Doubaï ou les miracles de la finance islamique

Trois pour cent, c’est le taux de chute de la bourse de Paris hier. La cause est connue : l’effondrement financier de l’émirat de Doubaï. D’autres places boursières sont impactées ou sous le choc.
J’ai envoyé hier soir un commentaire à ce sujet au distingué quotidien le Figaro.
Ayant mis poliment en cause ceux qui veulent islamiser le pays en particulier au moyen de la charia appliquée à la finance, à savoir les islamistes officiels et les compagnons de route (le ministre des finance, madame Lagarde, l’émission protestante d’Antenne 2, Agapè…), mon petit commentaire m’est revenu.il était « polémique ».
Si l’on écoutait madame le ministre, Paris devrait devenir la place de la finance islamique en Europe. Les pieux capitaux de recyclage des pétrodollars et des capitaux flottants allaient converger en rangs serrés, occupant l’espace jusqu’à l’horizon et même au-delà.
Les commentaires vont bon train : la crise à Doubaï, ça provient des investissements immobiliers délirants ! La crise à Doubaï provient d’investissements touristiques dignes des pharaons, notamment les pistes de ski sous une vaste bulle ! Et que sais-je encore ?
On aura aussi entendu que Doubaï est frappé de plein fouet par la crise. Tiens donc ?!
La finance vertueuse, la finance des traders imam, ne protégerait-elle plus de la crise ?
Ainsi, nous dit-on aujourd’hui, la crise a rattrapé les richesses colossales venues du pétrole. Tous les projets sont interrompus.
Les commentaires les plus acerbes sortent des becs de perroquets savants de ceux qui il y a encore 24 heures répétaient en cœur jusqu’à provoquer la nausée dans l’auditoire, que la finance islamique, voilà qui allie l’argent et la vertu.
Il y a pas très longtemps, c’était le financier du Hezbollah qui perdait des sommes énormes comme conséquence inéluctable de placements rétribués par un procédé de style Madof (une pyramide de Ponzi).
Si l’on devait noter les économies régies par la charia, Doubaï devrait avoir la meilleure note, du point de vue de l’effort des émirs régnant visant, pour améliorer la situation quotidienne des habitants, à socialiser une partie des immenses richesses produites par la rente pétrolière, donnant une touche presque socialiste à la zakat.
Mais le marché reste le marché, le capital reste le capital…
Les efforts sociaux des émirs ne les auront finalement pas protégés. De même que le capital des USA pratiquant depuis plus de 40 ans l’économie de dette, le capital déclinant la zakat mise en œuvre comme une espèce de service public se voit pris à la gorge par ses propres contradictions.
Madame Lagarde va devoir ramer.
Elle va devoir faire donner les hussards de la diversité et du respect du droit à porter la bourqua, si elle veut espérer attirer des capitaux islamiques qui, avant d’aider l’impie français, doivent prioritairement aider les bons musulmans.
Mais peut-être que justement, dans ce contexte de pénuries de liquidités, mêmes islamiques, ces dernières vont chercher à faire monter le prix de leur disponibilité et à faire comprendre qu’il vaudrait mieux que la commission Gerin ne produise qu’un couteau sans lame, voire pas de couteau du tout…
Alain Rubin

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