Municipales : deux exemples qui ne grandissent pas les politiciens mais dégoûtent les électeurs

Préparation des listes municipales. 

1er round : la commission d’investiture UMP voulant un candidat « jeune » choisit parmi ses rangs un quadragénaire, issu de la politique. Elle laisse sur le carreau un sexagénaire, issu du monde de l’entreprise, rien de moins que l’actuel président d’une CCI (territoriale, comme on doit dire maintenant). Lequel, faisant bon gré contre mauvaise pioche, se dit prêt à faire partie de la liste en fervent partisan de l’union sacrée contre le PS en place, mais, dans la mesure de ses compétences entrepreunariales (réelles). A condition toutefois, que parle, seule la poudre de la relance économique, au lieu des circonvolutions politiciennes qui nous mènent là où la France est déjà. Grimaces et propos aigres-doux. Conférence de presse réduite de l’intéressé. J’en suis.

2ème round : la fameuse union sacrée est le groupe d’opposition municipal, qui comprend : l’UMP, l’UDI et les non-inscrits. Rappelons à propos de l’UDI, les vicissitudes du Centre éclaté en Nouveau Centre et Modem. Là encore, deux hommes en lice, dont l’un très en vue. Coup de théâtre, ce n’est pas lui qui est investi, mais l’autre. Museau. Mais comme on n’est pas des charretiers, on fait bonne figure blême.

3ème round : la commission d’investiture UDI, laquelle se résume à la décision unique collégiale et concertée de Jean-Louis Borloo, après concertation avec lui-même en personne, décide de désigner le second homme… tête de liste de la Communauté d’agglomération! Un coup de gourdin inédit qui laisse pantois les unionistes : l’UDI entend assurer ses arrières en mettant ainsi deux fers au feu!

Et voilà l’homme accessit aussitôt revigoré qui pense que tous les autres partis devraient en faire autant pour clarifier leurs positions. Salut les copains! On ne sait en revanche si la clarification vise aussi les électeurs. Il est permis d’en douter, surtout que là, tout de suite, ils sont sur les plages. Et à la rentrée, les factures et la bagarre des retraites les attendent.

Dans ce contexte, les tenants de l’union sacrée locale* sont tous d’accord sur un point…de désaccord : les négociations pour la répartition des postes ne vont pas être faciles. Un euphémisme. Mais tous ont cependant l’outrecuidance d’agiter, entre-eux, le « danger » FN pour justifier l’obligation de parvenir à un accord. D’autant plus, qu’électeurs, entendez bien : « ici, la mairie s’est toujours gagnée au centre ». C’est donc une quasi formalité. Circulez, y-a-rien à voir!

Dans l’ombre, le PS local et ses vassaux lisent, écoutent, surveillent et ne pipent pas mot. Ils sont preneurs et repreneurs de toute idée pour le compte dévoyé de l’appareil socialiste.

Reste que ce tripatouillage éhonté prouve que municipalités et inter-communalités (quelles que soient leurs tailles, car elles ont toutes vocation à absorption) sont indissociables du scrutin de mars 2014. Reste aussi que jusqu’à présent, sauf exception, c’est le maire de la commune-centre qui préside l’interco, sinon il est intéressant de voir comment ça se passe mal.

Reste enfin que rien de ce qui intéresse vraiment la population n’est dit : à savoir le programme pour la ville* et son interdépendance avec la politique nationale. Et, un mois après, en juin, on pourra même ajouter : et son interdépendance avec la politique européenne.

Noms et lieu à disposition sur simple demande.

Dernier round : avantage aux citoyens, au soir du 2ème tour.

Jacques Chassaing

 

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