Dîner du Crif : le jeu dangereux du président français

Publié le 23 février 2019 - par - 15 commentaires - 1 496 vues
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On s’attendait après le dîner du Crif à des mesures fortes à l’encontre de toutes les sources actuelles dudit « antisémitisme » (alors qu’il s’agit aussi et plus spécifiquement d’un rejet antijuif, cf, les travaux déjà anciens de P-A Taguieff) comme par exemple appeler à enseigner, réellement, objectivement, l’histoire récente du conflit israélo-arabe, ne serait-ce que de tenter de comprendre, objectivement là encore, pourquoi la partition en 1947 a été refusée par le côté arabe et d’où celui-ci tire sa légitimité puisqu’il est lui-même le produit de la colonisation musulmane?… On pourrait ainsi aussi aborder la notion de partition via l’exemple indiano-pakistanais, l’émergence du Bengladesh, la question de la ségrégation également qui apparaît bien plus complexe qu’il n’en est dit…

Le pouvoir macronien aurait pu aussi appeler à enseigner pourquoi les Juifs ont été écartés, en France, (jusqu’au décret de septembre 1791) en particulier de nombre de métiers hormis ceux qui étaient interdits aux chrétiens et pourquoi précisément ces activités ont-elles pu prospérer avec la montée en puissance de la révolution des arts et des techniques, ce qui a permis aux Juifs de surfer sur cette vague…

Le même pouvoir pourrait peaufiner la chose en expliquant aussi pourquoi ladite « Algérie » n’était pas ce pays de Cocagne tant vanté avant l’arrivée de la France, que les Juifs étaient considérés comme des êtres à soumettre (voir le témoignage de Georges Bensoussan qui a été chassé par le Mémorial de la Shoah pour l’avoir indiqué) même si au Maroc et en Turquie le sort des Juifs était conjoncturellement meilleur, du fait que les pouvoirs en place avaient besoin de leur dextérité linguistique et économique, et une historienne comme Ruth Tolédano Attias a bien expliqué que ces mêmes pouvoirs savaient orienter le mécontentement populaire vers le ghetto quand il le fallait.

Au lieu de cela le pouvoir macronien a décidé de dissoudre trois groupes dits « d’extrême droite », de ne rien dire sur les attaques répétées envers les églises catholiques, tout en laissant en paix lesdits « Antifa » cette milice totalitaire, bras armé de toute la gentry post et néo léniniste, tels ceux qui ont considéré qu’il ne fallait ni plaindre ni pleurer un Finkielkraut insulté parce que celui-ci aurait « semé la haine pendant des années » (propos d’un sous-sous-Marx dont le nom ne mérite même pas d’être cité) alors que les seuls à le faire proviennent bien de ces hordes, protégées par ces mêmes Antifas, puisqu’elles ont obligé beaucoup de Juifs à quitter nombre de banlieues populaires françaises (de même pour les autochtones et les immigrés intégrés) sans que l’on entendent les Antifas s’en offusquer (ni le président français).

Ne parlons pas de ces tentatives d’expulser des universités tout enseignant qui pense mal en oubliant ceux qui, par leur propos, alimentent l’animosité antijuive ou contre tout esprit libre (non prémarxiste bourdieusien ou foucaldien par exemple) en soutenant les propos si déséquilibrés non modérés tel  un Jean-Pierre Filiu, prof à SciencePo, qui met la mort des accords d’Oslo sur le dos du pouvoir israélien actuel alors qu’au dire même des Mémoires de Bill Clinton, Arafat en est la cause et non pas le seul assassinat de Rabin.

Le pouvoir macronien joue donc avec le feu.

Il pense pouvoir barrer la route au « populisme » qui triomphe désormais dans nombre de pays européens en le diabolisant par un hitlérisme sous-jacent (alors que celui-ci, réel, est ultraminoritaire) sauf que cet énième appel au loup ne fait que susciter la réaction inverse, à en croire la réalité objective des urnes.

