Désinformation, arme de guerre (4)

av BHL PHOTO AYLANLe thème de la désinformation

Le thème de la désinformation est ce que l’on veut faire gober à l’opinion publique pour parvenir à sa désinformation.
Son contenu est donc essentiel. En principe, le commanditaire en assurera la définition et l’agent en assurera le traitement, Pour un meilleur résultat, commanditaire et agent assurent sa mise en forme.

Définition du thème

En publicité, toute campagne nécessite un thème, aussi simple, voire simpliste, que possible.
Un thème peut être défini comme une Idée, une pensée constituant le sujet principal d’une opération de désinformation, tout à la fois l’objet de la réflexion, de l’activité du commanditaire et de l’agent.
Dans une publicité, on dira que « le produit X est meilleur que les autres produits similaires », ou que « le produit X est moins cher que les autres produits similaires ». Ce sont là deux thèmes possibles, mais pour des raisons de crédibilité, ils seront rarement utilisés simultanément.
En désinformation, que l’on se souvienne de « l’appel de Stockholm1 » dont le but était d’orienter les Nations occidentales vers le communisme. Il n’a jamais fait l’éloge du communisme, mais dans ce document, ceux qui en avaient été les inspirateurs ou les rédacteurs, insistaient – lourdement – sur « les désirs de paix de l’ex-URSS et sur les désirs de guerre des USA » : le thème de l’opération de désinformation à destination de l’Occident, en général, et des USA, en particulier.

Traitement du thème

D’une manière générale, la publicité se limite à la répétition d’un slogan qui est ânonné jusqu’à l’insupportable, au moment de la plus grande réceptivité de la cible : elle n’a rien d’autre à offrir. La répétition du slogan est la manière de traiter le thème.
En publicité, le rationnel n’est pas de mise, les expressions utilisées n’ont pas beaucoup de sens, et encore moins le respect de la langue française : « avec X, je positive », « il est Morgan de moi », ceci permet de toucher la sensibilité, donc de faire acheter.
Qu’importe l’utilisation du pidgin2 en lieu et place de la langue française !
Par ailleurs, en désinformation, comme en publicité, l’acceptation par la cible est améliorée si le « langage » utilisé est facilement accessible aux individus qui la constituent, ou s’il fait une utilisation d’un code de langage utilisé par les individus constituant la cible : pidgin, sabir3, … Voire s’il n’est pas rationnel.
Le traitement du thème est confié à des agents d’influence imaginant, identifiant les manières les mieux adaptées pour faire passer à la cible des messages conformes à l’esprit du thème.
Par ailleurs, en désinformation, le thème pourra être traité de plusieurs manières :
– non diffusion d’informations, empêchant la connaissance de certains faits ;4
– diffusion d’informations incomplètes, tendancieuses5 ou contraires à la vérité altérant la connaissance des faits par la cible;
– introduction d’informations exogènes brouillant la compréhension des faits par la cible;
– surinformation de la cible entraînant une confusion entre essentiel et  secondaire, ou induisant sa lassitude ;
– diffusion d’informations accompagnées de commentaires orientés aboutissant à un contrôle de la pensée cible.
Le résultat obtenu sera notablement amélioré par une combinaison de plusieurs des manières présentées ci-dessus.

Les supports du thème

En publicité, le consommateur est frappé, étonné, voire séduit, mais pas nécessairement persuadé. Il n’est pas vraiment dupe. Le succès d’une campagne publicitaire repose sur : l’intérêt visuel ou auditif d’un message ; la répétition, le matraquage du slogan associé, et non sur la véracité ou la vraisemblance, qui sont peu importantes.
En désinformation, il est nécessaire d’aller au delà : il est indispensable que la cible croie ce qui lui est raconté !
Les supports du thème sont des faits vrais ou imaginés pour l’opération. C’est leur utilisation dans le contexte de l’opération de désinformation qui en fait des supports du thème.

