Dieu promu flic par Nicolas Sarkozy

Publié le 9 janvier 2008 - par
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Comme il n’était pas possible de mettre un flic derrière chaque Français, y compris derrière chaque flic, tels les peintres à la queue le leu de la publicité Ripolin, Nicolas Sarkozy a eu l’idée géniale de vouloir en mettre un à l’intérieur de chacun de nous.
Ce flic, ce sera Dieu.

Son expérience conjointe de Ministre de l’Intérieur et de Ministre des Cultes semble l’avoir persuadé en particulier de l’utilité d’Allah et de l’intérêt de recourir à des imams labellisés pour quadriller les banlieues, ce qui dénote un certain manque d’estime à l’égard de ses troupes. A quoi ça sert que la police elle se décarcasse?
Malheureusement, à l’opposé des dieux de l’Antiquité ou du pluralisme des religions animistes, le dieu unique mais différent de chaque religion moderne supporte mal la concurrence, d’où des risques de conflits entre dieux uniques et, faute d’un système de régulation et de contrôle qui soit fiable, la production possible de kamikazes et pas seulement de moutons.

De mon éducation catholique je n’ai pas gardé, faute d’y croire, la crainte d’un Tout-Puissant qui ressemblerait horriblement à tous les puissants d’ici-bas. Je n’en ai conservé que certains principes évangéliques, en fait peut-être déjà innés car largement répandus. Jamais en effet ils n’ont été contredits par les leçons de morale de mes instituteurs laïques et je les ai aussi trouvés chez des juifs, des musulmans et des bouddhistes ou qui étaient nés tels, et ils me semblent appliqués de façon inconsciente et spontanée par bon nombre d’incroyants qui ne redoutent nullement la justice divine.

Certes on a quelques exemples de croyants convaincus dont l’attitude justifierait l’espoir de Nicolas Sarkozy de voir les religions inciter par la crainte leurs fidèles à marcher droit. C’est le cas de ce général qui prit la précaution de se repentir à temps de l’usage de la torture par peur de tomber lui-même pour l’éternité dans le chaudron du grand tortionnaire en chef, ou de cet ex-PDG qui, prenant conscience du sort injuste fait au personnel licencié par la Société qu’il avait dirigée, et quittée en très mauvais état (il s’agit non de lui mais de la Société), fit ostensiblement pénitence en restituant une bonne partie de ses indemnités de départ.
Mais les religions risquent aussi de nous seriner de façon maladroite des prières du genre de celle-ci, qu’avait encadrée au-dessus de son bureau l’un de mes anciens patrons :

LA PRIERE DU SALARIE

Seigneur, garde-moi mon Patron.
Sans lui, je ne suis rien… rien qu’un chômeur.
Eloigne de lui la tentation de fermer l’usine, de retirer ses capitaux, celle de se reposer loin des soucis des syndicats, des juges iniques et des fonctionnaires trop zélés pour être purs.
Donne-lui la force d’affronter les difficultés des échéances, la cupidité des banquiers et des prêteurs alors qu’il risque de tout perdre.
Qu’il ait le courage de ses opinions, de lutter contre les laxistes de tous bords.
Veille sur sa santé: écarte de lui l’infarctus qui le guette et l’apoplexie de sa sainte colère.
Rends-lui le sommeil du juste dans ce monde d’injustice où la prison l’attend.
Terrasse ses ennemis qui l’empêchent de travailler et d’être efficace.

Et l’on peut craindre qu’une utilisation intempestive de la religion ne ressuscite l’idée qu’elle est « l’opium du peuple ». Alors les trop bonnes dispositions de Nicolas Sarkozy à son égard ne produiraient pas du tout l’effet escompté.

Paul Vincent

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