Devenir prof en quelques jours : le formatage en marche

Il faut se rendre à l’évidence : le métier d’enseignant n’attire plus et les candidatures tarissent. Rares sont ceux qui en analysent les causes et l’on ne peut guère compter sur les journalistes pour faire progresser la réflexion. Si l’on met en avant le faible salaire de départ, auquel on oublie d’ajouter les multiples indemnités  (prof principal, conseils de classe, heures de décharge, heures supplémentaires…), les médias du système se gardent bien d’approfondir les causes pourtant connues du malaise de la profession : insécurité physique, déni d’autorité envers les maîtres, injonctions pédagogiques politisées, bidonnage des examens, absence de sanctions, vacuité croissante des contenus des programmes, délaïcisation, sophistication des évaluations, développement de la propagande à tous les niveaux, au mépris du respect du principe de neutralité du service public.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/deux-classes-ont-pris-feu-dans-une-ecole-primaire-a-nimes-1661431397

L’enseignant est contraint à renoncer à l’essentiel de ce qui l’a motivé pour choisir ce métier : l’amour de sa discipline et la transmission des connaissances en tant que professionnel.

Face à la pénurie de profs pour la rentrée, le ministère a mis en place des campagnes de recrutement à l’arrache. En effet, 4 000 postes n’ont pas été pourvus aux concours enseignants (primaire et secondaire), faute de niveau suffisant des candidats. D’où le recours à des contractuels recrutés lors de séances de « job dating » : des entretiens d’une demi-heure s’adressant à des candidats bac+ 3. Un recrutement suspect dont il est permis de penser qu’il ne se limite pas à la seule vérification des aptitudes éducatives des postulants.

https://www.lindependant.fr/2022/06/02/enseignement-embauches-en-30min-et-formes-en-2-semaines-qui-sont-ces-nouveaux-professeurs-contractuels-10333647.php

https://lemediaen442.fr/pole-emploi-cherche-9-624-professeurs-des-ecoles-pour-la-rentree/

Qu’importe ! Ils seront « formés » par les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation, les INSPE, qui ont remplacé les IUFM mis en place en 1990. Sortis de la loi dite de Refondation de l’école en 2013, ils ont pour but d’élever le niveau de connaissances, de compétences et de culture de tous les enfants, réduire les inégalités sociales et territoriales, réduire le nombre de sorties sans qualification. Le ministre de l’Éducation était alors Vincent Peillon, sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

On remarquera « qu’élever le niveau de connaissances » n’est pas tout à fait la même chose que « transmettre des connaissances ».

Ainsi, la formation des maîtres qui incombait avant 1990 aux écoles normales, sous l’autorité des inspections académiques, passe sous la tutelle de l’Université. Une aubaine pour les « pédagogistes » qui, avec les complicités politiques que l’on connaît, auront réussi à noyauter l’institution, à mettre en place une véritable machine à culpabiliser les profs (« vous ne savez pas enseigner… vous ne savez pas évaluer ») pour leur imposer de nouvelles missions, de nouvelles pratiques dans le sens voulu par les gauchistes au pouvoir.

https://www.cahiers-pedagogiques.com/des-critiques-comprehensibles/

La loi de Refondation de l’école de 2013 constitue une étape dans l’idéologisation de la formation des enseignants, au point que Jean-Paul Brighelli, dans un article du Point datant d’octobre 2014,  en vient même à regretter… les IUFM qu’il qualifiait pourtant de « temples du pédagogisme triomphant ». Comme dans tous les régimes totalitaires, ils ont commencé par imposer un nouveau vocabulaire : « l’élève devenait « un apprenant », un cours devenait « une séquence » etc.

Finis les CPR (Centres pédagogiques régionaux) qui formaient les professeurs stagiaires, sous la houlette des corps d’inspection. Place aux INSPE qui bénéficient pour leur mission de « formation » d’une manne financière inédite. Ils perçoivent même la taxe d’apprentissage !

https://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/devenir-enseignant-le-grand-n-importe-quoi-21-10-2014-1874352_1886.php

Quant aux sessions de formation, journées d’étude, cycles de conférences organisés par ces instituts, il n’y est question que d’égalité fille-garçon, d’éco-citoyenneté, de valeurs de la République, d’enseignement du genre, de sensibilisation à l’éducation inclusive mais plus rarement de laïcité. En un mot, l’éducation à la bien-pensance. Peu importe si les          « apprenants » savent lire, écrire ou compter. Mais comme me dit un jour un inspecteur de sciences, d’une rare stupidité : « maintenant il y a les machines, il faut être de son temps ! ». Une tête bien faite ? Non, mais une tête bien formatée et pas trop pleine, que l’on puisse plus tard  remplir à la carte, avec la complicité de médias aux ordres !  N’est-ce pas la finalité cachée de la politique éducative de ce pays ?

