Dialogue avec un vieil ami de gauche, qui craint que mon islamophobie ne me mène au racisme

Publié le 28 mars 2011 - par - 2 083 vues
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Il y a quelques jours un ami de plus de 35 années est passé me voir.
Tout de suite après que je l’ai fait assoir, l’ami m’a posé la question : « Alain, il paraît que tu écris des choses qui sont racistes ? Tu serais islamophobe ? »
L’ami est un homme de gauche. Nous nous sommes connus dans l’action syndicale de terrain il y a plus de trente ans. Aussi, ai-je voulu lui répondre avec autant de franchise qu’il m’a interrogé, en étant le plus précis possible.

– Je vais te répondre d’une manière qui te permettra de te situer toi même.
Comme tu le sais, j’appartiens à une famille qui a été dévastée par la shoah. Néanmoins, j’ai toujours refusé et me suis activement opposé au slogan stalinien « à chacun son boche ». J’ai toujours combattu le point de vue faisant un amalgame entre l’hitlérisme, ses crimes, et le peuple allemand en tant que peuple et nation. Pour l’islam et les musulmans, pour moi, c’est la même chose.

Tu sais aussi que j’ai appartenu à un courant politique que les géniteurs du NPA qualifiaient de « stalinophobe ». J’étais effectivement stalinophobe1*. Est-ce que cela voulait dire que je haïssais le peuple russe en tant que peuple et personnes ? Non, au contraire même. Est-ce que cela voulait dire que je disais aux militants PCF et à ses sympathisants, qui croyaient dur comme fer que l’URSS était « la patrie de travailleurs » malgré la dictature bureaucratique totalitaire qu’ils ne voulaient pas voir : dehors les gars ! Dégagez !
Non, je parlais avec eux, autant qu’il était possible de le faire, parce qu’à l’époque, en France, les staliniens avaient un faible pour les arguments du genre : injures, bousculade et poing dans la gueule.
Est-ce que cela voulait dire que j’amalgamais les staliniens qui croyaient à l’édification socialiste en URSS malgré la police politique et ses chefs qui terrorisaient des millions de soviétiques et organisaient les procès truqués et le goulag ? Bien sur que non.

L’ami n’a pas bien compris cette réponse. Certainement, le stalinisme était totalitaire, mais l’islam, c’est autre chose, c’est une religion, il n’y a rien qui appelle à tuer les Juifs ni à éliminer les gens qui refusent l’islam.
J’ai invité mon ami à faire un effort personnel, en lisant le Coran et ses compléments appelés « hadiths », et en se faisant ainsi sa propre opinion sur sa question.
Une question de mon côté, lui ai-je dis : tu es républicain et laïque ? Alors, réponds-moi, es tu d’accord avec la situation des ces établissements scolaires bordelais ou lillois où tous les élèves doivent prendre des repas « halal », où avec ces restaurants d’entreprise qui ne servent plus de porc aux rationnaires, parce que le cuisinier, musulman, dis que cela contrevient à ses obligations religieuses en le rendant impur, ou parce que des salariés musulmans prenant leur repas au restaurant d’entreprise affirment que la proximité de consommateurs de porc rend leur propre repas ou leur personne impure, du point de vue de leurs convictions et obligations religieuses ?

Réponse de l’ami : « ça je ne suis pas d’accord. On doit pouvoir librement manger du porc ou ne pas en manger, que ce soit à l’école ou dans le restaurant d’entreprise ».

– Est-ce que tu es islamophobe, au sens de « raciste », quand tu me réponds cela ? lui ai-je demandé.

– Non bien sur.

