Deux petits contes pour enfants, sur les poules, les renards et les fous…

Publié le 13 février 2019 - par - 13 commentaires - 1 183 vues
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Première histoire :

Il était une fois un fermier qui avait des poules. C’était un fermier clairvoyant, il avait récupéré des volailles qui avaient beaucoup souffert chez leur précédent propriétaire. Ici, elles étaient bien. Elles avaient de quoi picorer, becqueter, et de quoi gratter, un beau poulailler, du grain de qualité et beaucoup de petits poussins, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais le fermier, s’il était intelligent, était aussi très ambitieux et ne supportait pas qu’on le contrarie. Un jour, il décida d’adopter une dizaine de renards qui ne voulaient plus rester dans la forêt où ils étaient nés. Ils prétendaient que les chasseurs les poursuivaient, qu’ils étaient torturés, qu’ils n’avaient plus rien à manger, ils avaient même traversé la rivière au péril de leur vie pour pouvoir profiter d’une vie meilleure à la ferme. Ces animaux sont très rusés, chacun le savait, les vaches, les veaux, les porcs, les ânes, et ils beuglaient, ils brayaient, ils mugissaient ils grommelaient pour que le fermier se rendre compte de son erreur. Mais rien n’y fit, il installa les goupils dans des étables bien propres, comme neuves, leur donna à manger, à boire, et alla se coucher.

Le lendemain matin, il ne se réveilla que très tard, car le coq n’avait pas chanté. Etonné, il enfila son falzar, glissa les pieds dans ses sabots et se précipita au poulailler pour voir si le coq était encore là. Malheur de malheur, il était bien là, mais étendu dans une mare de sang, et plus mort que mort. Dans le jardin, juste à côté, toutes ses poulettes étaient trépassées, elles aussi. Décédées, rétamées. En plein repos éternel. Le fermier en grand deuil, qui n’était pas aussi intelligent qu’on le croyait au début de l’histoire, était très étonné (ou faisait semblant).

Les vaches, les veaux, les porcs, les lapins, les chèvres et les dindons beuglaient, bêlaient, hennissaient, criaillaient de plus en plus fort, car ils avaient compris ce qui s’était passé. Les renards, quant à eux, sommeillaient au soleil, le ventre plein et ne se mêlaient pas du problème. Ces animaux préféraient glander, rester à rien foutre et se faire offrir de la nourriture sans remuer le petit doigt.

Le fermier, fou furieux ou faisant semblant de l’être, se rendit à la ville et commença à hurler dans les rues : scandale ! Massacre au poulailler, carnage, hécatombe, boucherie, 22 victimes, il faut trouver les auteurs et les punir sévèrement. D’où donc peut venir cette violence ? Je ne comprends pas. Personne dans le pays n’en a la moindre idée. Pas de pitié. Ce genre d’acte n’a pas sa place dans nos campagnes. Nous ne supporterons plus ces crimes odieux. Nous sommes offusqués, choqués, scandalisés ! Plus jamais comme en 40 !

Morale 1 : quand on a des poules, on ne fait pas venir des renards.
Morale 2 : quand on constate le massacre, on ne fait pas semblant de ne pas comprendre alors qu’on a la solution juste sous le nez.
Morale 3 : même un âne comprend qu’il suffirait de supprimer les renards pour que les poules puissent continuer à gratter et à picorer joyeusement.

Deuxième histoire

Dans un pays qui allait très mal, car le roi était un dictateur très méchant qui avait épousé une reine très vieille, ne pouvait avoir de successeur, et était donc particulièrement frustré, les manants décidèrent un jour de se révolter et de monter au château avec leur bêches, leurs piques, leurs sarcles, pour dire au méchant roi qu’il leur fallait plus d’écus, car ils manquaient de pain. Mais l’odieux souverain s’était barricadé dans le château avec son épouse, royale mais défraichie du menton, et envoyait ses cruels soldats taper dans le tas à l’aveuglette, avec de vraies armes, le pire : c’étaient les manants qui payaient ces armes en travaillant dans les champs, sur les routes, dans les mines. Donc, beaucoup de manants furent gravement blessés, certains mêmes tués. Ce qui ne dérangeait pas du tout le roi. Avec la reine, qui était pourtant plutôt ramollie de la colonne, il partait même en voyage dans de beaux pays lointains, pour admirer des pyramides, des sarcophages, des sphinx, des musées, se faire admirer, flatter, et déguster des mets précieux au lieu de soigner les pauvres manants.

