Dominique Jamet : traitre un jour, traitre toujours…

Publié le 3 mai 2017 - par - 10 commentaires - 3 670 vues

La trahison n’échappe décidément pas au déclin et à la médiocrité qui touchent tous les domaines d’activité. L’heure n’est plus aux Talleyrand et autres Kim Philby qui, si fourbes eussent-ils été, avaient ce panache donnant un air d’héroïsme à leur trahison. Non, ce temps est bien fini : place aux petits traîtres sans éclat et sans envergure, n’ayant ni le charisme d’un Alcibiade, ni le côté dramatique d’un Judas Iscariote.

Dominique Jamet, désormais ancien vice-président de Debout La France, en a donné un exemple probant. La semaine précédant les élections, il exhortait encore les Français à un “effort collectif” contre une classe politique “banqueroutière et ruineuse”. Un discours qu’il a réitéré dans un courrier aux militants DLF le 25 avril, deux jours après le premier tour : il y énonçait la nécessité de faire barrage au programme de Macron et appelait une “union de tous les patriotes pour le seul programme qui est commun : la France“. Une exhortation à peine voilée à voter pour Marine Le Pen. Une position d’autant plus logique que ce journaliste a pendant longtemps côtoyé le Front National dont son frère était vice-président.

Trois jours plus tard, le 28 avril, ce même Jamet apparaissait sur BFM TV pour se répandre en accusations et en éructations contre Nicolas Dupont-Aignan. Le parti avait entre-temps voté (avec une majorité de deux tiers) un ralliement à Marine Le Pen. Une décision prise suite à une double consultation du Conseil National et des 19.000 militants de DLF. A l’issue d’une dernière séance du Bureau Politique où fut lue la proclamation des résultats, Nicolas Dupont-Aignan se rendait au journal télévisé de France 2 pour y officialiser sa décision de former un front patriotique commun en vu du second tour.

Sur la base de témoignages provenant de membres du Bureau Politique, nous pouvons affirmer que la séance s’est déroulée dans le calme. Sur trois vice-présidents, deux (dont M. Jamet) avaient annoncé leur souhait de ne plus poursuivre leur engagement au sein de DLF. D’autres cadres dirigeants ont pris la même décision : l’historien Éric Anceau et le médecin François Morvan. Il fut convenu que les démissionnaires attendraient au moins 48 heures avant de clamer urbi et orbi leur départ. En outre, tous promirent de ne pas attaquer le parti et de se séparer à l’amiable. Décision acceptée par tous les démissionnaires, dont M. Jamet qui jurait ses grands dieux de ne point ouvrir la bouche avant le 1er mai.

Sitôt annoncé le ralliement de Dupont-Aignan à Marine, un homme âgé pénétrait dans les locaux de BFM TV pour y solliciter une interview. Intrigués, les journalistes lui tendirent le microphone. C’était Dominique Jamet : dans une brève déclaration, il lapidait littéralement son ancien parti et ses compagnons de route. “DLF a perdu sa virginité politique” ânonnait-il. Vociférant contre Nicolas Dupont-Aignan, il l’accusait d’avoir “sali définitivement son image” et d’avoir commis “une faute morale”.

Décevante, cette trahison éhontée ne surprendra pas ceux qui connaissent son auteur. Dominique Jamet. Ce n’est pas la première fois que l’octogénaire change soudainement d’étiquette. Secrétaire du ministre gaulliste André Fanton entre 1969 et 1972, il devenait “solidariste” après son départ et s’engageait dans le GAJ de Jean-Pierre Stirbois qu’il abandonne vite pour rejoindre les CAR de Bruno Mégret, avant de rallier finalement le Front National où son frère Alain Jamet exerçait d’importantes responsabilités.

Puis, reprenant ses activités de journaliste, il écrit une tribune très médiatisée en 1987, dans laquelle il invite le président Mitterrand à se représenter. Un choix payant : Mitterrand est réélu et donne à M. Jamet la présidence de la Bibliothèque de France entre 1989 et 1994. Période durant laquelle ce dernier agence totalement son discours : favorable au droit de vote des étrangers, il soutient également le traité de Maastricht et intègre le comité de soutien de Laurent Fabius, alors candidat aux élections européennes. Puis, après avoir côtoyé la Nouvelle Droite, il milite en 2002 pour la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Il se rapproche ensuite des “dissidents” dont Paul-Éric Blanrue avec lequel il cosigne une pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot. C’est alors qu’il écrit La France tranquille de Mitterrand où il dresse un bilan calamiteux des deux septennats précédents, une façon de prendre ses distances avec son passé gauchiste et de se redroitiser.

C’est finalement en 2012 qu’il rejoint Debout La République et fonde avec Robert Ménard le journal Boulevard Voltaire. Dans ses articles caustiques (on ne peut lui dénier la qualité de sa plume) il étrille gauche et droite, appelant à une union des patriotes. Un discours qu’il réitère dans les réunions du parti. Il serait, dit-on, à l’origine du changement de nom intervenu en 2014 lorsque Debout La République devint Debout La France. Ce qui a été interprété par certains comme un premier virage nationaliste.

Que nenni. En mars 2016, Dominique Jamet annonçait son départ de Boulevard Voltaire suite à “des désaccords” sur la ligne éditoriale (il trouvait en fait que le journal allait “trop loin”). Un an plus tard, il devait trahir Debout La France, dont il était président depuis deux ans. Non content d’en partir, il a jugé bon de déverser un fiel abject sur ses anciens compagnons de route.

