Drancy-Sarcelles : le silence du gouvernement encourage ceux qui veulent finir le travail d’Hitler

Décidément, je vais décevoir certains bons amis.

En effet, fils, petit-fils, neveu et cousins de Juifs déportés pour Auschwitz et/ou les pays baltes, pour y être mis à mort, parce que Juifs. je n’ai pas été ému par la cérémonie officielle de ce vendredi 21 septembre.

Je vais vous livrer le fond de ma pensée

Je ne crois pas un seul instant à la sincérité des propos présidentiels. Bien au contraire même, et c’est pourquoi ces propos m’indisposent. Ils me donnent la nausée.

Comment pourrai-je croire aux larmes verbales de cet homme ? Il est le chef de l’éxécutif de ce pays, dont le premier ministre et son ministre de l’intérieur, dont son/sa ministre Garde-des-sceaux, ses amis à la tête de l’AFP et des grandes chaînes télévisées, tous -comme un seul homme – ont posé une lourde et épaisse dalle de béton sur l’information concernant deux faits récents montrent que justement, « ça » recommence :

–         Les menaces d’égorger tous les Juifs, -« etbakh al Yahoud »-, scandées par six fois par les 151 salafistes « protestant » contre le film « islamophobe » diffusé par une télévision égyptienne

–         Les engins explosifs lancés dans le magasin « cash kasher » Naouri de Sarcelles, y faisant plusieurs blessés.

A quoi servent concrètement les « plus jamais ça ! » présidentiels – concernant Drancy -la cité de la Muette devenu le camp de transit vers les installation de l’assassinat industrialisé – si on laisse les mains libres à ceux qui veulent faire plus et mieux que les tueurs SS ?

Mes grands-parents paternels et ma tante Sulamite ont passé six jours au camp de Drancy, avant d’être entassés à cinquante et plus, pour trois jours et trois nuits. Comme tous les Juifs que l’on déportera ainsi, on les enfermera dans des wagons à bestiaux, pour les mener à la chambre à gaz ou vers le travail forcé, un travail exténuant destiné à tuer tout en tirant quelque chose, le plus possible -pendant quelques jours, quelques semaines, parfois durant quelques mois, rarement plus- de la force de travail juive.

Mon père a vécu dans ce camp -si l’on peut parler « d’avoir vécu » à Drancy-le-camp pour Juifs sans droit- du 4 avril au 15 mai 1944.

On l’y a aussi utilisé – comme main d’œuvre gratuite exposée aux risques d’explosions – pour déblayer les alentours de la gare de Noisy-le-sec, après les bombardements américains visant ce centre ferroviaire qui constituait alors un dispositif important de la défense allemande..

Je me sens donc directement concerné par ce qui a été inauguré ce vendredi 21 septembre 2012

Je ne peux pas dire le contraire. Mais je ressens fortement, comme une odieuse hypocrisie, comme une marque insigne de duplicité, les paroles du discours d’un homme qui, dans le même temps qu’il dit, devant l’entrée de l’ancien camp, « plus jamais ça », laisse désarmer la police et la justice française, confrontées aux menaces et aux passages à l’acte de fanatiques « religieux » totalitaires – des hommes et des femmes prenant la société en otage et affichant, sans la moindre gène, leur objectif théologico-génocidaire affirmant fièrement, au nez et à la barbe des policiers et des journalistes devenus aveugles, sourds et muets, vouloir pousser jusqu’à son terme ultime ce qu’Hitler et les siens ont engagé pendant le second conflit mondial.

Pour conclure, je ne commencerai à croire la sincérité du Président Hollande et à celle de son équipe : que quand les 151 salafistes aspirants égorgeurs seront déférés devant les tribunaux, pour y répondre de leurs menaces de morts publiques et réitérées, à l’encontre des fils et filles des déportés partis de Drancy, sur le destin desquels le dit-Président est venu à Drancy essuyer une larme, pour l’instant purement verbale.

J’ajoute, que je ne croirais aux paroles « désolées » du CFCM, que lorsque celui-ci réclamera que la justice passe, contre les hommes et les femmes appelant au meurtre des Juifs au nom du respect du dogme religieux par tous !

Lorsqu’au lieu de déposer plainte contre Charlie, avec pour objectif de clore définitivement deux siècles d’exercice du droit de penser, parler et mêmes blasphémer, il revendiquera -au contraire- le droit pour tous de contredire ses propres croyances et ses dogmes les plus sacrés; lorsqu’il se démarquera, pleinement, par des actes, des candidats assassins.

Lorsque le CFCM/UOIF diront, publiquement : que les tribunaux doivent appliquer la loi, toute la loi. Lorsqu’ils montreront ainsi, par des actes disai-je, que le « vivre ensemble » ce n’est pas qu’un slogan pour « plumer la volaille » mais la manifestation tangible qu’ils œuvrent sincèrement pour accepter la loi humaine démocratique et pour le respect de l’expression des opinions, mêmes si elles leur déplaisent ou les choquent.

Alain Rubin

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