Surtout que les mêmes causes produisent les mêmes effets, voire les amplifient, à savoir le décrochage probant de l’économie française (malgré les astuces statistiques) lié à une inégalité croissante des termes de l’échange (ainsi Nissan ferme en UK non pas à cause du Brexit mais pour se rapatrier au Japon afin de profiter du nouveau traité entre celui-ci et l’UE) la France économique est encastrée par le carcan dogmatique qui empêche un jeu mondial (le refus de l’alliance entre Alstom et Siemens) quand bien même l’existence encore de quelques fleurons et secteurs en tension (qui prospèrent plutôt à l’international) alors que les moyennes et petites villes s’effondrent les unes après les autres hormis, toujours, quelques îlots dynamiques (mais paradoxalement en manque de bras !)plutôt liés au savoir- faire local qu’à l’action d’un pouvoir byzantin impérieux et pédant de plus en plus impuissant et impotent (avec des salaires mirobolants), toute cette quintessence étant visible dans les rodomontades de plus en plus ridicules d’un ministre de l’Économie complètement out.

Il ne sert donc à rien de s’en prendre à un Salvini ou à un Orban, même si l’amalgame rouge-brun sur ladite cupidité juive existe dans leurs pays mais pas plus qu’en France, voire y est même mieux combattu (voir le fait que le Mémorial sur la Shoah à Budapest en parle, lire les commentaires).

Il est donc bien puéril et certainement contreproductif de faire croire que puisque ces gouvernements préfèrent s’occuper, d’abord, des Italiens et des Hongrois (les Danois font de même avec leurs nouvelles mesures pour mieux intégrer leur immigration) ce serait de dangereux racistes et fascistes comme le prétend également un Georges Soros finançant grassement ceux qui soutiennent cette diatribe, d’où d’ailleurs l’hostilité à son égard (et non pas parce qu’il serait juif) alors que le problème migratoire a toujours eu une dimension mondiale qui ne peut être résolue par la seule UE, mais par ladite Communauté mondiale, du moins si elle était réellement (au lieu d’exister seulement sur le papier).

Car si celle-ci était (au sens shakespearien) elle aurait su créer les conditions d’un réel effort de développement en Afrique et en Amérique du Sud (déjà en écartant tous les experts tiers-mondistes et rouge-vert qui pullulent dans les instances internationales) plutôt que d’approvisionner à fonds perdus les mêmes officines dites anti-impérialistes et surtout anti-israéliennes qui ne font en fait qu’aggraver les conditions de ces continents ouverts à la rapine post-maoïste et islamique dont aucune belle âme ne parle, pas même un BHL tout tendu à faire chavirer un Salvini alors qu’il a été l’un des idéologues de l’affaissement des nations et des cultures singulières, comme je l’ai montré dans son Idéologie française, brûlot néo-léniniste qui reprochait au PCF sa lecture de Descartes et de Bergson au lieu de s’en tenir à Lénine !…

Au lieu de développer une telle politique réaliste, le pouvoir macronien alimente l’ostracisme, enflamme une « jeunesse » qui se trompe de combat en s’offusquant qu’il fasse « 20° en février » (confusion grossière entre météo et climat entendue sur RTL) alors que les réels combats pour sauver la planète passent d’abord par une réelle transformation de la production agricole et industrielle, moins dépendante d’une division du travail inégale tant elle reste dominée par l’affairisme techniciste, l’appât du gain (étudié par Marx) mais qui n’a rien à voir (n’en déplaise à celui-ci et à Jean-Claude Michéa…) avec l’esprit du capitalisme tel que Max Weber le définissait :

