Discours de Mélenchon quand c’est Merah l’assassin et quand c’est Méric la victime

Publié le 6 juin 2013 - par - 4 087 vues
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La mort brutal d’un étudiant militant de SUD fait le tour du pays. La « bête immonde » aurait levé le poing et frappé sur un brave et paisible étudiant. Sur le site de Mussolini-le petit, on peut même lire qu’il s’est agi « d’une exécution publique, en pleine rue ».

Ramené aux faits, de quoi s’agit-il ?

Sauf éléments non-connus présentement, deux petits groupes de jeunes gens se sont croisés par hasard et invectivés. Ils en sont venus aux mains. La victime a été violemment frappée. Elle a fait une chute sous la force du coup porté et sa tête à heurté mortellement un plot.

Une exécution publique cette mort brutale ?

Du PCF au PS, en passant par la caste du journalisme propagateur des dogmes actuels politiquement acceptables, ce ne sont que larmes et que cris : Les chemises brunes sont de retour ! Les chemises noires sillonnent les rues !! Sans tarder, il faut mettre à la raison ces surgeons des milices hitlériennes et les dissoudre. Il faut les combattre énergiquement et interdire leurs idées !

Dans l’affaire il y a quelque chose d’étrange, pour ne pas dire plus

On se souvient que chaque fois qu’une agression, et même qu’un assassinat, voir qu’une et plusieurs exécutions de rue (ainsi le meurtre des écoliers de l’école Ozar Hatorah de Toulouse et des soldats français originaires d’Afrique du nord) a eu lieu pendant que l’assassin scandait « Allahou akbar ! », sans perdre une seule seconde, Ministres, députés, journalistes, partis de « gauche », associations « antiracistes », tous comme un seul, ou comme une seule, dénonceront les possibles tentatives d’amalgame entre les criminels assassins ayant prémédité leurs crimes et l’islam en tant qu’idéologie et que programme (la charia et les hadiths).

Tout ce joli monde condamnera les récupérations « politicienne » du drame, visant à « dénigrer l’islam » et à « s’en prendre à une majorité de croyants pacifiques ou n’ayant rien à voir avec ces crimes ou ces sauvages et volontaires mises à mort ».

Ici, bien qu’à cette étape tout montre que l’on a, d’un côté et de l’autre, affaire à des jeunes gens gangrénés par l’idéologie comportementale venue d’ailleurs, qui ne supporte pas certains regards et fait immédiatement demander : « t’as un problème ?!», et commencer à défourailler, le premier, si c’est possible, pour avoir avantage sur l’autre ; ici, avec une touchante unanimité, on a déclaré coupable, seul coupable, les uns et, innocents, absolument innocents, les autres.

Après avoir pris connaissance des paroles du mâle ministre de l’intérieur, il y a depuis ce matin comme de « l’affaire Kirov » qui flotte dans l’air parisien

On se souviendra que l’assassinat du satrape stalinien de Leningrad, par Nikolaïev, -un membre et militant du Komsomol-, déclenchera une répression d’une ampleur allant croissant. Ce sera une poursuite sans relâche des criminels potentiels ou cachés menaçant « notre ordre socialiste, son parti dirigeant et son guide génial ». Cette répression produira des milliers, des dizaines de milliers et des centaines de milliers de coupables de cet acte de terrorisme politique contre un homme que tous ces coupables n’avaient pour la plupart jamais rencontré et dont l’immense majorité ne connaissait même pas le nom et l’existence jusqu’à ce qu’il soit tué.

On découvrira, après le rapport Krouchtchev (1956), que le jeune meurtrier n’avait pas été commandité mais laissé agir par Staline. Le tyran « rouge » se débarrassait ainsi d’un rival et disposait par la même occasion d’un prétexte pour se débarrasser moralement et physiquement de ses adversaires, en déchainant une répression qui produira les impostures judiciaires des procès de Moscou et ouvrira les portes du goulag jusqu’à ce qu’il prenne les proportions d’une URSS-bis accueillant en son sein des millions d’ouvriers et de paysans d’union soviétique, mais aussi des techniciens, des milliers d’officiers et de cadres militaires qui feront cruellement défaut quand Hitler fera attaquer l’URSS.

Beaucoup des commentaires de cette matinée puisent à la même école de pensée. Ils cherchent à renouer, -contre ce qu’ils appellent « extrême droite »-, avec cette autre tradition qui faisait qu’on « était minuit dans le siècle », pour appeler et justifier la trique et la censure, pour se livrer sans scrupule à la méthode de l’amalgame ; amalgame dénoncé avec vigueur, quand il s’agissait de Mohamed Mehra et de différents égorgeurs de rue, ayant en commun de scander « Allahou akbar ! » pendant qu’ils perpétraient leur forfait.

Aucun amalgame entre idéologie islamique et djihadisme assassin, exigeaient ceux qui amalgament, sans scrupule aucun, depuis ce matin !

Par contre, l’amalgame est aujourd’hui recommandé, c’est même un devoir.

Et avec l’amalgame, surgit l’exigence de dissolution d’organisations, s’agissant de personnes et de groupes catalogués « extrême droite ».

J’évoquais l’affaire Kirov. Après ce meurtre, tous les adversaires de Staline étaient devenus des meurtriers même s’ils n’avaient jamais levé la main sur quiconque. Ils étaient devenus des terroristes, des saboteurs, des hitlériens, des hyènes sauvages, des chiens sanglants, des individus à double face. Ils méritaient tous la potence ou une balle dans la nuque.

Il y avait du Vychinski ce matin, dans les paroles ministérielles et journalistiques, ainsi que dans les lignes de l’organe mélenchiste.

Alon Gilad

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