Deux Tunisiens condamnés à 7 ans de prison pour blasphème

Jabeur Mejri et Ghazi Beji, deux Tunisiens condamnés à 7 ans et demi de prison et une amende de 1200 TND (800 USD) suite à une accusation de blasphème et publication de caricatures et écritures jugées en tant qu’éléments troublants l’ordre publique et transgressant la « morale »; cette condamnation est extrêmement alarmante et représente une vraie menace pour la liberté de conscience et d’expression ».

Jabeur Mejri (à gauche) et Ghazi Béji
Jabeur Mejri (à gauche) et Ghazi Béji

On emprisonne aujourd’hui en Tunisie deux innocents, absolument innocents auxquels on reproche leur liberté de rejeter l’islam et ses affres mortifères et d’avoir caricaturé la belle et sublime image du prophète aussi innocent que ses adeptes, et on exalte et glorifie les crimes contre l’humanité au nom du djihad.

Certes, ils ont été injustement condamnés sur la base des lois existantes, mais inopérantes. Il n’en reste pas moins que ni Bourguiba ni Ben Ali n’ont été des laïcs comme le prétendent leurs détracteurs, ils ont bien fait voter des lois iniques et ineptes pour pénaliser les prétendues atteintes aux valeurs obscures et barbares du sacré.

Le vrai sacré est le respect des libertés politiques et humaines. Le vrai sacré est le souci des biens publics. Le vrai sacré est le respect de la vie humaine. Le vrai sacré est le jour où les musulmans rejettent officiellement le djihad. Le vrai sacré est de respecter le libre-arbitre et le droit du musulman à renoncer à l’islam.

Il est  où le respect du sacré quand on honore la mémoire de Ben Laden et drapé dans la vertu les criminels, des traîtres, des corrompus, des terroristes, des lâches, des gourous, des imposteurs, et on condamne des innocents dont le seul crime est de s’être exprimés en toute liberté sans qu’ils ne fassent du tort à personne, ou diffamer quiconque. Il est où le préjudice moral et corporel subi par le prophète dont se prévaut ses partisans ?

Démythifier, dévoiler, dessiner sous des traits humoristiques la personnalité de cet homme controversé et légendé, ne constitue aucunement ni un crime ni un délit, le vrai crime est celui de la justice tunisienne sourde et aveugle qui au lieu de rendre justice aux hommes elle rend justice à Allah. Si les valeurs de l islam étaient aussi sacrées que cela, pourquoi la justice de ce pays n’a jamais condamné le gourou terroriste pour « apostasie » pour s’être fait passer pour l’amant d’Allah et le compagnon de son prophète ?                                                   Quand un imam prêche la haine du juif dans les mosquées, cela n’est pas une atteinte au droit inaliénable et sacré de tout un chacun de nous au respect absolu de ses convictions ses origines.

Quant à ces deux innocents victimes de l’intolérance musulmane, ils n’ont ni incité à la violence, ni dénigré la foi musulmane, ni jeté le discrédit sur un homme mort il y a plus de 1400 ans, ni profané sa mémoire. Les vrais crimes sont ceux qui font couler le sang des innocents en Syrie, au Mali et en Algérie commis, par des terroristes tunisiens, et dont l’islam est le premier responsable. C est lui qui arme les mains de ses djihadistes.

Priver ces deux innocents de liberté n’est pas une erreur judiciaire, c’est un crime contre les libertés. Leur détention abusive témoigne à juste titre de l’esprit liberticide de l’islam et de son incapacité à s’inscrire dans la modernité et son inadaptation aux lois humaines. Les hommes meurent pour leur liberté et l’islam réprime et tue au nom de la sienne.

Salem Benammar

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