Devant le désastre, faut-il abandonner l’idée européenne ?

Publié le 10 janvier 2016 - par - 6 commentaires - 540 vues
Share

UnioneuropeennenoyeeVouloir gouverner un vaste espace sans l’assentiment de la totalité des peuples qui le composent, mène toujours aux pires représailles. On aurait beau essayer de manipuler l’opinion publique par l’usage des artifices de la duperie et brandir la menace de sanctions économiques, il n’en demeurerait pas moins certain qu’à la fin les peuples se vengeraient, et toujours avec plus de férocité et plus tôt que leurs souverains n’eussent pu l’envisager. Or, ne serait-ce pas légitime ? Si la démocratie veut espérer avoir encore un sens au troisième millénaire, les dirigeants des États régis par un système politique tel, devront apprendre à s’incliner devant « la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes » dans les faits.

La volonté des peuples ne réside pas tant dans les poussiéreux articles de la charte onusienne, pas plus que celle-ci ne siège parmi les hautes assemblées de ce bas-monde. Ce droit souverain est un hymne silencieux, pourtant irréductible, un mouvement d’élévation irrésolu et libre de voies que l’on fait siennes, toutes animées d’une foi que l’on défend, d’une culture que l’on chérit, d’un destin que l’on épouse en conscience ; le seul par lequel, je le crois, l’humanité prend tout son sens. Encore une fois, l’homme universel n’existe pas, alors on s’attaque à la pensée des hommes. Le « Cogito ergo sum » tué par la pensée unique, n’est-ce pas terrifiant de cynisme ? Mais l’abandon de l’idée européenne ne serait-il pas pire encore, que le présent constat ? Alors que faut-il faire ? Proposer un nouvel modèle anthropologique et mener le combat contre les titans modernes, autrement dit définir de nouveaux paradigmes qui eussent pris en compte les mécontentements des foules d’anonymes et eussent osé poser l’idée du bonheur comme postulat premier au détriment de la croissance économique ? Pourquoi rechercher toujours plus de richesses, si c’est toujours le même plus petit nombre qui en jouit à la fin ? Or, cette interrogation n’est-elle pas vaine et la quête zététique dans un monde résolument basculé dans la mondialisation ? Et si nous écartons cette option, laquelle reste-t-il ? Aller vers plus de fédéralisme européen ? Mais les gouvernements des États de l’Union y sont-ils disposés ?

À l’évidence non, puisque l’absence de volonté de politiques convergentes dans des domaines aussi éminemment sensibles que la protection des frontières, celle d’une harmonisation fiscale ou l’indépendance numérique  entraîne les plus candides à penser qu’un impérialisme américain inavoué se soit dissimulé derrière les projets de « partenariats » économiques dits TAFTA ou TTIP actuellement en pourparlers ultra secrets à Bruxelles.
Et à l’échelon national des États, quelle idée nous ferons-nous d’une organisation démocratique alternative ? À vouloir jouer aux chefs des Nations, on n’en reste pas moins homme. Et dans une démocratie réelle, laquelle fuit absolument les stigmates des belles apparences, celui-ci ne doit-il pas apprendre à toujours se conformer à la volonté du plus grand nombre ? Il est naturellement plus aisé de laisser croire à la naïveté , voire à l’ignorance de son peuple. Mais au XXIe siècle, n’est-ce pas un piège de médiocre gouvernant ? Les sociétés civiles occidentales ne sont-elles pas souvent plus lucides, tout autant éduquées et certainement plus expérimentées que leurs élites dirigeantes, dont presque toutes les figures sont des produits de carrières exclusivement politiques ?

Il ne suffira donc pas que ces bellâtres professionnels prouvent leur légitimité à gouverner par le seul argument du résultat des urnes. Celui-ci révèle au pire la pauvreté de la diversité de l’offre politique, et  équivaudrait à un vote de résignation. Au mieux, il démontrerait seulement la disposition particulière d’un candidat à haranguer les foules par l’expression de quelque vision tantôt irénique  tantôt tragique, qui favoriserait la présentation d’un sauveur promettant largesses et conduites exemplaires, lesquelles seront finalement tenues au titre de la faveur exceptionnelle dès après l’élection suprême. Pas plus qu’il ne sera admissible de permettre que tout le sort du peuple ne dépende d’une représentation nationale ou supranationale feignant la posture compatissante et cumulant les mandats. Enfin, s’arroger l’opportunité exclusive de proposer l’organisation de référendums est une violence ; le cas échéant, nier la sentence exprimée est un péril et des pires, tant celui-ci attise les feux des plus vives amertumes, installant les rancœurs de la façon la plus durable.
Qu’on se le dise, on ne saurait jamais réduire la République à une parole prostituée. ©

Mylene Doublet-O’Kane

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
Jacqueline

Un seul mot : oui
L’Europe ne nous a apporté que des tracas et ce n’est même pas l’assurance d’un monde sans guerre ,c’est l’europe des finances et des dictatures ,ce n’est pas l’europe des peuples !!!!

pauledesbaux

fnIBA où est passé mon commentaire ?

gutofsalins

j’ai tjrs dit que l’Europe comme la mondialisation étaient une vaste fumisterie au détriment des peuples des pays la composant malheureusement nos politique nous ont trahis depuis nous sommes devenus appauvris et sans défense face a cette invasion muz que nous impose ces mêmes politiques néanmoins il nous reste encore le temps de changer cela mais si nos compatriotes continuent de nier l’évidence là nous seront très mal.

Anne Lauwaert

C’est une constante dans l’histoire: former un empire, démanteler l’empire soit centraliser et ensuite décentraliser. Souvenez-vous de Alexandre Le Grand, l’empire romain, Charles Quint, l’empire ottoman, Napoléon ou l’Union Soviétique. Dans notre cas le plan Hallstein “Das Neue Europa” qui a été rédigé pour Hitler en 1938, est sans doute arrivé à son implosion. Il en va de même avec les idéologies et même les religions, elles naissent, arrivent à une apogée et puis implosent… tout casse, tout lasse, tout passe…

pauledesbaux

YHzPj tout lasse, tout passe et TOUT DOIT CASSER sortons de cet enfer européen nous sommes en europe oui mais nous voulons rester NATION FRANCAISE? CE PETIT CONNARD DE SARKONAINUL SENTANT SA MORT PROCHAINE a vite fait voté l’annulation du REFERENDUM inscrit par DEGAULLE DANS NOTRE CONSTITUTION mais pour qui s’est-il pris ce nain ? il a détricotté tout ce que LE GRAND avait construit pour une démocratie souhaitée, toujours ce petit con est rentré dans l’OTAN d’où nous étions sortis des pattes des amerlocs infaaaames et voilà le travail il a encore l’audace de se croire le meilleur tout comme ALIJUPPE dailleurs ils n’ont de grand que leur nez et leur prétention FAISONS LEUR COMPRENDRE QU ILS SONT DU PASSE VIVE LA FRANCE VIVE MARINE ET MARION

jan

« la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes » !
Mot d’ ordre ,à reprendre constamment , partout !