Dounia Bouzar en mission médiatique pour disculper l’islam du jihad

Publié le 21 mai 2014 - par - 1 446 vues
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Les trophées du jihad

Un branle-bas de combat agite le Gouvernement et le Ministère de l’Intérieur devant le reflux de Syrie de centaines de jihadistes : ils estiment qu’ils constituent un grave danger sécuritaire. Ils craignent le transfert du jihad dans l’hexagone. Personne ne s’était soucié jusqu’à présent de ce danger car l’attention était focalisée sur le soutien à l’Opposition syrienne face à cet « assassin qui tue son peuple » comme dit Laurent Fabius. A Riposte Laïque, nous avions pressenti ce danger.

Ce n’est que maintenant que les hommes politiques prennent la réelle mesure du danger de ces jihadistes qui, une fois rentrés dans leur terre d’accueil, aveugle, la France, sont à même de mettre en pratique l’entraînement terroriste qu’ils ont reçu en Syrie. Tout le monde se penche sur le lit de ce jihad pour lui trouver un remède et même un traitement préventif. Quelle naïveté ! Et même Mme Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, y va de ses diagnostics et de son traitement.

L’islam a perçu le danger de se voir montré du doigt comme pourvoyeur de jihadistes et vient de faire naître des vocations dans la communauté musulmane afin de rendre l’islam intouchable en matière de jihad et pour incruster dans les esprits que jihad et islam sont absolument dissociés. Le jihad appartient intrinsèquement à l’islam. Avec la charia, ce sont les deux faces d’une même pièce.

Afin de ne pas laisser l’État trouver la parade contre ce jihadisme qui est importé et totalement étranger à la culture française, il fallait absolument blanchir l’islam de tout amalgame avec le jihad. L’islam a donc trouvé un défenseur en la personne de Dounia Bouzar, forcément musulmane, qui affiche bonne volonté et abnégation pour dépister et stopper les futurs candidats au jihad. Et comme « On n’est jamais si bien servi que par soi-même », une officine est née, chapeautée par la spécialiste ès-jihad autoproclamée, pour aider les familles musulmanes angoissées à l’idée de voir leur progéniture emprunter la voie du jihad, la voie d’Allah.

Dounia Bouzar considère l’islam radical et le jihad comme faisant partie des « dérives sectaires qui défigurent l’islam ». Mais l’islam n’est-il pas une dérive sectaire du judéo-christianisme ? Pour protéger la réputation de l’islam, elle vient donc de fonder « Le Centre de Prévention des dérives Sectaires liées à l’Islam, CPDSI ». Elle tente de court-circuiter ainsi toute approche gouvernementale de ce problème afin de garder une approche islamo-islamique. Circulez … ! Y a rien à voir ! L’État n’a pas à mettre le nez dans cette affaire.

Voici « l’enquête » (1) sur laquelle s’appuie Dounia Bouzar.

(Le Figaro, 22 avril 2014)

Dans un article du Figaro du 22 avril 2014, sous le titre « Il faut former ceux qui côtoient les jeunes », un article inspiré par Dounia Bouzar dresse, pour illustrer la situation, trois graphiques  sensés montrer le sérieux de ce qu’elle avance.

Pour la « conviction de la famille », on apprend, ébahis, que 63,3% des jihadistes sont issus de familles de « conviction athée », 6,7% bouddhiste, 3,3% juive non pratiquante, 3,3% juive pratiquante 3,3% catholique pratiquante, 13,3% musulmane non pratiquante, 6,7% musulmane pratiquante.

Or l’article avoue sans ambages que cette étude est fondée sur « une quarantaine d’appels téléphoniques ». Comment peut-on se fier à un tel échantillon aussi réduit ? Sur un sujet aussi sensible et grave, il y a un risque élevé de fausses déclarations ou même de manipulations. Cette étude est déjà biaisée par la sélection. Comment peut-on analyser et tirer des conclusions à partir d’une étude sur 40 cas par rapport à 750 jihadistes qui restent hors statistiques ? Peut-on extrapoler en parlant de pourcentage quand on n’a qu’un échantillon faible et même non fiable ? La diffusion même de cette « statistique » est faussée encore par l’interprétation qui vise à confirmer l’hypothèse que fait Mme Bouzar : c’est quand la famille est athée que ses enfants s’engagent pour le jihad. Est-ce que ces «familles athées», sont des familles musulmanes qui ne croient plus en Allah et sont donc athées mais qui restent piégés au sein de leur religion et au sein de leur communauté ?       Ces familles ont-elles appris l’athéisme sur le sol français ? La société française serait-elle responsable ? Elle avance sans vergogne que « les radicaux arrivent à faire tomber des athées en quelques semaines ». Elle a une bien faible idée des convictions des athées. Elle omet surtout bien de dire que l’étape intermédiaire et cruciale est le passage à l’islam. A supposer que, issus d’une famille « athée », des jeunes avaient été à leur tour « athées » un certain temps, ils ne le sont plus par leur islamisation. C’est l’islam qui est le nœud gordien qu’il faut trancher afin d’enrayer le jihad. Pas le supposé athéisme. Il n’y a pas un seul jihadiste athée, pas un seul jihadiste bouddhiste, pas un seul jihadiste juif, pas un seul jihadiste catholique. Les jihadistes sont tous musulmans.

