Draghi, le dictateur moral et sanitaire ou le nouveau Savonarole

 

 

Les populations commencent à se révolter comme les dockers de Trieste, le plus grand port d’Italie et les routiers italiens sont en grève. Après la peur, la passivité, l’épuisement, la dépression, vient le temps du rejet, de la colère puis de l’action et de la révolte. Ce cheminement est classique.

Nos chers dictateurs sanitaires ont imposé leur florilège de règles morales : si tu ne te vaccines pas, tu es méchant, si tu te vaccines, c’est pour ta grand-mère. Soyez altruiste. La moralisation béate, papauté comprise, a coulé à flots puis les mesures de rétorsion ont suivi. Tout cela m’a rappelé l’enfer florentin de la théocratie folle de Savonarole de 1494 à 1498, au pays de Draghi. Ce champion des dictateurs qui va de la vaccination obligatoire ou presque, du passe sanitaire pour tous les travailleurs avec suspension des droits et salaires, etc.

J’ai l’impression de retrouver, pas à pas, chacune des étapes de ce que nous vivons aujourd’hui. Reprenons les temps forts de ces quatre années infernales. Vous allez voir, quand des chefs veulent nous imposer leur paradis, c’est notre enfer au quotidien.

Savonarole libérateur éclairé

Savonarole est un dominicain. Il est prieur du couvent de San Marco à Florence. Il arrive au pouvoir après la fuite des Médicis. La famille avait régné pendant soixante ans sur la ville. Ils fuient devant les troupes françaises de Charles VIII. Savonarole prêche contre les Médicis auprès du petit peuple, des artisans et des commerçants inquiets. Il brandit la peur de la colère divine (tiens, la peur). Il menace des punitions qu’encourent les décadents qui se refusent à vivre sobrement en bon chrétien (tiens, la soumission). Lorsque les Français envahissent la ville, la population l’interprète comme le signe de la vérité des enseignements de Savonarole (tiens, la prédiction).

Après la prise de la ville le 17 novembre par Charles VIII, en décembre 1494, Savonarole fait un sermon devant 15 000 fidèles. La fuite des Médicis est un signe de Dieu, il faut construire la cité de Dieu sur Terre (tiens, l’utopie). Il faut faire triompher le Salut et la vie modeste du bon chrétien (tiens, la norme). Le pouvoir messianique s’instaure. Le peuple le soutient, voyant là le moyen de se libérer du joug des puissants et des grandes familles florentines. Savonarole installe le Grand Conseil (tiens, un Conseil). De prime abord, c’est plus démocratique, car la population est associée (tiens, les concertations et consultations citoyennes). Mais Savonarole commande le Grand Conseil et la République de Florence est avant tout la République de Savonarole (tiens, Draghi, Macron)

Savonarole dictateur éclairé

Mais très vite, l’ordre moral commence à imposer ses obligations (tiens, la contrainte). Il condamne les mœurs, les cruautés, les corruptions. Dès 1495, à peine un an après son avènement, il ordonne la récitation quotidienne du chapelet (tiens, les obligations). Tenez-vous bien. Cette exemplarité a pour but de convaincre Charles VIII d’épargner la ville du pillage habituel des armées triomphantes, comme cela se pratiquait à cette époque. Les obligations permettent à Savonarole de protéger la ville. C’est un triomphe (tiens, les succès volés).

Mais l’ordre social s’impose par toute sorte de… distanciations sociales. Les carnavals sont supprimés, les tripots sont fermés, les personnes sortent peu et correctement vêtues (tiens, les règles moralo-sanitaires). La culture et les vanités sont à proscrire (tiens, les activités non essentielles). Il organise le bûcher de la vanité où l’on brûle instruments de musique et œuvres d’art (tiens, l’interdiction culturelle). Et pour que les Florentins obéissent, des jeunes gens (tiens, les médiateurs de rue) interpellent les personnes qui ne s’habillent pas comme il faut (tiens, l’équivalent du masque). Et les obligations deviennent de plus en plus attentatoires aux libertés. Les jeunes gens sont organisés en milices (tiens, les vigiles devant nos hôpitaux) et ces quelques 5 000 fanciulli, les miliciens de l’ordre moral, confisquent les dés, les jeux de carte, interdisent les réunions populaires (tiens, pas plus de 6, vous vous souvenez).

La pression se fait plus forte encore. Les jeunes miliciens frappent aux portes pour vérifier que tout va bien. (tiens, le contrôle social de proximité). Il faut se conformer à l’hygiène de vie du bon chrétien. Et ceux qui n’ont pas été conformes sont rabroués, montrés et empêchés. Certains sont marqués au fer rouge du fait de leur désobéissance (tiens, l’ancêtre du passe sanitaire). Et l’ordre moral devient dictature politique. Quelques-uns y voient une atteinte à la liberté, à la manière de vivre sa foi, sans même contester au-delà. Ceux qui se rebellent un peu, tel Giralamo Muzi, poète, sont condamnés : lourde amende et interdit d’exercé des charges publiques (tiens, la persécution des opposants).

Savonarole ou la révolte contre le tyran

Mais l’ordre moral a un prix exorbitant. La ville se délite, les populations s’épuisent, se démoralisent. La joie de vivre cède à une humeur maussade et triste (tiens, les dépressions). La misère sociale s’accroît et décroît le prestige du prédicateur (tiens la facture des mesures). Des notables parlent, des petites gens aspirent à la révolte pour retrouver leur liberté (tiens, nos réseaux sociaux). La population a été humiliée par une dictature de tous les instants, sous la pression de la délation et de toutes sortes de soumissions quotidiennes.

Le régime devient violent et dur. Mais la population ne tolère plus la prison florentine. La ville est une cité soumise, un enfer triste. La colère gronde. En avril 1498, les Florentins prennent d’assaut le couvent San Marco. Le combat est rude. Il y des morts. La population est excédée face à la tyrannie autiste, sourde aux souffrances du quotidien. La colère se fait révolte. Le 4 mai, à l’occasion du sermon de l’Ascension, éclate une émeute où les jeunes exigent la réouverture des tavernes et des jeux publics. Le 23 mai, les Florentins poursuivent Savonarole et le prédicateur adulé il y a quatre années est pendu puis brûlé place de la Seigneurie. La justice florentine a suivi le peuple révolté (tiens, à suivre…). Pour l’anecdote, le tyran sourd refusera l’offre traditionnelle de l’époque d’une disputatio pour défendre ses thèses et accepter la contradiction avant un jugement. Savonarole s’enferme dans la folie de sa raison obstinée contre tous.

Le jugement de l’histoire

Les papes l’avaient observé, puis pris leur distance et condamné. Rome dira de lui que l’aspirant à la sainteté s’est mu en fanatique (tiens, la dogmatique). Mais Florence ne se remettra jamais de la folie du dominicain. La cité amorce son long déclin, ruinée, appauvrie, humiliée (tiens…), en espérant que l’histoire nous épargnera cette conclusion.

Pierre-Antoine Pontoizeau

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2 Commentaires

  1. Magnifique texte, une formidable leçon de l’Histoire, une Histoire que la gauche veut déconstruire et effacer, afin de pouvoir recommencer les mêmes folies idéologiques qui l’obsèdent.
    je ne sais plus qui a dit que l’Histoire ne se répétait pas, mais qu’elle bégayait.

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