La souveraine, aussi délabrée que les sphinx, au lieu de se comporter comme la Reine Elisabeth au grand cœur – qui soignait elle-même les blessés pendant la guerre – exigeait de plus en plus de louis d’or pour décorer son château. Elle faisait aussi souvent venir des gens pour amuser la cour, on les appelait les fous du roi, c’était leur métier, d’amuser, normalement. L’un d’entre eux, croulant lui aussi, s’appelait François et se mêlait toujours de ce qui ne le regardait pas. Comme le roi et sa rombière étaient en voyage il s’est rendu sur la place du village et a commencé à faire une déclaration tellement démoniaque que tout le monde s’en souvient aujourd’hui encore, après tant de temps, bien au-delà des frontières du royaume. Il criait : depuis le début, ils me font chier, ces manants. Et encore : comment ça se fait que vingt personnes peuvent emmerder autant de monde? Ce fou, qui devait manifestement avoir un problème de digestion, était franchement un égoïste, car il disposait d’une belle couche au château, même d’une magnifique alcôve, de plantureux repas, de vins sélectionnés, et d’habits cousus d’or, alors que les pauvres manants n’avaient que des guenilles. Plusieurs paysans ont décidé de se venger, mais à l’heure où je vous rapporte les faits, personne ne sait encore s’ils vont le noyer dans une cuve de purin ou plutôt lui crever les yeux comme le font les soldats du roi, ce qui à mon avis, serait une bonne chose.

Morale de l’histoire : ne jamais écouter ce que racontent les fous.

Anne Schubert

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Notifiez de
pellerm

Trop mignon …ou comment instruire ses petits enfants le soir au coin du feu ..!

Olivia

Si j’avais des enfants prêts de moi je ne leur lirai pas vos contes. Tout le monde a compris. Mais je déteste qu’au motif de fustiger les hommes pour leurs fautes et autres stupidités on établisse un parallèle avec les animaux, notamment les renards. Les pauvres bêtes ont suffisamment d’ennemis parmi les chasseurs sans y ajouter l’absurdité de comparaisons douteuses… Les renards sont aussi les prédateurs des mulots, vecteurs de la maladie de Lyme, pour votre info. Quant au roi et à la reine… N’est pas La Fontaine ni Perrault qui veut…

Lisianthus

Le sens de l’humour et du discours au second degré sont une forme d’intelligence salvatrice, visiblement ça vous manque.

Olivia

Je comprends le second degré et l’humour mais c’est dès l’enfance qu’on inculque de fausses idées sur le loup, le renard, etc… Ces clichés qui véhiculent tant d’images négatives sur ces animaux prennent leurs sources dans les contes pour enfants, les rendant haïssables alors qu’il suffit de les connaître d’un peu plus près pour les comprendre et les aimer. C’est pourquoi je n’apprécie pas que le renard soit réduit à un mangeur de poules car son rôle dans la Nature va bien au-delà et il est utile !

Lisianthus

C’est bien ce que je disais… Vous ne croyez pas qu’il y a plus grave dans le monde que de chipoter et pinailler pour des broutilles pareilles ?

ANONYME

Excellentes histoires qui, n’ont aucun rapport avec notre pauvre pays la France, bien sûr ! C’est tout à fait la situation que nous subissons.

Anne-Marie G

On devine qui sont les goupils, animaux très sympathiques tant qu’ils restent dans leurs terriers naturels. Quant à la vieille reine, elle gouvernerait actuellement… le coeur dur de son époux, que cela ne nous étonnerait pas plus que ça. Le style est heureusement désopilant pour mieux faire passer la pilule amère de ces contes qui ne sont pas de fées.

Picsou

N’oubliez pas qu’il faut pieger les nuisibles pour équilibrer les populations… L’homme a transformé la nature en Europe depuis des siècles, il en est maintenant le gestionnaire. Si ce n’est pas fait, vous avez une exemple de résultat…

Une patriote

En 1961 notre petit pays la France était la 2 ème puissance du monde, en 68 elle était la 3 ème ensuite elle se maintient entre la 4 et 5 ème place jusqu’en 97, 6 ème en 2006 Depuis 2013, avec Hollande et Macron la chute est vertigineuse, alors que la Chine en peu de temps se retrouve être la 2 ème puissance du monde après les américains ! Les gauchistes pour remplir leurs comptes en banque bradent, envahissent, appauvrissent, ruinent et détruisent notre pays. Hollande puis Macron sonnent volontairement l’effondrement de la France dans tout les domaines ce qui… lire la suite

HELLENE

Toute ressemblance avec des personnes existant serait purement fortuite…

La Hire

Francois Berleand aurait mieux fait de se taire.Un acteur médiocre a la trogne d’alcoolique mondain,que l’on a beaucoup trop vu et revu,grassement nourri au prytanée ,malgré une totale absence de talent.Jojo ,le G.J.saura s’en souvenir,et quelques autres du même acabit.Les salopards méprisants devront payer leur impudence.Mauvais acteur,mauvaise tirade:UN SALE CON!

andrea

👍👍👍👍
Vivement le changement… Le Vrai !!

Jeanne

excellent !!!!