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Dissoudre l’Assemblée nationale ne suffira pas

Aujourd’hui l’obstacle constituée par l’absence de représentants des gilets-jaunes ne dédouane aucunement le gouvernement ni nos élus. Ceux-ci n’ont su se tenir à l’écoute du peuple, porter sa parole et ses attentes. Les députés paraissent bien inutiles maintenant. Et des représentants sont impossibles à trouver ou définir car trop divers sont les gens en colère.

La révolte actuelle a une bien longue et bien ancienne origine. Témoigne de ceci le taux d’abstention aux élections, il dit le désenchantement du peuple. Toujours croissant. Aussi la ‘simple’ dissolution ne changerait-elle rien à la perception qu’à chacun de l’inutilité d’un nouveau vote ; elle ne réconcilierait pas les Français avec un projet de société qui leur redonne espoir. Désigner, trouver ou inventer des représentants, pour 85% du peuple ? Cela s’appelle des Législatives, ou des Régionales ! Et faire un nouveau vote ? Pour garder les mêmes bonhommes, les mêmes partis auxquels peu croient encore… Parfaite insignifiance ! Quant à ceux en place, sont-ils prêts à censurer le gouvernement ? Aucunement. Font-ils leurs les préoccupations de ceux qu’ils sont censés représenter ? Aux yeux des Français, aucunement encore, notamment les députés LREM mais pas que, loin de là.

Quant à l’absence de représentants avec qui discuter, y voir une difficulté pour le pouvoir est un faux-semblant. Voyons tout d’abord combien les gilets-jaunes ne le souhaitent d’ailleurs pas : quelle claque n’ont-ils pas mis au premier ministre en refusant de le rencontrer vendredi ! Quand 85% des Français soutiennent la révolte, en désigner quelques-uns pour discuter est bien illusoire. Leurs revendications sont innombrables, trop diverses, mais toutes se retrouvent dans l’exaspération du trop d’impôt. C’est-à-dire du trop de dépenses inutiles par l’Etat, dans son propre coût et dans la redistribution qu’il exerce bien loin des attentes du peuple ; on songe (notamment mais pas que) au coût exorbitant de l’immigration, celle à venir comme celle présente. Macron voit-il cela ? Lui qui s’apprête à signer le prochain WE un pacte mondial sur les migrations qui semblera être folie aux yeux des électeurs …

Quand l’entier du peuple se révolte, les revendications viennent de partout, elles ne peuvent s’exprimer que par des états-généraux ou quelque chose qui lui ressemble, et puisque seuls les maires conservent encore quelque crédit il faut organiser ces débats, cette écoute et cette prise de conscience, par l’entremise du canal municipal.

Que faire aujourd’hui pour faire cesser la révolte ? Annoncer cette voie ; et annoncer un moratoire sur toutes ces hausses de taxe.

Une fois, les Etats-Généraux achevés viendrait le temps d’une nouvelle présidentielle : La rencontre d’un homme et du peuple.

Sinon ? La révolte et bientôt la révolution continueront. Le gouvernement et Macron seront balayés ; mais dans la violence cette fois, car on ira bel et bien chercher celui qui…

Un dernier mot ? Quand 60000 forces de l’ordre ne peuvent régir 85000 gilets-jaunes, ou quand à Paris 5000 policiers ne savent contenir autant de manifestants, dont une partie seulement fut violente, peut-on parler d’incompétence ?

Bertrand du Boullay