Ebola et la mauvaise conscience occidentale

Publié le 17 octobre 2014 - par - 1 154 vues
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affiche-caf-2014Jamais en manque d’euphémismes, les médias français couvrent ces jours-ci la « psychose » qui se serait emparée des Etats-Unis autour de la propagation du virus Ebola, à la suite d’un décès sur leur sol, lié au dit virus. Evidemment, je ne contesterai pas l’alarmisme souvent excessif des Américains, alimenté par les télévisions outre-Atlantique, mais de quoi parle-t-on ?

On parle d’un virus dont nous ne connaissons pour l’instant aucun traitement sûr capable de nous immuniser définitivement ; un virus mortel et qui se transmet avec une facilité déconcertante. Derrière ce détachement condescendant à l’égard des craintes américaines, ne se cache-t-il rien d’autre ?

Nos télévision n’ont-elles pas apporté un début de réponse lorsqu’elles ont livré le « poignant » témoignage d’une mère de famille issue de la diversité, résidant à Boulogne-Billancourt, et dont un des enfants avait effectué un récent voyage en Afrique de l’Ouest (Guinée), pays où sévit le virus avec les dégâts que l’on connaît ?

Que révélait ce nouveau « drame de l’intolérance » : des familles auraient choisi de retirer leur progéniture de l’école fréquentée par l’enfant en question, par mesure de sécurité. Après son malheur étalé à la face des Français, la mère envisageait de déposer plainte. Sous quel motif ? La peur, irrationnelle ou non, est-elle à présent un délit ? En d’autres termes, et pour pousser le raisonnement jusqu’au bout, ne risque-t-on pas une condamnation en déclarant qu’on ne fera pas ses courses de Noël dans les grands magasins par crainte d’un attentat islamique, promis par certains scouts du djihad, atteints, quant à eux, du virus Hezbollah et autres calamités de même souche ?

Il n’empêche, la réalité est là : des milliers d’individus ont fait des allers-retours entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, Air France ayant pour l’instant maintenu sa liaison avec Conakry, alors que l’épidémie gagne du terrain. La durée d’incubation du virus « varie de 2 à 21 jours, le plus souvent de 4 à 9 jours » (source : Wikipedia). Comment, dans ces conditions, être certain de l’efficacité des mesures sanitaires mises tardivement en place chez nous et empêcher la « psychose » ?

De « fins » analystes avancent même que la propagation de l’épidémie en Afrique serait imputable aux seuls Occidentaux, lesquels auraient fait montre, encore une fois de…racisme ! Lisez plutôt :

« Si nous considérons la façon dont la communauté internationale a réagi à l’actuelle épidémie d’Ebola, on ne peut pas s’empêcher de penser que le racisme y a eu une grande part. Les étrangers affectés par la maladie n’ont pas été traités de la même manière que les malades originaires des pays touchés par l’épidémie. Ces derniers étant maintenus dans des installations sous-équipées et non pas évacués dans les unités spécialisées d’Europe ou d’Amérique du Nord. Quant aux thérapies expérimentales récemment développées, elles ne sont disponibles qu’en de faibles quantités, ce qui pose le problème de la justice dans leur mise à disposition, si elles fonctionnent réellement. » (source : http://www.lcr-lagauche.org/ebola-pauvrete-et-racisme / On appréciera au passage le logo de la LCR, où trône, à côté de Marx, une femme voilée, symbole, comme chacun sait, de liberté et de justice sociale !)

« La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. » (Aldous Huxley)

Charles Demassieux

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