Désolé, M. Philarchein, Breivik a un discours d’extrême droite !

Publié le 1 août 2011 - par - 699 vues
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Je vous écris pour répondre à l’article « Anders Breivik n’a pas le discours traditionnel de l’extrême droite » de Jacques Philarchein.

Concernant la définition du marxisme culturel, ne répond pas trop à une philosophie de gauche, ni même marxiste, puisque non universaliste, celui ci constitue plus une déviation des idées de gauche qu’une idée de gauche.
Marx insistait sur l’émancipation, donc vis à vis des traditions, de la religion et de la domination économique, dans le pseudo marxisme culturel, on est loin de tous ces concepts.
Au mieux cela devrait être considéré comme du gauchisme, sinon de la droite déguisée en gauche. La gauche s’est bâtie sur la non ethnicisation des conflits, alors que le pseudo-marxisme culturel lui ethnicise les différence.
Une idéologie qui arrive à favoriser le communautarisme ne peut se prévaloir de façon légitime du marxisme, si on veut être rigoureux.

Mais surtout j’interviens au sujet sur la qualification ou la non qualification d’extrême droite du terroriste norvégien.
Tout d’abord l’auteur ne définit pas ce qu’il entend par extrême droite, et s’en tient à quelques caractéristiques fragmentaires qui reposent plus sur le domaine de l’apparence que du fond.
Dans aucun des éléments donnés, il n’apparait les caractéristiques communes à toutes les extrêmes droites de la planète terre, d’hier et d’aujourd’hui.
Donc avec une vision parcellaire de l’extrême droite on peut exclure certaines mouvements d’extrême droite de l’extrême droite, sans que cela ne change leur nature, c’est ce qui se passe dans l’article.
Et c’est ce qui se passe dans cet article.
Par exemple comment faire de l’antisémitisme le critère indépassable de l’extrême droite quand on sait qu’il y a des mouvements d’extrême droite juifs?
Quand on voit en Amérique les fondamentalistes protestants soutenir les juifs israéliens contre les musulmans?
Pourquoi réduire l’extrême droite à la défense du capitalisme, alors qu’au début une partie de l’extrême droite s’est opposée au capitalisme naissant?
Surtout que notre terroriste norvégien, est plutôt opposé au capitalisme international plutôt qu’au capitalisme national, ce qui pour un nationaliste d’extrême droite est assez cohérent.

De toute façon, le système économique n’a jamais été le pivot de l’extrême droite, le cœur de l’extrême droite se situe au niveau politique et sociétal, les oppositions vis à vis de tel groupe, tel système, ne dépend que du schéma particulier de l’idéologie défendue.
Une idéologie d’extrême droite ne peut s’analyser que par rapport à sa vision des rapports politiques et sociétaux à l’intérieur de leur modèle, et ce indépendamment des amitiés ou inimitiés ethniques, religieuses, ou nationalistes. Un mouvement d’extrême droite se repère avant tout par ce qu’il défend, et ce contre quoi il s’oppose en creux, même si ce n’est pas exprimé directement.
Ce qui permet de caractériser toutes les idéologies d’extrême droite indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse, c’est une vision communautaire et autoritaire de la société, à l’opposé d’une vision moderne individualiste, les individus sont enfermés dans des communautés cloisonnées par l’idéologie et sont soumis à l’autorité de cette communauté ou à la communauté supérieure, les modulations individuelles n’ont pas leur place, la communauté est vue ou doit être homogène . Et d’autre part elles se caractérisent par leur hiérarchisation de ces communautés, et des personnes, ce sont des idéologies inégalitaires et différentialistes.

Donc ce qu’il faut avant tout regarder pour savoir si notre terroriste norvégien est ou n’est pas d’extrême droite, c’est sa vision de la société et du monde.
Dans un passage de son manifeste le terroriste fait une liste à la Prévert des politiques internationales qu’il reproche aux puissances occidentales, et ce qu’il ressort de cette critique, c’est qu’il a une vision étriquée des relations internationales limitées uniquement à l’appartenance ethnique ou religieuse, les blancs chrétiens contre les non européens musulmans, indépendamment des enjeux politiques, économiques en jeu en dehors de ces considérations,
.
Donc déjà cela donne une vision d’extrême droite du monde de sa part.

Comme dans son long manifeste, il pose les bases d’un programme politique, il suffit de regarder ce qu’il annonce pour savoir s’il est ou s’il n’est pas d’extrême droite.

Et ce qu’il veut comme système politique c’est une dictature chrétienne conservatrice. La seule concession au pluralisme qu’il fait ce serait un multipartisme d’extrêmes droites chrétiennes.
Dans son système, tout est régi par une vision autoritaire du conservatisme chrétien.
Le pluralisme politique est interdit, il est contre la démocratie, et il y a des traitements différentialistes selon les différences, donc il est anti-républicain en accord avec la philosophie d’extrême droite.
De même il lutte contre le multiculturalisme pour défendre un monoculturalisme imposé à tous.
Tout le monde devrait se convertir au christianisme, notamment les étrangers qui veulent résider en Europe, les non chrétiens n’ont pas la nationalité, et doivent quitter le pays, donc il est anti-laïque, contrairement à riposte laïque, en accord avec la philosophie d’extrême droite.
Et sur le rôle de la femme sur lequel il s’étend, il se montre clairement autoritaire et discriminatoire, en accord avec la philosophie d’extrême droite.

Si on fait la synthèse, le terroriste norvégien défend une société intolérante, autoritaire, communautaire, discriminante, différentialiste, anti individualiste, anti égalitaire, antidémocratique, antilaïque, donc d’extrême droite.

Jean-Louis Pech

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