommages pour leurs économies. Pas étonnant, selon des sources à Bruxelles, qu’un certain nombre d’États membres de l’UE aient exigé pour eux-mêmes un grand nombre d’exceptions aux restrictions proposées. Pour de nombreux pays de l’UE, il est devenu évident que le nouveau paquet frappe inutilement les intérêts de l’Europe. »

« Je pense qu’ils vont essayer d’améliorer la mise en œuvre des sanctions contre Moscou qui ont déjà été introduites et approuvées [les 8 premiers « paquets » de sanctions]. Il s’agit d’élaborer des sanctions qui nous frappent sans que les Européens ne subissent de choc en retour. L’activité de sanctions de Bruxelles continuera de diminuer. En effet, comme nous pouvons le voir, les Européens n’ont pratiquement plus d’outils vraiment efficaces et évidents pour forcer le Kremlin à changer de politique », estime le politologue.

https://fr.euronews.com/2022/12/07/la-commission-europeenne-envisage-un-neuvieme-paquet-de-sanctions-contre-la-russie

Photo : Renault jpeg

Énergie –> panique industrielle en Europe – ça va mal
(Brice, ça dit quoi chez Renault?)

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Risque-de-desindustrialisation-en-Europe-une-urgence-absolue-alertent-les-industriels-70575.html

image_pdfimage_print

4 Commentaires

  1. Macron une fois de plus A MENTI en arguant lors de tt les problèmes survenus pendant le covid que tt serait fait pour relocaliser ceux qui s’étaient délocalisés. Une fois de plus mensonge RIEN n’a été fait, tt au contraire la délocalisation s’est poursuivie au point qu’aujourd’une la dernière usine qui concerne du médicale VA FERMER SES PORTES, plus de 500 personnes au chômage. PERSONNE ne s’est déplacé chez eux pour les aider, NI MACRON, NI LES MINISTRES, tous s’en foutent préfèrent donner des MILLIARDS € à des entreprise étrangères, à l’aide à L’INVASION /IMPORTATION de sangsues improductives et criminelles infestés de terroristes. POURQUOI parce ce que les allemands, américains ACHETENT EN PRIORITES LEURS FABRIQUATIONS, PENDANT QUE les français achètent chinois !!!

  2. Oui, l’économie, c’est de l’énergie transformée. Mais depuis que les traités de maastrich et de lisbonne nous ont cassés les guiboles, et si nos guignols au pouvoir n’avaient pas saboté nos centrales nucléaires et même sa filière, nous serions l’eldorado des industries Européennes et d’ailleurs peut-être.
    Enfin, du moment qu’on a le foot et Mbappé… la France est sauvée !

  3. Les Grandes entreprises Françaises qui délocalisent récemment disent partir aux USA…J’ai émigré en Espagne récemment et les grandes entreprises Espagnoles parlent de délocalisation…..aux USA ! Bon ! Je ne suis pas complotiste…Ahahahahah ! Faisons semblant que je n’ai rien remarqué, attendons qu’un grand économiste s’inquiète de ces départs d’entreprises de pointe d’Europe aux USA dans 2 ou 3 ans, pour que les medias de droite commencent à s’inquiéter…

Les commentaires sont fermés.