Dupond-Moretti ose dénoncer la bataclanisation des esprits

Éric Dupond-Moretti, Le Dictionnaire de ma vie : Une appétence pour les mots. Un luxe incroyable !
Rédiger mon propre dictionnaire ? Fallait oser. Et il l’a fait !
Bataclan : Une démocratie ne répond pas sauvagement à la sauvagerie. Une salle de spectacles, un odieux attentat, un pays en deuil, des rivières de larmes, du sang à profusion, un chagrin infini, le sentiment d’une forme d’impuissance : le Bataclan, c’est d’abord cela. Un comportement de deuil est digne et légitime.

Dupond-Moretti dénonce l’exploitation pernicieuse de l’horreur à des fins populistes et électoralistes.
Victor Hugo écrit : Souvent la foule trahit le peuple (et les élus !). Parce que la foule exige davantage de répression et de contrôle. En résulte l’état d’urgence post-attentats du 13 novembre 2015, relayé par la très controversée loi antiterroriste. Mais l’état d’urgence et ses mesures transposées dans le texte sécuritaire ne sont rien d’autre que l’expression du travail de la police contrôlé par la police.

Que l’on renforce aujourd’hui les moyens de la police et du renseignement, aucun démocrate ne peut s’y opposer. En revanche, que le travail de la police soit contrôlé par la police et non par la justice, c’est oublier ce qu’a perçu Montesquieu des hommes de pouvoir tentés d’en abuser. Il n’y a pas nécessité à cela.
Droit-de-l’hommiste, c’est la formule utilisée dès lors que vous en appelez aux droits de l’homme ! Comme si les droits de l’homme étaient acquis, comme s’il n’y avait pas 30 % de gens qui votent à l’extrême droite dans notre pays ! Il faut se méfier du tsunami de l’émotion, de la dictature de l’émotion. Il faut s’en méfier parce que le jour où nous nous éloignons de l’État de droit (droit-de-l’hommiste), des règles qui sont celles de la France pays des droits de l’homme, nous basculons dans la barbarie (des islamistes ?).

Aujourd’hui, le terrorisme nous anesthésie, les politiques sont décomplexés. (Et non plus terrorisés par la gauche bien-pensante des beaux quartiers, et le) Bobo droit-de-l’hommiste du Café de Flore, je le suis !

Certains lancent l’apéritif saucisson-vin rouge pour des Gaulois (les prolos du café du commerce !), chaque jour une nouvelle trouvaille, moulée dans une sorte de populisme terrifiant qui alimente les extrêmes !

Dupond-Moretti : J’aime manger ! J’ai davantage confiance dans la cuisine de mon pays que dans sa justice ! La bonne chère imprègne tant l’esprit humain ! J’aime manger, je suis un gourmet et un gourmand !
Si je devais faire la liste de mes plats préférés, c’est une véritable encyclopédie que j’écrirais.
À l’instar de tous les vrais gastronomes, je me régale… d’un plat hautement sophistiqué. J’aime boire aussi. Je conçois difficilement la vie sans vin et je me méfie de ceux qui ne l’apprécient pas. Le vin est un désinhibiteur, un révélateur du véritable tempérament des êtres, c’est là qu’il est intéressant : in vino veritas.

Je goûte l’ivresse, pas la soûlerie. J’apprécie les cuites à la Blondin. J’en ai pris d’incroyables, celles où l’on refait le monde intelligemment (le vin rend intelligent ?) : ces ébriétés sont sublimes. La sensualité de la table me rend vivant ! Le plat de la cuisine française qui ne trouve pas grâce à mes yeux, c’est la quenelle.

Celle qui suscite chez moi cette aversion profonde, qui me fait réellement vomir, c’est l’infâme quenelle de Dieudonné. Je ne sais pourquoi on a pu nommer ainsi un geste qui n’est ni plus ni moins qu’un salut nazi !
J’ai une admiration sans borne pour les grands chefs. Il y a une vraie magie dans la cuisine qui fait du bien à l’âme.
Dupond-Moretti dénonce la petite cuisine judiciaire, ce peut être des coups de fil qui interviennent entre le juge d’instruction et le juge de la liberté et de la détention. Un juge autonome que saisit le juge d’instruction et qui prend sa décision souverainement. Sauf que sa souveraineté est parfois particulière. J’ai surpris des conversations entre un juge d’instruction et un juge de la liberté et de la détention, le premier incitant le second à placer en détention. Voilà de petites histoires de cuisine judiciaire, de menus contacts
illicites qui s’établissent parce que l’on se connaît, parce que l’on a fréquenté la même école, parce que l’on est dans l’entre-soi. Pour tout dire, j’ai davantage confiance dans la cuisine de mon pays que dans sa justice !

