Duflot et Boutin : deux totalitarismes différents, mais aussi inquiétants

Selon Catherine Nay, d’Europe 1 (dimanche 6 avril 2014), Manuel Valls, nouveau 1er ministre en France, aurait proposé à Cécile Duflot tout un ensemble de mesures extraordinaires telles que l’abandon de l’EPR, l’abandon de l’aéroport de Notre Dame des Landes, l’abandon du nucléaire réduit à 50% à horizon 2025 ; informations confirmées par le JDD (du 6 avril 2014) lorsqu’il relate l’entrevue effectuée mardi 2 avril avec Valls :

« Emmanuelle Cosse faisait partie de cette délégation. Mais elle aussi a soutenu la décision de sortir « malgré des propositions solides qui nous ont été faites » par le nouveau Premier ministre. Manuel Valls « nous a fait une proposition simple : diriger un ministère de l’Ecologie, avec la tutelle sur l’énergie, afin de faire la loi sur la transition énergétique. Une loi qui acte la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique (50% en 2025). Pas de construction d’EPR, la fermeture de réacteurs. Pas de changement de ligne sur les OGM, ni sur les gaz de schiste. Une réforme de la décentralisation pour aboutir à 10 régions, la mise en oeuvre de la proportionnelle et enfin, à demi-mots, la fin de NDDL (l’aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes) », a-t-elle énuméré ».

On comprend parfaitement bien en lisant l’ampleur de ce qui a été refusé (on réfléchira aussi sur la démesure de ce qui a été proposé) que le duflotisme n’a décidément rien à voir avec l’écologie, même politique, mais plutôt avec l’exigeante obligation d’imposer à Valls et au reste de la société française une vision du monde basée sur l’effacement des frontières, des identités, des genres. Car que reproche-t-elle à Valls ? L’affaire « Leonarda ». Le fait aussi d’avoir rouspété sur la présence inconsidérée et peu planifiée de Roms en France. Et sans doute en général le fait que pour Valls la sécurité ne concerne pas seulement les classes aisées (à qui Cécile Duflot appartient) mais aussi tout un chacun, ce qui révulse Duflot. Voilà pour leurs dissensions. Elles n’ont rien d’écologique comme prévu. Cela suffit donc pour déclencher l’ire duflotienne centrée principalement sur des positions anarchistes et néo-communistes qui s’avèrent être en fait l’exact pendant de l’extrémisme d’une Christine Boutin. En effet, pour celle-ci l’homosexualité est une « abomination », pour Duflot, outre ce qui a été indiqué (sans parler du droit, de fait, de ne plus avoir à payer son loyer ou presque) le fait de ne pas souscrire au mariage pour tous et surtout à la filiation pour tous devient fondamentalement « illégitime ». Un propos typiquement totalitaire. Un de plus.

En fait, si Boutin rejette en bloc les LGBTIQ, et que Duflot dans cette famille privilégie vraisemblablement le Q et le I (queer et Indifférent) puisqu’elle parle « d’orientation » (supposant par là que celle-ci pourrait changer au gré des envies) toutes deux s’avèrent en réalité d’accord sur plusieurs points : il s’agit d’imposer une morale obligatoire, celle de la frugalité pour tou(te)s, du voile intégral, (idem pour Boutin) de la décroissance forcée où la consommation libre est de plus en plus montrée du doigt. Certes, pour Boutin le 11 septembre 2001 est sans doute un complot, tandis que la version de Duflot est inconnue, certes, le mariage pour tous les oppose, et en l’occurrence l’homosexualité, il n’empêche qu’elles militent toutes deux pour une société de contrôle forcenée, Duflot étant cependant bien plus dangereuse que Boutin parce qu’elle a bien plus de relais et de pouvoir ; la preuve étant que le pouvoir en place voulait faire des concessions insensées alors que le nucléaire s’avère de plus en plus indispensable, que les énergies renouvelables coûtent, par exemple en « terres rares », qu’il est nécessaire de combattre la pollution en développant les transports collectifs dont l’avion (d’où le nouvel aéroport de Nantes), et aussi le car propre, ce qui rend nécessaire d’ouvrir la concurrence sur les trajets monopolisés par la SNCF. Sans parler des OGM anti-pesticides, des bio-nano-technologies qui permettront de créer de nouveaux types de médicaments à même d’attaquer à la source les malformations génétiques, choses que Google a bien compris en investissant dans cette direction.

L’obscurantisme qui s’abat de plus en plus sur la France n’est donc pas seulement issu de la droite conservatrice. Le danger consiste en ce qu’il se conjugue désormais avec une écologie politique de type totalitaire soucieuse de régir non seulement la pensée l’économie mais aussi l’intimité des identités, leur souffle profond, ce qui est pis.

Lucien SA Oulahbib

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