DSK-Tron : il y a toujours les dominants, et les dominées !

Publié le 30 mai 2011 - par - 482 vues
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Au fil des faits-divers de l’actualité deux affaires occupent la scène française. Après celle de DSK qui est une actualité mondiale,  en voici une autre plus franco-française. Elle touche un personnage politique, moins connu avant que la plainte qu’ont déposée contre lui deux employées municipales de la ville de Draveil dont il est maire, ne soit sortie dans la presse. On s’intéresse aujourd’hui à Georges  Tron Secrétaire d’Etat à la fonction publique, l’accusation d’attouchement et de viol portée contre lui l’a amené à démissionner du gouvernement.

Bien sûr tout comme DSK, Georges Tron a droit à la présomption d’innocence.  Il est d’ailleurs  surprenant de découvrir comme la notion « du droit à la présomption d’innocence » est à  géométrie variable, suivant les partis politiques et les personnalités concernées, on va de l’indignation au  mutisme suivant le camp auquel on appartient!

Les personnes ayant porté plainte contre Georges Tron agiraient, de son point de vue, par vengeance personnelle, ces femmes ayant dû démissionner pour indélicatesses. Il appartiendra à la justice de tirer au clair cette histoire mais on peut trouver surprenant qu’un maire pratique la réflexologie sur des employé(e)s municipales.  N’y a-t-il pas là une pratique qui n’a rien à voir avec sa fonction ? On imagine la vulnérabilité d’une employée municipale dont l’emploi ou le renouvellement d’un contrat est lié à la décision d’un maire.

En 1990 le film « Promotion canapé »  essayait de traiter par l’humour d’un sujet extrêmement grave à savoir la vulnérabilité des femmes face aux hommes dans le cadre du travail. Dans ce film on décrivait le droit de cuissage que s’octroyaient, dans le monde des PTT, les  petits et grands chefs, chefs de service, responsables syndicaux etc (l’une des jeunes femmes  était victime d’un viol). Dans cette histoire les femmes se vengeaient en prenant elles-mêmes le pouvoir et en appliquant finalement la même méthode, on aurait aimé une fin plus intelligente et plus engagée!

N’est-il pas temps de profiter de ces graves événements  pour dénoncer les abus de pouvoir de ceux qui exercent des positions dominantes ?  Abus de pouvoir qui peuvent s’exercer contre des inférieurs masculins bien sûr( pressions pour des notions de rendement impossible à tenir, qui ont conduit certains à des actes de suicides), mais aussi et surtout contre  les femmes. Concernant les femmes outre les pressions pour le travail il y a en plus le harcèlement sexuel. (pratiques diverses des  petites faveurs sous le bureau au viol) et ce dans un grand nombre de milieux professionnels. Les femmes ne se suicident pas pour cela, souvent elles se taisent. Clémentine Autain le rappelait dernièrement : peu de femmes osent porter plainte et dénoncer un viol. L’abus de pouvoir qui amène au harcèlement sexuel n’a rien à voir avec la séduction. Suite à l’affaire du FMI Madame Piroska Nagy  déclarait que par rapport à la pression exercée par DSK sur elle, elle était perdante quelque soit ce qu’elle aurait pu décider.

Garder son emploi, en cette période difficile, relève souvent de l’exploit, la précarité  rend les puissants  plus puissants encore et les encourage à abuser de leur pouvoir d’autorité. Face à cela il est du devoir des femmes de  parler et  on doit les y aider ! Au delà de la parité, et du : « à travail égal salaire égal » c’est le droit au respect  que les femmes doivent  d’abord exiger,  la récente actualité permet un utile rappel à l’ordre !

Chantal Crabère

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