La préparation de la Cible

La désinformation d’une cible6 nécessite sa préparation préalable.
Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour la préparation, avant de lancer la désinformation proprement dite :
– diabolisation ou déshumanisation des individus composant la cible.
La diabolisation repose sur des informations falsifiées. Elle consiste à « démolir » l’adversaire potentiel ou l’ennemi en s’appuyant sur des faux : renseignements, déclarations, photos, bandes sonores, vidéos, et aussi, maintenant, pensées prêtées à l’ennemi ou à l’adversaire.
Saddam Hussein était présenté comme un nouvel Hitler puisqu’il avait fait usage de gaz de combat, qualifié d’arme de destruction massives. Cela a permis de justifier des bombardements massifs, auprès de l’opinion mondiale.
Sous sa forme la plus conventionnelle : véritable mise en accusation du FN et de ses électeurs, en raison de leur comportement déviant puisque non « républicain », selon les deux oligarchies régnantes. Par ailleurs, les termes « république » et « républicain » n’ont jamais fait l’objet de la moindre définition de la part les illuminati de l’UMP et du PS, ce qui leur serait difficile puisque ces deux termes ont un contenu sémantique bien précis et qui n’a rien à voir avec les élucubrations des oligarchies mentionnées.
Assimilation des adhérents du FN à des nazis, reprenant l’antienne d’origine soviéto-communiste selon laquelle le parti nazi était d’extrême droite, alors qu’il s’agissait d’un parti socialiste national auquel s’étaient associés les crypto-communistes italiens !
Et, sous sa forme la plus la plus dangereuse pour la Nation française et la Liberté, véritable mise en accusation du FN et de ses électeurs par l’oligarchie PS du fait de leur existence même. C’est : elle qui conduit à la guerre civile !
– accusation d’atrocités commises par les individus composant la cible.
Les troupes irakiennes au Koweït tuaient des bébés prématurés et volaient les couveuses pour les rapporter en Irak.
Sous une forme « atténuée » : mise en accusation des Européens parce que n’ayant pas secouru des immigrants en temps et en heure, ceci ayant conduit à la noyade d’un jeune enfant… Bien que cette « information » ne soit qu’une intoxication, ceci a permis une campagne violente contre l’E.U. dans la presse mondiale. Le résultat a été une inflexion majeure dans la politique d’accueil des immigrants, avec ses conséquences dans plusieurs domaines : santé, économique et sécurité, plus particulièrement.
Propos ignobles de JJ Bourdin qui sur RMC – BFMTV a fait un amalgame ignoble entre le FN et l’Etat islamique. Et puisque l’Etat islamique commet des atrocités, alors sans oser le dire ouvertement, le brillant JJ Bourdin incite ses auditeurs à en déduire que le FN en fait autant !

« …Revenons sur Daech. Je voudrais revenir sur les liens… euh… entre Daech et le Front… enfin les liens, pas les liens directs entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté… d’esprit, parce que l’idée pour Daech c’est de pousser la société française au repli identitaire. … »

– gonflement exponentiel des enjeux.
A l’époque, la guerre du Golfe a été présentée comme le combat pour un nouvel et meilleur ordre mondial, …, voire – même – le destin de la Civilisation. On connaît la suite !
Aujourd’hui, largement utilisé en France dans le domaine de la politique intérieure : le vote en faveur du F.N. conduit vers la guerre civile.
– polarisation ou manichéisme : qui n’est pas avec nous est contre nous : dichotomie entre les bons et les mauvais.
Aujourd’hui, largement utilisé en France dans le domaine de la politique intérieure : le vote en faveur du F.N est un vote contre la république7. Seuls les votes en faveur des deux oligarchies partisanes sont des votes républicains, donc honorables.
invocation d’une sanction divine. Par exemple, Saddam Hussein enveloppa son agression du Koweit dans le voile de l’islam ;
meta-propagande, discrédit de la propagande adverse, suspicion sur tout ce qui vient de lui. Par exemple : les porte-parole de la coalition durant la guerre du Golfe rappelèrent sans cesse que Saddam Hussein exerçait le contrôle total sur la presse, la radio et la télévision irakiennes.
Ces techniques ont toutes pour vocation l’exploitation8 des mass media afin de provoquer l’émotion maximum chez les individus constituant la cible.