C’est le droit et son application qui distingue la barbarie de la civilisation. Ce que veulent ces terroristes ? Une société dominée par la violence, par la guerre civile, par le
communautarisme. Et nous faire changer de mode de vie, de mode de pensée, de mode de juger.

Or, une démocratie ne répond pas sauvagement à la sauvagerie. En un certain sens, elle y perd en efficacité. Mais que voulons-nous ? Que la police puisse aller tuer les classés S2 à 5 heures du matin ? Qu’elle leur mette une balle dans la tête ? Je ne suis pas certain que ce soit plus efficace.

Hannah Arendt invite à penser l’événement pour ne pas succomber à l’actualité. Tout est dit.

Veillons donc à ce que les mouvements de foule ne nous amènent vers une société beaucoup plus dure, plus égoïste et extrémiste. Ce n’est pas un hasard si le Front national réalise déjà de tels résultats !
Il n’aurait alors qu’à tendre les bras et attendre que les bulletins électoraux lui échoient. Sans rien faire. Et peu importe qu’il ait écopé de condamnations pour incitation à la haine raciale.

Dupond-Moretti dénonce la bataclanisation des esprits : Voilà ce qu’est la bataclanisation des esprits. La bataclanisation, c’est une terminologie de guerrier pour entraîner un mouvement social dans le but de réprimer plus, de cogner plus, de tolérer (subir) moins. Sa prescription : une réduction des libertés que nous devons défendre en tant que citoyens. Deux solutions s’offrent à nous : soit nous énonçons que la règle de droit ne s’applique plus, nous entrons alors de facto dans un cycle de violence répondant à la violence et nous pouvons de ce fait tuer l’ennemi dans son lit à 5 heures du matin.

Soit nous conservons cette posture qui nous distingue de ces barbares, de ces sauvages, et nous agissons sans concession vis-à-vis d’eux mais dans le cadre de la règle et de la loi (de l'acquittement ?). La bataclanisation des esprits, c’est un durcissement de la société avec ce repli sur soi qui nourrit tous les communautarismes. Voilà qui est extrêmement dangereux ! Ce discours n’est pas audible par les temps qui courent. La gauche nous a infligé l’état d’urgence quand elle aurait simplement pu durcir les lois et renforcer les moyens de la police. Ce n’est peut-être que du symbole, mais il est impératif de rester vigilant.

Je crains que la bataclanisation des esprits n’amène quelques malades, délaissés par un État (de l’acquittement ?) incapable de les en empêcher, à la création de milices ou de formations de cette nature. Envisager de bafouer l’État de droit en proposant d’enfermer les fichés S, certains politiques y sont d’ores et déjà disposés. Mais soit les fichés S ont violé la loi et on les punit sévèrement, soit ils ne sont que suspects et depuis quand enferme-t-on des suspects ? Où mettons-nous le curseur ? Qui va les détenir ?
Désirons-nous des Guantánamo en France ? Je pense que nous assistons à la fragilisation de l’État de droit qu’il convient de préserver. Le réaffirmer n’est pas une simple question de sémantique.

Dupond-Moretti dénonce la Dédiabolisation : On a fait taire les démons, ils sont toujours présents. Depuis des années, nous vivons une incroyable mascarade parce que l’ADN du FN est l’extrême droite française ! Il n’y a jamais eu de dédiabolisation du Front national. C’est une escroquerie intellectuelle majeure, une autocensure dictée par le politiquement correct. On a fait taire les démons, et ils sont toujours présents. Je me suis amusé à constituer ce que je nomme le casier judiciaire du FN en passant par tous les
Identitaires toujours proches du FN qui ne vivent et ne s’expriment que dans la haine à l’égard des autres.

Au sein du FN, de vrais fachos revendiqués s’expriment librement. La maltraitance réservée aux immigrés en général nourrit ma révolte. Je suis ulcéré qu’un parti qui se veut républicain sans l’être puisse vivre de l’idée qu’une fraction de nos concitoyens (les migrants ?) est suspecte. Selon ce parti dédiabolisé, les étrangers seraient à l’origine de tous nos maux. (C’est vrai ou c’est faux ?) : mieux vaut donner à sa fille qu’à sa nièce, à sa nièce qu’à sa cousine, à sa cousine qu’à l’étranger, selon la formule qu’il nous inflige.
Mais si tous les étrangers quittaient la France, ce serait une catastrophe économique ! (Et si on payait comme il faut les Français qui travaillent, plus que les prestations sociales, RSA et autres minima sociaux, les Français occuperaient ces emplois et les étrangers qui bossent pour toi en cuisine quitteraient la France).

