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Dieu que la victoire est belle avec Pierre-Ambroise Bosse et Kevin Mayer

L’un souriant, l’autre en larmes, mais tous les deux sur la même marche du podium,  la plus haute, aux Championnats du monde d’athlétisme qui se tiennent à Londres actuellement, Pierre-Ambroise Bosse et Kevin Mayer.

Pendant que les malheureux Mo Farrah et Usain Bolt ratent leur sortie, les Français  Pierre-Ambroise Bosse et Kevin Mayer  montent sur la plus haute marche du podium, plaçant provisoirement la France  au 7° rang de l’athlétisme mondial.

Ces garçons font pleinement honneur à la France.

Avant tout parce qu’ils gagnent. Et dans deux des épreuves les plus prestigieuses, la course – 800 mètres – et surtout, le décathlon remporté pour la première fois par la France depuis 1948.

Oui, bien sûr, l’important c’est de participer. C’est vrai. Mais gagner, être en or, voir le drapeau français déployé, la Marseillaise chantée, quel pied ! Dieu, que la victoire est belle.

Mais la victoire seule ne suffit pas.

On se souvient peut-être de la victoire d’un autre athlète Mekhissi-Benabad, médaille d’argent  aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, qui s’était empressé d’étendre le drapeau tricolore par terre pour s’en servir comme tapis de prière.  La médaille n’avait alors plus du tout la même signification. Ou encore a-t-on été pour le moins surpris du geste de Yohan Diniz,  qui à Zurich en 2014 brandissait un drapeau portugais dans une main, un français dans l’autre : Je me suis même arrêté trois ou quatre secondes su stand du Portugal pour prendre le drapeau parce que mon grand-père était portugais et mon père d’origine portugaise. Je suis franco-portugais et me suis toujours senti comme tel , déclare-t-il alors à la presse qui tente de masquer son embarras.

Rien de tel avec nos deux héros. Aucune confusion de genres ni d’identité. L’émotion seule et la fierté.  Fierté de leur victoire, du sport, de leur pays. Cette fois j’ai eu la Marseillaise, déclare Kevin Mayer. C’est un cadeau énorme. Le patriotisme fort et tranquille. Comme une évidence.

Nous pouvons être fiers d’eux :

Parce qu’ils ne font pas de gestes provocateurs envers la France ou leurs adversaires.

Parce qu’ils restent modestes dans leur victoire.

Parce qu’ils sont beaux. Si, si, regardez la photo. Sympathiques, ouverts.

Parce qu’ils gardent leur humour.

Parce qu’ils sont généreux. Pierre-Ambroise Bosse paye la tournée à ses supporters à la Gare du Nord. Kevin Mayer (a) regardé (sa) grand-mère dans les tribunes pour savoir comment elle allait.

Parce que leur  bonheur est contagieux.

Bravo également à Yohan Diniz qui vient dans l’épreuve des 50 km marche, de remporter la 3° médaille d’or de l’équipe de France qui se classe provisoirement 3° au classement général,  et qui, cette fois,  s’est drapé dans un seul drapeau,  français cette fois. Bien sûr, le toujours prévisible Montel s’est empressé de rappeler que Diniz a une ascendance portugaise. Ben, oui, le manque d’exotisme des médaillés d’or de ce championnat du monde a dû le décontenancer.

Un détail : lors  de nombreuses épreuves, on peut voir dans un virage, s’agiter un immense drapeau algérien alors qu’aucun athlète de ce pays n’est présent sur la piste et que l’Algérie est absente du classement. Voilà une sympathique façon d’honorer son pays par quelqu’un qui, sans doute, aura poussé jusqu’à l’absurde la devise de Coubertin. Mais enfin, quand celui-ci parlait de participer, il entendait quand même que l’on mouille le maillot, pas qu’on fasse de la figuration dans les gradins.

Florence Labbé