Notes

1Pétition contre l’armement nucléaire lancée par le « Mouvement mondial des partisans de la paix », d’inspiration communiste, et par Frédéric Joliot-Curie en 1950. Ce mouvement était totalement contrôlé par le « Kominform », terme en langue russe signifiant « Bureau d’information des partis communistes et ouvriers. »

2Système linguistique composite, plus complet qu’un sabir, formé d’anglais modifié et d’éléments autochtones, servant de langue d’appoint en Extrême-Orient ( définition du CNRTL)

3Parler composite mêlé d’arabe, d’italien, d’espagnol et de français parlé en Afrique du Nord et dans le Levant. ( définition du CNRTL)

4Faits réels ou imaginé(s), relatifs à des actions, intentions, opinions, valeurs, croyances ou idéologies.

5Tendancieux : Qui n’est pas objectif, qui manifeste insidieusement une tendance idéologique, une intention, un parti pris non exprimé ouvertement ou non avoué (CNRTL)

6Rappel : opinion publique ou sous-ensemble de celle-ci.

7Bien que la « république » ne soit qu’une des organisations politiques d’un État ou d’une société. Et, un « républicain » n’est qu’une personne partisane de cette organisation politique. Seuls les êtres humains, donc une nation peut avoir des valeurs

8A prendre dans le sens « abuser à son profit … »

Prochain article : Désinformation, arme de guerre (5) – Désinformation, des recettes pratiques

Sujets abordés :

Les dix recettes
Désinformation : un processus-type
Désinformation : comment s’en protéger

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4 Commentaires

  1. je vous cite un cas typique de désinformation: les banques de prêt ! celles qui font des crédits a la consommation; genre DISFICO ; LEMCETE ou COFINSO: ils vous annoncent des taux -ecrits en gros- ahurissants, mais écrit en petit et défilant très rapidement; qu’il faut emprunter une somme importante et ce sur un court temps!!! il y a aussi les messages dits « subliminaux » comme en 2001 lors des attentats des Twin Towers: un message est rapidement passé en bas d’écran, en anglais et ce 3 fois: « restore hate » je le traduis par « recharger la haine » mais je n’ai pas très bien compris!!!

    • Tête de fer,
      Les exemp!es tel que vous citez ne sont pas de à désinformation.
      Le premier ne serait que de la tromperie, peut-être de la publicité mensongère…
      Quant à parler de message subliminal dans votre deuxième exemple … Il faudrait que vous ayez eu accès à l’original de la vidéo ou du film pour en avoir la preuve ! C’est quand même assez difficile à démontrer !

      • exact JFC, j’ai cité ceci a cause de l’article sur les pubs cité dans « desinformation » mais je m’en souviens très bien.Peut-être le coup des banques est-il plutôt de la tromperie? quand a la video des attentats du 11 sept; c’était sur la chaine BFMTV je m’en souviens très bien; lorsqu’on voyait le boeing s’ecraser sur la 1ère tour.et c’est là que j’ai lu le message.j’ai compris que le monde occidental était entré en guerre.Mais combien l’ont compris?? Peu je crains!! maintenant de la désinformation il n’en manque pas: la menace de guerre civile par Manouel le petit Toréador en était un exemple.
        De même lorsque qu’on dit que sa famille a lutté contre Franco: FAUX!!!! Désinformation!!!

        • Tête de fer,
          Dans ma réponse précédente, j’ai oublié de dire qu’un message ou une image subliminale n’est pas consciemment perceptible. Le cerveau l’enregistre, mais tout se passe comme si elle n’était pas visible, « on ne la voit pas passer ». L’analyse image par image (ce qui peut prendre un certain temps …) permet de constater la présence de l’image ou du texte trompeur.
          En ce qui concerne le « comportement » de la famille du Premier ministre sous Franco, tout au plus s’agit-il de tentative d’intoxication, mais pas de désinformation : nous ne sommes pas concernés par cette affaire, par ailleurs la seule victime des bobards est celui qui les a proférés, pas les Français. A noter que l’on ne peut être considéré responsable du comportement des générations antérieures.

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