Lorsque Éric Zemmour annonce un pourcentage énorme de détenus d’origine étrangère en prison, ce qui est une réalité, il vise avec perfidie les Maghrébins sans fournir la moindre interprétation sociologique. C’est une honte. Il propage l’idée que l’explication est ethnique quand ce sont les conditions socio- économiques depuis des générations, la non-intégration, la ghettoïsation, la perte des repères culturels qui éclairent le problème (?), mais il renforce de plus la mise à l’écart de ces populations déjà en difficulté. Claire
Checcaglini a infiltré le FN : un ramassis de racistes disposant d’une vitrine et d’une résonance médiatiques.

Dupond-Moretti de gauche en appelle à la censure : Pendant des années, le Front national a construit son identité médiatique en se plaignant d’être banni des médias quand, en réalité, il était présent partout. Aujourd’hui, au cœur du système médiatique, banalisé, il discute d’égal à égal avec nous : nous l’avons intégré comme s’il s’agissait d’un parti normal. (La Front-nationalophobie en quelque sorte ?)

La droite classique porte une immense responsabilité dans cet état de fait. À force d’aller chasser aux frontières du FN, un grand nombre de thèmes sont devenus communs. (C’est vrai ou c’est faux ?)

Hollande a fait une différence entre Français de souche et binationaux, induisant l’idée absurde que ces derniers ne seraient français qu’à 50 % (C’est vrai ou c’est faux ?) m’a fait révéler que j’avais moi-même la double nationalité, franco-italienne. Voilà quelques illustrations de ce qu’infuse le FN. Ben voyons !

Thierry Michaud-Nérard

image_pdfimage_print

11 Commentaires

  1. Le Bataclan est un sanctuaire comme Oradour sur Glane …..jamais plus un spectacle ne devrait y etre donné . EDM est un collabo aux nazislamistes . Il veut faire oublier aux FDS les horreurs du Bataclan ,de Nice sur la promenade des anglais et l’égorgement a la cathédrale pour ne pas diviser les français . Les français ne sont pas divisés et ne s’allieront jamais avec les protégés de ces ignobles collabos .Il ferait bien de modérer ses déclarations et ses condamnations envers les FDS s’il ne veut pas finir comme laval

    • en accord avec les précédents commentaires……..quelle indécence de donner spectacle dans un endroit ou des humains ont été égorgés…. comment ose t’on ? la bi-nationalité est une aberration sociale et un vol envers les uni-nationaux …. et une discrimination par les avantages qu’elle offre…. ce monde est devenu fou,laid,dégénéré,révulsant ,les catastrophes que nous sentions venir approchent a grands pas….que faire devant tant de délires et d’esprits dévoyés et malsains……cet homme est laid dans tous les sens du terme!!!!!!!!

      • Ce qui me choque le plus c’est l’invasion de la langue arabe dans notre Etat Civil.
        Parce que l’Etat Civil c’est le coeur de la nation. C’est là que sont recensées les générations qui se sont succédées pour faire la France.

  2. Ça me paraît tellement évident qu’il y a une différence entre un Français dont les ancêtres ont construit le pays depuis des siècles et un bi-national Maghrébin dont la dépouille sera raPATRIÉE gratuitement par son gouvernement d’origine, le sol français souchien étant impur.
    Par contre, l’argent des Français est halal car le butin est permis par la religion.

    • C’est vraiment une race de salopiots.
      A quoi pensent les FDS ?
      Tant de mansuétude envers ces pauvres muz qui émasculaient nos ancêtres (centre de castration à Verdun puis envoi direct en Andalousie pour y être vendus).

  3. En résumé, le Ministre actuel de la Justice est « franco-italien », comme l’ancienne Ministre de l’Education était « franco- marocaine ».
    N’y a -t- il donc aucun français assez compétent pour être Ministre et ne pas détruire la pays ?

    • Et Peillon Vincent juif d’une lignée de rabbins alsaciens comme Todd.
      Tous 2 cherchent à nous convaincre du privilège d’avoir une communauté musulmane se faisant entendre.
      Pendant que les Français roupillent.

  4. La défense n’ est honorable que lorsqu’elle s’exerce envers un innocent, selon toute logique…Dupont Moretti, en défendant un assassin comme Merah, trouve honorable de défendre sa cause ?? Dirait-il cela si Merah avait tué sa belle Isabelle Boulay ????Et ça ose rédiger un dictionnaire ??Comment un taré pareil peut-il occuper un poste de ministre de la justice?

  5. Si c’est un honneur de défendre Abdelkader Merah, alors c’est vraiment le comble du déshonneur de se retrouver englué dans la carcasse d’Eric Dupond-Moretti et je n’ose imaginer les senteurs nauséabondes qui doivent s’en échapper.

Les commentaires sont fermés.