– Pourtant, pour la conférence de l’organisation des Etats islamique (OCI), et pour certaines associations et aussi pour certains « juges » dans ce pays, et pour certains journaux, tu es « islamophobe », tu es raciste, tu es xénophobe et tu devrais être poursuivi et amené devant un tribunal…

Je résume notre conversation. Depuis, pour répondre à l’incrédulité de mon ami concernant l’appel «religieux» à la violence et au meurtre, je suis revenu aux sources.
J’ai rouvert mes deux versions du texte. C’est ainsi qu’après une relecture, j’ai trouvé 33 versets, éparpillés dans 13 sourates, invitant à la brutalité et aux meurtres contre les Juifs et les autres incroyants ou infidèles refusant obstinément d’entrer dans l’islam.
J’avais dit quelque chose d’inexact à cet ami, ce n’est pas le « coran », mais les « hadiths » dits authentiques, répertoriés par deux savants musulmans, qui invitent à « tuer le Juif qui se cache derrière la pierre ou derrière l’arbre »*2.

Trouver ces textes n’impose pas beaucoup d’effort. Ils sont traduis dans toutes les langues. Pour y avoir accès, et pour être influencé par leur message, il n’est pas obligatoire de lire l’arabe et de comprendre le dialecte parlé par les clans bédouins de la tribu Quraychite, il y a quatorze siècles, ni d’acheter de coûteux ouvrages, il suffit désormais d’aller sur Internet et lire le français, ou n’importe quelle autre langue.
Celui et celle qui fera l’effort de prendre connaissance de ces slogans, qui sont présentés comme un impératif religieux, lui permettra de se faire une opinion. Je ne sais pas si ceux qui veulent déférer devant les tribunaux, les citoyennes et les citoyens qui parlent de danger résultant de ces appels au meurtre, ont eux mêmes fait cet effort de s’informer avant de cataloguer et/ou condamner.

Alain Rubin

1) « stalinophobe », reçurent cet épithète, qui était tout sauf amical, – accusation venant essentiellement des « trotskistes » de l’école qui a produit le NPA ainsi que de socialistes de la gauche tiers mondiste fascinée par Nasser et autres commanditaires de porteurs de valises FLN-, les militants qui se prononçaient pour une nouvelle révolution en URSS brisant la dictature totalitaire de la bureaucratie prétendument socialiste. Se prononcer pour la démocratie des conseils (soviets), et agir contre la dictature d’une nomenklatura aux privilèges énormes, vous valait, dans les années cinquante-soixante, une qualification « d’anticommuniste primaire » ou de stalinophobe, comme aujourd’hui, défendre la démocratie politique et l’égalité homme-femme, s’opposer à l’enfermement vestimentaire de ces dernières, refuser qu’au nom de leurs propres dogmes affirmés indiscutables des musulmans vous imposent leur propres normes que vous devez accepter sans discuter, sans quoi vous seriez un oppresseur s’opposant à leur « liberté religieuse »… vous vaut d’être qualifié ici et là de « raciste », de « xénophobe », « d’extrême droite », et je ne sais quoi encore.

2) Lisons Al-Boukhary, ce savant musulman, né en 766 à Boukhara et décédé à Samarkand soixante douze ans plus tard, cet érudit réputé fameux pour son extraordinaire mémoire, fait dire au prédicateur fondateur de la nouvelle religion qui serait le retour à la religion originelle, je cite :
« L’apôtre d’Allah a dit : l’heure ne sera pas établie jusqu’à ce que tu ne combattes avec les Juifs, et la pierre derrière laquelle un Juif se cachera dira : Musulman, il y a un Juif se cachant derrière moi, alors tue-le. » (4.52.177).
Un autre hadith « authentique », répertorié par Al Boukhary, invite le fidèle dans ces termes : « Mahomet aurait dit : tout Juif dont vous serez maître, tuez-le. »
Un autre expert, un certain Tabari, né un peu plus tard, en 839, élève du fondateur d’une des écoles juridiques de l’islam, Hambal, cite le même hadith, avec quelques variantes lui donnant plus de force en tant qu’impératif. Il s’agit du hadith de Sobhi Saleh (18.18) qui dit : « la résurrection des morts n’aura pas lieu avant que les musulmans ne combattent les Juifs. Le Juif se cachera derrière les pierres et les arbres, qui diront : ô musulman, un Juif se cache derrière moi, viens le tuer. »
Ces textes de Tabari se retrouvent dans les « annales ». Ils sont toujours accessibles et par cela, facteurs de violences.

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