Düsseldorf : ambiance d’état de siège et de guerre civile contre Pegida

Publié le 14 janvier 2015 - par - 320 vues
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C’est une expérience inoubliable que nous avons vécue, avec Christine Tasin et Pascal Hilout, lors de cette soirée du 12 janvier. Invités par le mouvement Dugida-Pegida de Dusseldorf par son animatrice, Melanie Dittmer, nous sommes arrivés, après un premier contact avec les organisateurs, en milieu d’après-midi, et des premières interviews, aux alentours de 18 heures 30 vers le lieu de rassemblement.

Il y avait des policiers partout. Nous en avons comptés, tout au long de la soirée, plusieurs milliers. Un hélicoptère survolait l’événement, ajoutant de la tension au climat déjà lourd. Les forces de l’ordre bloquaient les gens, sur les trottoirs. Ils nous expliquaient qu’il y avait des militants gauchistes qui pouvaient être violents, et qu’il leur fallait prendre des précautions pour que les manifestants ne soient pas agressés. Nous avons mis une bonne demi-heure à rejoindre la place, et les policiers entouraient ceux qui voulaient accéder au rassemblement. Je me disais qu’il fallait être drôlement motivé pour descendre dans la rue dans ces conditions.

Pegida12La camionnette dans laquelle avait pris place Pascal, pour rejoindre la manifestation, avec Melanie Dittmer, avait été un moment entourée de sympathiques gauchistes, qui avaient été dégagés vigoureusement par les forces de l’ordre.

Il y eut les premières prises de parole, avant que la manifestation ne parte en cortège. Melanie nous avait fait savoir que la semaine précédente, ils avaient reçu des projectiles, dont de nombreuses bouteilles, et qu’elle avait pu obtenir des forces de l’ordre qu’ils fassent respecter un cordon de sécurité d’au moins 50 mètres.

C’est d’ailleurs la distance qui sépare le rassemblement de Dugida-Pediga d’un premier groupe vociférant des antifas. Ils n’avaient rien à proposer, si ce n’est à s’opposer à ce que des gens qui ne pensaient pas comme eux puissent manifester. Ils ont un mot d’ordre assez simple : « Raus nazis ». Je regarde pourtant autour de moi, je vois un petit millier de personnes de toutes les générations, avec de nombreux drapeaux allemands. Ils ne me paraissent pas excités, en tout cas beaucoup moins que les contre-manifestants. Ils ont un mot d’ordre principal, eux : « Wir sind das volk » « Nous sommes le peuple », ce qui ne parait pas bien méchant. Ils paraissent aimer leur pays, et beaucoup moins l’islam. Ils répondent souvent par des signes de la main ironiques aux insultes du camp d’en face.

Dans ce contexte, Melanie Dittmer fait preuve d’une grande efficacité dans son animation du rassemblement, et manifestement elle est très populaire chez les manifestants. Après la minute de silence consacrée à la mémoire des victimes françaises, les discours de Pascal Hilout et Christine Tasin sont ponctués d’applaudissements nourris. De nombreux Allemands viennent les remercier d’être présents, et les journalistes les entourent rapidement.

Le cortège démarre. A ma grande surprise, à la première intersection, il y a également un barrage de police, avec des antifas derrière, qui scandent leur unique mot d’ordre : « Raus Nazis ». Un Belge, fils de résistant, me dira : « Il a fallu que je vienne en Allemagne pour me faire traiter de nazi, moi ! ». A la deuxième intersection, puis à la troisième, puis à tous les croisements, c’est le même scenario, contre-manifestants et policiers en protection. Je comprends mieux la stratégie des gauchistes : multiplier les points de rassemblement, pour dissuader les patriotes allemands de rejoindre le cortège. Cela s’appelle vouloir saboter un rassemblement. Je m’étonne par ailleurs qu’on autorise des contre-manifestations à cinquante mètres des manifestants…

A la fenêtre d’un cinquième étage, une famille hostile à Pegida lance un seau d’eau sur les manifestants. Manque de chance, c’est un policier qui reçoit tout sur la tête ! Nous arrivons au bout de la marche, qui fait une halte pour que des prises de parole reprennent. J’ai l’honneur d’être sollicité pour être le dernier intervenant, avant la conclusion de Melanie Dittmer. Je fais court, car il fait froid, et certains intervenants ont été un peu longs. Grâce à la traduction de Pascal, je leur affirme qu’ils sont la fierté de l’Europe, et leur explique que les vrais fascistes sont les contre-manifestants. Manifestement, cela plait bien, car les applaudissements sont nombreux, et les vigoureuses poignées de main très touchantes.

Melanie annonce les chiffres des manifestations Pegida dans les autres villes, et notamment à Dresde, ce qui occasionne bien évidemment des cris d’enthousiasme.

Mais nous ne sommes pas dans l’est de l’Allemagne, nous sommes dans le nord-ouest, et le rapport de forces, dans la rue, est quelque peu différent. Nous sommes un petit millier, ce qui est bien pour seulement la deuxième manifestation, mais il y a trois fois plus de contre-manifestants. Et ils sont tout autour de la place, avec des milliers de policiers en rempart. Je m’interroge sur ces contre-manifestants, et ne peux m’empêcher de me poser la question : moi qui ai un passé politique, certes lointain, semblable à quelques-uns d’entre eux, ai-je pu être aussi stupide, dans mes jeunes années ? J’ai beau chercher, j’ai dû raconter quelques bêtises, mais je n’ai jamais pu être assez stupide pour soutenir délibérément un fascisme politico-religieux, comme le font ces imbéciles. Je n’ai jamais, moi, manifesté avec des islamistes, comme ces antifas, sans doute les mêmes, vu la proximité géographique des deux villes, que Joachim Veliocas a filmés à Cologne, la semaine dernière.

[youtube]4vg-f1gXKTE[/youtube]

https://www.youtube.com/watch?v=4vg-f1gXKTE

Nous attendons plus d’une heure que les choses se débloquent. Les sonos se déchaînent. S’ils sont moins nombreux, Pegida a davantage de décibels. Quand ils diffusent l’hymne national allemand, les contre-manifestants hurlent leur rage. Puis l’ordre est donné de la dispersion. Et là, nous assistons à un spectacle surréaliste. Les policiers nous emmènent dans un espèce de long passage souterrain, qui permet de ressortir de la ville à une distance respectable des contre-manifestants.

Je ne peux m’empêcher de penser à cette ambiance de guerre civile à laquelle nous avons été confrontés toute la soirée. A cause des gauchistes et des bobos compassionnels, qui allient leurs forces aux islamistes, les Pegida, qui n’ont qu’amour pour leur pays, sont insultés, calomniés, menacés, parfois frappés, par de véritables milices, qui se prétendent de gauche, et font le jeu de l’islam.

Et je pense à notre mot d’ordre, plus d’actualité que jamais, dans nos manifestations françaises : « De Jeanne d’Arc à Marianne, union, union, de tous les patriotes ».

Puissent les Allemands, et l’ensemble des peuples européens, le comprendre au plus vite, et descendre de plus en plus massivement dans la rue, à l’image des Pegida de Dresde.

Pierre Cassen

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