Ce sont donc ces instituts qui vont « former » en un temps record les nouvelles recrues : quelques jours pour les familiariser avec le jargon officiel : APC : activités pédagogiques complémentaires ; PPRE : programme personnalisé de réussite éducative ; PAI : projet d’accueil personnalisé ; et j’en passe.

Autant d’usines à gaz ronronnantes sur lesquelles viendront se greffer des commissions en tout genre, une paperasserie inutile, des réunions de concertation et beaucoup de temps perdu au détriment de l’apprentissage des enseignements disciplinaires.  Comment s’étonner si les résultats des enquêtes PISA sont alarmants !

https://www.linternaute.com/actualite/education/1310839-pisa-2022-le-dernier-classement-et-les-resultats-de-la-france-mis-en-perspective/

Il n’y a plus qu’à espérer que la découverte de ce monde insolite ne dégoûtera pas ces nouveaux apprentis-professeurs. Issus d’un autre moule que celui des masters en sciences de l’Éducation, il y a peut-être à parier que ces nouveaux profils ne tarderont pas à mettre quelques grains de sable dans les engrenages. À moins qu’en ce qui les concerne, la docilité ne l’emporte sur le bon sens.

Hector Poupon

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8 Commentaires

  1. Cette ouverture à des profs n’ayant pas encore été tout à fait formattés par la gauchiasserie, ni par le pédagogisme, me semble dans un premier temps une bonne chose, et nous en aurons peut-être quelques retours de presse passionnants.

    Et lorsque je vois dans le texte de Monsieur Poupon au sujet de la « conférence pédagogie égalitaire » qu’il existe une « docteurE en géographie du genre » je ne pense pas que ces nouveaux profs soient pires que les autres, et je suis même convaincu du contraire.

    6 Franconnais sur 10 expriment leur avis concernant le déclin du pays, ils ont raison, peut-être auraient-ils du mieux veauter.

  2. Trouvez un centre d’entrainement si possible avec des profs thaïlandais et vos enfants vont apprendre a devenir forts…
    En plus, que des Blancs!
    muaythai youth world championship 2022
    https://youtu.be/HHCOXwV0xl0

  3. sos racisme doit jubiler ; il opère le changement qu’il a effectué en afrique du sud avec le même art en france ; toujours les mêmes à la pointe du combat anti Blancs partout sur la planète.

  4. Merci M.Poupon pour ce billet fort juste. Un complément que je m’autorise à rajouter : pour apprendre il faut faire un effort. La déliquescence du système éducatif découle aussi d’une société dont les slogans essentiels sont loisir et zapping. Transmettre, apprendre sont des termes qui se déclinent dans le temps long et non l’immédiateté. L’école a épousé le monde au lieu d’être un rempart contre l’inhumanité d’une pseudo modernité !!!

  5. « …on oublie d’ajouter les multiples indemnités … »? Quelles sont ces multiples indemnités dont vous parlez, dans l’enseignement primaire? Il ne faut pas généraliser quelques cas à la généralité.

  6. L’uberisation de l’éducation nationale et du métier d’enseignant est en marche avec la bénédiction de Jupiter Emmanuel Macron et de son ministre de l’éducation nationale Pap Ndiaye.

  7. Je parlais de ça avec un ami qui m’expliquait que même dans le domaine tertiaire de base dans lequel il travaille plus il y a de femmes, moins le travail est bien fait … Regardez les championnes de la conférence sur la pédagogie égalitaire. L’intersectionnalité des luttes je ne suis pas loin d’y croire : gauchisme be-bête + LGBT + défense des minorités en tous genres = un truc bien féminin ( fait de sociologues, psychologues, écologistes, enseignantes, … )

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