Changer de camp tout au long de sa vie, voilà donc ce qu’aura fait M. Jamet qui, malgré son indéniable talent littéraire, rejoint les oubliettes de l’Histoire. Son roman Un Traître serait-il une autobiographie fantasmée ?

Nicolas Kirkitadze

Print Friendly, PDF & Email
Notifiez de
AUGUSTN

En vérité , les opinions françaises qui se disent patriotiques ,ici et là , sont en deçà de l’analyse de cet unanimisme totalitaire qui terrorise les élites françaises et subjugue les citoyens en organsinant ce conditionnement Pavlovien chaque fois qu’il s’agit de persécuter les dissidents, les hérétiques , les opposants , et notamment de faire monter toute cette surenchère terrifiante contre Le Pen , le FN et les nationalistes . ce n’est pas un argumentaire politique qu’on brandit contre ces blasphémateurs mais les foudres théologiques du châtiment exemplaire que toute religion sémitique sait déployer pour mettre aux fers ou à la croix tous ceux qui remettent en cause sa toute-puissance et celle de ses pontifes et de ses banquiers .a peur de Jamet et de Fillon

AUGUSTN

Dominique Jamet , hélas , n’est pas différent de beaucoup de français dont le seul nom de Le Pen ou de FN ou de nationalisme , pouvait leur inspirer une peur si panique et un effroi plus violent que celui qu’éprouvèrent les russes sous l’ère soviétique stalinienne ou les cambodgiens sous Pol Pot .. Le système totalitaire BHLien érigé depuis 68 et 81, sous ses oripeaux de démocratie libertaire et de républicanisme UMPS maffieux est d’autant plus pernicieux et redoutable qu’il prétend mettre l’Éthique ( Levinassienne ) de son côté pour faire ressentir à ses victimes ce puisant sentiment théologique de repentance et de culpabilité … Parfois nous trouvons comique que certains articles de RL osent opposer le totalitarisme islamique à la propagande non moins criminelle du BHLisme

mc gyver

La girouette Jamet, à force de virer de bords ,sans arrêt montre son inaptitude à concevoir une vie politique. Ses “interlocuteurs”, ne sachant pas à quel moment, il va “tourner”, ne peuvent lui faire logiquement confiance. Nous en avons la preuve une fois de plus.

Romanin

Cher Nicolas Kirkitadze, merci pour ce savoureux billet sur M.Jamet, petit journaliste qui a passé sa vie à trahir, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a écrit un livre sur le sujet. Qui mieux que lui pour en parler ??
Fallait le voir déambuler Espace Jean Monnet, tête basse et mains dans le dos l’expression de toute une vie!!!
Excellent votre paragraphe sur le vote et la double consultation du CN et de ses 19000 adhérents. Morceau d’anthologie et je pèse mes mots.
Tout aussi excellent le paragraphe de la trahison quelques minutes plus tard, la “vieillesse est un naufrage”, rien à redire monsieur Jamet est à la hauteur de sa réputation. Et toute aussi magistrale votre questionnement en conclusion.
Dimanche, je voterai pour Marine, même si sa dernière prestation m’a laissé….

severic2009

Comme l’on dit chez nous:”la critique est facile,mais l’art est difficile”..!!Macron n’a pas été choisi par hasard,look jeune premier sourire quoi qu’il n’a pas beaucoup souris ou des sourires narquois,avec dents étincelantes,les chiffres..!!?? qui va vérifier en cours Labs de temps,mais surtout la continuité d’hollande,”MARINE”oui des lacunes dans ce genre de débat,elle a manqué le coche,certes,mais est-ce un motif de condamnation sans appel,nous n’avons personne d’autre,l’abstention,c’est pour “MACRON”,macron c’est la destruction de nos protections sociales,sur l’autel de la flexibilité,vous allez voir la flexibilité,elle s’appelle “49.3”,et le bougre,il va en user,oui,quelques soubresauts de-ci de-là,mais ça va passer,les ordonnances vont pleuvoir,et ce n’est pas les 19% de

Ducky Smokton

Pauvre vieux, qu’il est réduit à s’auto mutiler…..qu’il nous fiche la paix et que les éléctions législatives puissent rabattre les cartes favorablement pour écarter les affairistes. Vive la FRANCE …vivre les peuples de l’ Europe chrétiennes !

daniel champy

dupont aignan c’est debarasse de jamet et les autres qui ne sont pas des patriotes,maintenant son parti est clair association avec le fn,meme chose avec les republicains qui ont les nkm,les arnatu et qui ne sont pas de droite et en plus le boulet avec les centristes lagarde qui sont centre gauche et pour l’immigration,meme si marine ne gagne pas,2 partis immergerons,le front national + dupont aignan+ certains republicains qui rejoindrons le fn ou dupont aignan et le parti a macron,les francais pourront choisir entre les patriotes pour la france et macron les financiers mondialistes qui vendront la france a la decoupe et a l’immigration,les musulmans ont demander a voter macron,5 ans de plus de socialistes et fini de la france

trafapa

1 Jamais compris ce que ce type foutait à DLF 2 Toujours garder à l’esprit que des dossiers sont au chaud et servent de levier pour tenir les marionnettes

reuri

La trahison est peut être une habitude familiale chez lui…

dissident

JE me souviens aussi de Jamet arborant en 1985 la sinistre main de fatma au revers de sa veste, on se demande parfois s il sait ou il en est

Lire Aussi