Mme Bouzar met l’accent sur la justification de la rage des radicaux contre la « fausse laïcité » « qui serait, au fond, un complot contre l’islam ». Mais l’islam, par le jihad, est contre la planète tout entière et il veut son hégémonie pour instaurer le règne de la charia. Elle oublie que la laïcité n’existe pas dans les 50 pays pourvoyeurs de jihadistes en Syrie. La laïcité française ne peut être incriminée. En France, en d’autres termes, les radicaux voudraient la « vraie laïcité » qui serait de laisser l’islam ravager la société française, d’abandonner le pays à l’islam sous prétexte que l’État doit être « indifférent » au phénomène religieux.

La responsable du CPDSI se garde donc bien de préciser que le dénominateur commun de ces jeunes (garçons ou filles, majeurs ou mineurs) est l’islam, qu’ils sont musulmans de naissance, éduqués et endoctrinés dans les mosquées ou convertis à l’islam. Pas de jihad sans islamisation préalable.

Dans le second graphique, le « mode d’endoctrinement » est établi sur le même échantillon non fiable : 50% sont endoctrinés d’abord par un interlocuteur physique puis internet, 33,3% par internet puis un interlocuteur physique, 3,3% par un interlocuteur physique. Restent 6,70% par internet seulement et 6,7% par un endoctrinement non repéré. C’est donc le contact qualifié de « physique » qui représente la première source d’endoctrinement car il intervient dans 86,3 %. (2) Mais qui sont donc ces inconnus, ces contacts physiques, que Mme Bouzar veut protéger sinon ceux qui sont à la mosquée ou proches de la mosquée ? Il faut être bien naïf pour s’étonner de l’activisme de certains imams. Les mosquées poussent en France depuis 20 ans comme des champignons. Leur nombre avoisine les 2.400 (1.545 en 2003 pour 2.390 en 2014) (3) avec à leur tête des imams salafistes ou membres des Frères Musulmans (UOIF) ou issus du Tablihg, dont beaucoup ne parlent même pas le français et « éduquent », coraniquement parlant, en arabe … Ils commencent par la fabrication de « bons musulmans ». C’est pour les jeunes l’antichambre de la vocation du jihad sur le chemin d’Allah, puis c’est la plongée par le passage à l’acte, à jamais. Car il est prouvé que les jihadistes ne sont pas récupérables. Le rôle d’internet passe donc au second plan. Il y a aussi la radicalisation dans les prisons où la population musulmane représente le plus fort pourcentage des incarcérés pour crimes ou délits divers. On se demande comment vont ressortir les 6 jihadistes strasbourgeois qui seront bientôt incarcérés.

Le troisième graphique est absolument inutile. Le CPDSI veut nous entretenir de la « situation actuelle de l’endoctrinement ». Même si le diagramme affiche 46,7% d’endoctrinement « encore en France », les jihadistes ont tous pratiquement été endoctrinés sur le sol français. A y regarder de près, le CPDSI semble vouloir nous dire que la moitié des endoctrinés ne sont pas encore passé à l’acte. Ce qui est très grave mais cela n’a aucun intérêt statistique dans la mesure où le nombre des endoctrinés radicalisés est quasi impossible à déterminer. Tout musulman, qui veut appliquer comme il se doit le Coran et la Sunna, d’abord endoctriné, va donc se radicaliser et devenir un jihadiste potentiel. Le point de bascule dépend plutôt de l’âge, du sexe, encore que les filles ne manquent pas d’entendre les sirènes (sic) du jihadisme, que ce soit le jihad armé ou le jihad de fornication ou les deux. En somme, tant que l’islam ne sera pas entré dans la modernité, tant que l’islam n’aura pas rejeté ce qu’il y a de désuet dans ses Livres du 7e siècle, le jihad continuera à ronger la communauté musulmane, tout le peuple français, tous les peuples de la terre. Mais, en allant plus loin dans la réflexion, le jihad commet tant de ravages qu’à brève échéance, si ce n’est déjà fait, il peut aboutir au rejet total de l’islam, aussi bien chez les non musulmans que chez les musulmans eux-mêmes. Le jihad finira par détruire l’islam. C’est peut-être la planche de salut de l’humanité.

Bernard Dick

(1) Le Figaro, 22/04/2014, p.3

(2) Spencer Robert, Arab winter comes to America, Regnery Publishing, 2014, p. 52 : Quatre études conduites depuis 1998 ont trouvé que « 80% des mosquées aux États-Unis enseignent le jihad, la suprématie de l’islam, la haine et le mépris des juifs et des chrétiens ». Ce sont les principaux ingrédients de la radicalisation. La situation est identique en France.

(3) Valeurs actuelles, N°4042, 15-20/05/2014, p.32 et 33

Au 17/05/2014, les terroristes islamiques ont mené plus de 22.959 attaques terroristes mortelles depuis le 11 septembre 2001.

 

 

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