une meilleure organisation du travail qui n’entache pas l’estime de soi et l’innovation, une estime de soi qui passe certes par l’ascétisme (et non par la licence) mais surtout s’enrichit plutôt à cette idée qu’un tel esprit est indissociable d’une citoyenneté protectrice, une communauté paulienne au sens ouvert du terme, celle-là même qui a vu surgir la puissance de la ville liant les habitants entre eux, au-delà de leurs origines familiales villageoises et claniques spécifiques, par le serment (conjuratio) tout en s’appuyant sur le Roi lorsqu’il s’oppose aux féodaux affairistes, s’en éloignant lorsque son mercantilisme les ruine ; toute une symbolique qui certes rappelle les racines grecques et romaines, mais aussi ancestrales (la démocratie villageoise qui a existé aussi dans les ethnies sans État comme l’indique Clastres) tout en participant à la création moderne de la notion de Nation (voir Liah Greenfield puisque c’est par la ville et son expression politique ou Nation que s’est forgé l’esprit européen, sa culture (comme l’explique bien Max Weber dans la Préface à l’Éthique protestante…). D’où la notion de spécificité de singularité qui ne peut être soluble dans une uniformisation de type totalitaire, or, on ne voit guère le pouvoir macronien aller dans le sens de cette préservation, modernisée, mais plutôt dans sa mise en demeure… Au profit de quoi ?… Sinon du vide… or, la nature, en particulier politique en a horreur… D’où la nécessité d’un sursaut pour le conjurer. La nécessité d’un nouveau Serment.

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
Jill

Le dîner du Crif, le dîner de cons… Il faut vraiment être con pour payer 5oo Euros simplement pour être vu à cette pantalonnade.

DUFAITREZ

Cérémonie annuelle obligée ? Sinon parjure ? Comme les « Césars » ?
« Rendez à César… et à Dieu… » Clientélisme absurde. La France serait juive ?
Mais au fait ! Qui fête Noël ? Les crèches sont interdites….

le Franc

à peine 500 000 contre un 30 millions, une vraie bérézina pour les deuxièmes.

Marnie

Avec Macron dégage on peut crier aussi « au fou » !

Lugron

Le « dîner » du CRIF, c’est 1000 euros par personne, vins fins compris. La France qui se baffre un soir quand des millions de retraités n’ont pas cela pour vivre par mois. Quand le tiers des agriculteurs vivent avec moins de 400 euros par mois. Et Macron qui vient y déblatérer de l’antisémitisme. Personne ne voit le problème ?

Vincent L.

Le devoir d’un président est de protéger les juifs mais pas d’aller au dîner du CRIF. La chose a été inauguré, je crois, par tonton et n’a jamais été remise en cause.

Stella

 » alors que les réels combats pour sauver la planète passent d’abord par une réelle transformation de la production agricole et industrielle  »

Je pense plutôt que  » sauver la planète  » passe d’abord et de loin par la maitrise de la démographie mondiale très préoccupante, non ??

LSAO

J’avais lu dans une étude que la Terre pouvait nourrir de trente à cent milliards d’être humains ; aujourd’hui cela se stabilise du fait du mode de vie urbain de l’émancipation féminine et du manque de crèches… En Europe le fait que la France redevienne le pays le plus peuplé serait bénéfique, du moins si le communautarisme anti-français était brisé…

Eric des Monteils

Et à quel titre il faudrait nourrir 100 milliards d’humains ? Au fou !
Lire dans une étude ne fait pas vérité.

LSAO

Il faudrait déjà repeupler nos villages, grâce à al fibre et la 5G peut-être… Mais ne craignez rien la tendance semble être à la stabilisation voire la régression démographique du moins en moyenne… Sauf que en Europe la population autochtone s’effondre et c’est dangereux…

Eric des Monteils

Ceci n’éviterais pas cela. Les deux sont liés.

Michel

Il est temps de comprendre que le CRIF donne des ordres aux présidents et aux ministres franççais et qu’à ce titre, c’est lui « l’Elysée ».

Yohann le debattant

« Tribunal dînatoire ». C’est en ces termes que Finkie qualifiait ce « dîner du Crif ». Tout à fait vrai sur ce coup’Finkie….

Fleur de Lys

Pour rappel Macron y a annoncé que la France allait adopter une définition de l’antisémitisme intégrant l’antisionisme alors qu’il y était opposé il y a encore quelques jours

beretvert

Excellent article vous auriez pu ajouter que le CRIF fait parti de la bande de traîtres.